Mère, entrepreneuse et écolo, le tryptique gagnant de Delphine Chouvet 

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Assise sur un fauteuil en bambou dans son salon à Givry, près de Chalon-sur-Saône, Delphine Chouvet énumère, implacable : « Un plastique met 500 ans à se décomposer dans l’environnement ; le polystyrène, 1000 ans ; le verre, 4000 ans… » Mais en Saône-et-Loire, ce serait compter sans son entreprise, les Valoristes bourguignons, qui collecte et recycle ces déchets. À la manoeuvre : des personnes en voie de réinsertion professionnelle. Un cocktail gagnant conçu par la quadragénaire, mère de quatre enfants et véritable concentré d’énergie.


Cette diplômée de Sup de Co a travaillé dans la microfinance : deux ans en Tunisie, cinq ans en Inde, notamment auprès d’une ONG qui oeuvre dans la production d’énergie propre, à partir de déchets collectés par des chiffonniers. Là-bas, elle découvre avec son mari, Cyril, que leur aîné alors âgé de 9 mois est atteint d’une maladie génétique orpheline qui entraîne une ataxie, c’est-à-dire un défaut…

Pour les vacances d’hiver, combinez culture et cocooning

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Tout le monde ne part pas au ski en février… C’est pourquoi nous avons demandé ses bons tuyaux à une spécialiste des sorties en famille. Céline Lollier est en effet cofondatrice de Kidiklik.fr, une plateforme qui propose moult activités testées et approuvées par les enfants. 


Les vacances scolaires ont commencé le 9 février pour la zone B et s’achèveront le 10 mars. Quelle est la particularité de ces vacances d’hiver ?


Pendant ces vacances, on privilégie les occupations au chaud, les loisirs d’intérieur. C’est le moment idéal pour les visites culturelles. Il y a beaucoup de sorties de films et de festivals de cinéma pour enfants. Les grands parcs de loisirs n’ont pas encore ouvert leurs portes, alors on…

Pour les vacances d’hiver, combinez culture et cocooning

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Tout le monde ne part pas au ski en février… C’est pourquoi nous avons demandé ses bons tuyaux à une spécialiste des sorties en famille. Céline Lollier est en effet cofondatrice de Kidiklik.fr, une plateforme qui propose moult activités testées et approuvées par les enfants. 


Les vacances scolaires ont commencé le 9 février pour la zone B et s’achèveront le 10 mars. Quelle est la particularité de ces vacances d’hiver ?


Pendant ces vacances, on privilégie les occupations au chaud, les loisirs d’intérieur. C’est le moment idéal pour les visites culturelles. Il y a beaucoup de sorties de films et de festivals de cinéma pour enfants. Les grands parcs de loisirs n’ont pas encore ouvert leurs portes, alors on…

6 idées pour une Saint-Valentin réussie

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1. Sortez le grand jeu 


Les enfants sont couchés, il est temps d’éteindre vos écrans et de vous consacrer à votre moitié ! Ce soir, ne chipotez pas : on sort le champagne, la nappe blanche, on met les petits plats dans les grands et soi-même sur son trente et un, comme au premier jour. Vous célébrez votre amour ! Vous aurez eu à cœur de créer une ambiance romantique dans une pièce décorée pour l’occasion et même de commander un plat chez le traiteur. Au cours de la soirée, prenez le temps d’un face-à-face, main dans la main. « Les neurosciences ont montré que lorsque deux personnes se regardent avec bienveillance plus de quatre minutes, le cerveau sécrète de l’ocytocine, hormone du bien-être, de l’attachement, qui renforce le lien », explique Vincent Heulin, thérapeute Imago et responsable « couples, familles » pour le mouvement Fondacio. Autrement dit, même si votre conjoint ou conjointe vous agace à force de laisser traîner ses affaires ou d’oublier de payer une facture, cette attitude vous aidera à prendre conscience que vous tenez à lui ou elle. « Sur le plan physiologique, reprend-il, nous avons tout pour recréer un lien parfois blessé et soutenir la relation. »


Mais qui était (vraiment) saint Valentin ?


