Thomas Pesquet défend la liberté de la presse

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Version imprimable


Les mordus du cosmos : pourquoi le ciel fait-il toujours autant rêver ?


Il a des manières simples et le regard doux. L’air du gendre idéal. Thomas Pesquet, ingénieur aéronautique, a été propulsé star internationale depuis son voyage interstellaire. Il est le dixième Français envoyé dans l’espace. Né en 1978, il est aussi le plus jeune astronaute européen. Depuis son retour le 2 juin, après six mois passé dans la Station spatiale internationale à 400 km d’altitude, le Rouennais réapprend à s’acclimater à la Terre. Aminci – il a perdu sept kilos – et grandi – il a pris trois centimètres. « Content de retrouver la nature, les grands espaces et les proches. » Mais déjà en manque d’aventure spatiale. Et le regard tourné vers Mars, sur laquelle l’homme – pourquoi pas lui ? – pourrait poser les pieds en… 2035.


Jeudi 31 août, Thomas Pesquet, basé à Cologne à l’Agence spatiale européenne, était à Paris, au restaurant l’Étoile du Nord, pour une « soirée privée », mi-conférence de presse mi-rencontre avec un public hétéroclite d’enfants émerveillés et d’adultes babas. Aux côtés de Pierre Haski, président de Reporters sans frontières (RSF), ce « héros positif » présentait l’album 100 photos pour la liberté de la presse de RSF, exceptionnellement tiré à 150.000 exemplaires. « La Turquie, où Loup Bureau est détenu, est devenue la plus grande prison de journalistes au monde. Au Mexique, dix journalistes ont été tués en 2017. C’est aujourd’hui pour eux le pays le plus dangereux », explique Pierre Haski en introduction. L’astronaute semble sensible aux menaces qui pèsent sur la liberté d’informer : il a choisi de confier à RSF une partie de ses clichés pris dans l’espace. De la brousse australienne au désert de sel du Bostwana. De la ville syrienne de Homs, dévastée, au fleuve Betsiboka à Madagascar.


La Turquie, où Loup Bureau est détenu, est devenue la plus grande prison de journalistes au monde.

– Pierre Haski, Reporters sans frontières


S’est-il pris pour un journaliste là-haut parmi les étoiles ? Un peu. Il se confie. « Au départ, je n’étais pas dans une démarche journalistique. Mais je crois que j’ai fait un peu de photo-journalisme. Je prenais des photos pas seulement pour la beauté de l’image mais pour un message : montrer la pollution, dire la fragilité de la Terre. J’ai eu la chance de pouvoir partager cette information libre, non contrôlée. Ma conscience environnementale est aujourd’hui plus aiguë. Elle s’est développée pendant mon vol spatial. J’ai compris et intégré la réalité du réchauffement climatique. » Tous les soirs, entre 21h et 23h, l’astronaute prenait des photos, les triait, les envoyait par mail. Il a aimé aussi multiplier les tweets. Mais c’est seulement en revenant sur Terre qu’il a su que ses messages intéressaient les gens. « Là-haut, je n’en avais pas conscience » avoue-t-il.


Pour cette conférence de presse pas comme les autres, Thomas Pesquet répond volontiers aux questions des enfants. On a lu auparavant qu’il souhaitait leur donner davantage envie de travailler à l’école. Et que lorsqu’il était lui-même petit, il avait dans sa chambre un poster de cosmonaute épinglé au mûr. Le môme Pesquet a accompli ses rêves. Il dit souvent que ses parents, papa prof de maths et de physique, et maman institutrice, lui ont donné « des racines et des ailes ».


Donc les enfants l’interrogent. « – Tu dormais comment ? – Accroché au mur dans un sac de couchage. – Tu mangeais quoi ? – De la nourriture lyophilisée, mais aussi de rares fois les plats de Thierry Marx, le chef étoilé, que j’avais emportés et que je faisais goûter aux autres spationautes. C’est dur de manger dans l’espace, la nourriture vole, elle fait des tâches sur le plafond. » Une adulte veut savoir s’il y avait « des rixes » parfois dans le vaisseau spatial. « Non, tout se passe en bonne intelligence. Nous avons aussi été sélectionnés pour ça. Parce que nous sommes des gens patients, faciles à vivre. » Quand on lui demande ce qui l’a le plus surpris dans l’espace, il se lance dans une superbe description de la planète bleue. « De là-haut, non seulement on voit la forme de la Terre, qui je vous assure est vraiment ronde, mais surtout on voit qu’elle luit. Elle est d’un bleu presque phosphorescent, elle brille. C’est vraiment fascinant. »


À lire
100 Photos de Thomas Pesquet pour la liberté de la presse, RSF

Une journée dans un internat d’excellence

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


En ce 5 juillet, Eisa attend, la boule au ventre, les résultats de son bac littéraire. Pour cette jeune fille de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui vit avec sa mère et sa sœur, ils revêtent une signification particulière après cinq années d’efforts au sein de l’internat d’excellence de Sourdun (Seine-et-Marne).


Il est 7h30, à la gare de l’est.  Le train en direction de Provins, où les résultats d’Eisa seront affichés à 10h, part dans quelques minutes. Sa mère, Cécile, a souhaité l’accompagner. Eisa profite de cette attente pour s’éclipser au kiosque à journaux. Elle en revient avec le numéro spécial sur Simone Veil du magazine Les Docs de l’actu, qu’elle glisse dans son sac, aux côtés d’un livre sur les nationalismes en Europe au XIXe siècle, qu’elle doit « ficher » pour le 21 juillet. Eisa fait partie des rares élèves de l’internat à avoir été reçus à Sciences Po par le biais de la convention qui ouvre la porte à des…

Une journée dans un internat d’excellence

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


En ce 5 juillet, Eisa attend, la boule au ventre, les résultats de son bac littéraire. Pour cette jeune fille de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui vit avec sa mère et sa sœur, ils revêtent une signification particulière après cinq années d’efforts au sein de l’internat d’excellence de Sourdun (Seine-et-Marne).


Il est 7h30, à la gare de l’est.  Le train en direction de Provins, où les résultats d’Eisa seront affichés à 10h, part dans quelques minutes. Sa mère, Cécile, a souhaité l’accompagner. Eisa profite de cette attente pour s’éclipser au kiosque à journaux. Elle en revient avec le numéro spécial sur Simone Veil du magazine Les Docs de l’actu, qu’elle glisse dans son sac, aux côtés d’un livre sur les nationalismes en Europe au XIXe siècle, qu’elle doit « ficher » pour le 21 juillet. Eisa fait partie des rares élèves de l’internat à avoir été reçus à Sciences Po par le biais de la convention qui ouvre la porte à des…

7 clichés dépassés sur le catéchisme 

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


1. Le catéchisme, c’est ringard


« On vit encore beaucoup sur des représentations anciennes du catéchisme, déplore Frédérique de Watrigant, responsable du service de la catéchèse du diocèse d’Aire et Dax (Landes). Le catéchiste n’est plus quelqu’un qui dispense le savoir, c’est un accompagnateur. Le but du catéchisme, ou de la catéchèse, c’est de mettre en relation avec Dieu et d’entretenir cette relation. Nous avons un sacré travail à faire pour changer les mentalités… »


Les documents dont disposent les catéchistes sont variés, les pédagogies et les supports ont évolué et collent davantage aux réalités sociétales. Ainsi, lors d’une séance, on regarde des vidéos, on écoute des chants, on rencontre des témoins, on visite des églises ou des cathédrales, on part en pèlerinage, on bricole, on joue… Et il n’y a pas une seule méthode ou ­pédagogie pour catéchiser. Des établissements catholiques ou des…

Léguer de A à Z 

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


Authentique 


Se dit d’un testament reçu par un notaire en présence de deux témoins ou par deux notaires, selon que l’auteur souhaite ou non s’assurer du secret de ses dispositions. C’est la forme à privilégier lorsqu’il y a un risque de contestation.


Bénéfice d’inventaire 


Droit pour un héritier ou un légataire de ne supporter les dettes successorales qu’à concurrence de l’actif qu’il reçoit.


Charge 


Il est possible d’assortir les legs de certaines charges et conditions dès lors qu’elles ne sont pas contraires à la loi, aux bonnes moeurs et à l’ordre public. Le testateur peut, par exemple, indiquer que le légataire devra s’occuper de sa sépulture ou verser une rente viagère à une personne déterminée. Attention cependant à ne pas exiger la lune : une charge trop lourde ou non conforme à l’objet de l’organisme gratifié risquerait de ne jamais être remplie ou d’être annulée par le tribunal. Pour s’assurer…

Caroline Montois, née sous X, en quête de ses origines

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


« Je suis Hannah et je ne suis plus née sous X. Ma mère s’appelle Simone, mon père Marcel. Et je les aime. » C’est par cette déclaration à ses parents biologiques que Caroline Montois conclut son livre autobiographique. Abandonnée par sa mère, adoptée à neuf mois par un couple de Nordistes avec lequel la greffe n’a pas trop pris – « mais ça n’a rien à voir » assure-t-elle –, la jeune femme n’a eu de cesse de retrouver ses origines. « C’était nécessaire pour moi de savoir, l’inverse aurait presque été de la maltraitance, confie-t-elle. J’étais prête à tout pour y arriver, j’ai beaucoup prié pour ça et ma foi m’a toujours guidée. »  


Caroline et son mari Jérôme, qui l’a sans cesse soutenue dans ses recherches, sont parents de quatre enfants. « J’étais impatiente de devenir mère, ne serait-ce que pour enfin rencontrer quelqu’un… de mon sang ! » Elle n’a jamais…

5 questions fondamentales pour léguer ses biens

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


Qu’est-ce que c’est ?


Le legs est une disposition testamentaire qui permet d’attribuer, à son décès, tout ou partie de ses biens à une personne ou un organisme de son choix dans le respect du droit des héritiers. « Un acte qui revêt une charge émotionnelle importante, souligne Édith Buisson, responsable des relations testateurs à l’Association des paralysés de France. Car, au-delà du simple patrimoine matériel et financier, c’est son histoire, tout ce que l’on a construit au cours de sa vie, c’est-à-dire finalement un peu de soi, que l’on transmet. »


Qui peut léguer ?


Tout le monde, quelles que soient ses ressources ! « On a souvent tendance à croire qu’il faut disposer d’une…

L’enfant unique, un enfant à part ?

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


Aujourd’hui, selon l’Insee, près de la moitié des couples parisiens ont un seul enfant, contre 42% en région. Si l’époque où avoir un seul enfant suscitait la réprobation est révolue, l’enfant unique traîne derrière lui un cortège de clichés négatifs. « Ils datent des années d’après-guerre, époque où il fallait repeupler la France, note Anne Jeger, psychologue clinicienne. On persuadait les parents que pour la santé mentale de leur enfant, ils devaient en concevoir au moins un deuxième. »


À partir des années 1970, avoir un seul enfant devient un modèle familial acceptable et même choisi. Mais, aujourd’hui encore, alors qu’ils représentent 10% des enfants en France, ils sont toujours regardés avec une certaine méfiance. « Ce sont des idées toutes faites, car un enfant unique élevé de façon ouverte sur l’extérieur devient un adulte très…

L’aîné réussit-il davantage que les cadets ?

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


Ce n’est peut-être pas sans raison qu’un enfant est amené à regretter la place qu’il occupe dans sa fratrie. L’ordre de naissance semble effectivement bien loin d’être anodin, et venir au monde aîné ou cadet pourrait avoir un impact sur notre quotient intellectuel (Q.I.), notre créativité ou encore notre santé. Il en va de même pour notre profession et nos revenus, selon une récente étude menée par Sandra E. Black, de l’université du Texas. 


Cette économiste met en avant les capacités de leadership des aînés, parmi d’autres aptitudes sociales. Étant émotionnellement plus stables, persévérants, responsables et entreprenants, les premiers-nés ont tendance à occuper des postes de management et de direction. « Les parents ont tendance à s’appuyer sur l’aîné pour matérialiser la réussite de leur projet familial que ce dernier vient de fonder, explique Marc Sznajder, pédiatre et auteur du livre les Aînés et les Cadets (Odile…

L’enfant unique, un enfant à part ?

Standard
  • Partager par Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Envoyer par email
  • Pour imprimer cet article, vous devez être abonné


Aujourd’hui, selon l’Insee, près de la moitié des couples parisiens ont un seul enfant, contre 42% en région. Si l’époque où avoir un seul enfant suscitait la réprobation est révolue, l’enfant unique traîne derrière lui un cortège de clichés négatifs. « Ils datent des années d’après-guerre, époque où il fallait repeupler la France, note Anne Jeger, psychologue clinicienne. On persuadait les parents que pour la santé mentale de leur enfant, ils devaient en concevoir au moins un deuxième. »


À partir des années 1970, avoir un seul enfant devient un modèle familial acceptable et même choisi. Mais, aujourd’hui encore, alors qu’ils représentent 10% des enfants en France, ils sont toujours regardés avec une certaine méfiance. « Ce sont des idées toutes faites, car un enfant unique élevé de façon ouverte sur l’extérieur devient un adulte très…