2. Souvenirs, souvenirs 


C’est le moment de feuilleter vos albums de photos, de relire votre livret de mariage, les textes choisis pour votre engagement, la prière des époux. Où en êtes-vous ? « Chacun évolue, il est donc nécessaire de s’ajuster en permanence, explique Stéphanie Talbot, coach en Seine-et-Marne. Après le petit nuage des débuts, la phase de conquête de son territoire où les masques tombent, la communication peut devenir difficile, voire douloureuse, ou bien le poids du quotidien tend à enfermer dans la routine et l’impression d’avoir fait le tour de l’autre. » Un statu quo insatisfaisant. « Pour sortir de cette impasse, il faut se reconnecter à ce que l’on a aimé au début chez l’autre, aux premières sensations amoureuses… Revenir à son amour premier stimule celui que l’on se porte et fait grandir la relation. » Vous pourriez par exemple écrire l’histoire de votre rencontre, la scénariser puis en faire une vidéo, en jouant vous-mêmes vos propres rôles ou en maniant des figurines. En plus de vous amuser, ce sera un beau cadeau pour votre postérité.

6 idées pour une Saint-Valentin réussie
© Soledad pour La Vie


3. Nourrissez votre dialogue 


« Il n’y a pas d’histoire conjugale figée : la vie est faite d’imprévus. L’arrivée d’un enfant, un chômage, un déménagement, une maladie peuvent déstabiliser, souligne Guillaume Haudebourg, responsable Cana France au Chemin neuf. Après avoir fait mémoire de ce “waouh” de la relation naissante, les conjoints peuvent remonter le temps. » C’est le moment d’évoquer ce que vous avez découvert de l’autre avec le temps, dans le quotidien, à travers telle épreuve, que vous ne soupçonniez pas et que vous appréciez. Pour favoriser la croissance de la relation, Guillaume -Haudebourg renvoie à la suggestion du pape François, qui incite les époux à s’approprier la prière d’alliance de saint Ignace : « Merci. Pardon. S’il te plaît. » « Il importe de commencer par ce “merci” à l’autre, prévient-il , qui ouvre le cœur et que l’on ne prend plus toujours le temps d’exprimer. » Pour reprendre le fil d’un dialogue parfois interrompu, Raphaëlle de Foucauld a conçu le jeu 2 minutes… mon amour ! Cette conseillère conjugale et familiale s’est appuyée sur les principes de la psychologie positive et notamment l’étude de l’États-Unien John M. Gottman. Ce professeur de psychologie à l’université de Washington a déterminé les constantes des couples heureux, parmi lesquelles passer du temps ensemble, partager des moments de qualité, la capacité à se remémorer les bons souvenirs, savoir parler de soi et exprimer ce que l’on vit, bâtir des projets communs. « Tous les couples traversent des moments ardus. Plutôt que de se focaliser sur la difficulté, j’engage

les conjoints à réfléchir à d’autres passages qu’ils ont réussi à dépasser, en se souvenant des stratégies mises en place, afin de les transposer ou d’en inventer d’autres pour la situation actuelle. »


5 conseils de psy pour faire durer son couple


4. Réveillez votre tendresse 


Remplissez le réservoir affectif de l’autre, en « veillant à témoigner votre amour avec le langage qu’il comprend », rappelle -Nathalie Dobozy, de l’association Parcours Alpha. Le conseiller conjugal Gary Chapman en a ainsi déterminé cinq : parole valorisante, moment de qualité, service rendu, cadeau, toucher physique. « La tendresse est une capacité naturelle à réveiller, assure Vincent Heulin. À tout âge, les enfants ont besoin de parents tendres et amoureux qui prennent soin l’un de l’autre. Or, si nous sommes souvent prisonniers de nos pensées, nous nous éloignons de notre corps et devenons des handicapés du ressenti. Exprimer sa tendresse demande de la présence à l’autre et avant tout à soi-même, la conscience que son corps est bon et beau. » À vous de vous réveiller, tout en douceur ! La notion d’efficacité peut en effet s’introduire jusque dans l’intimité. À contre-pied, le courant du « slow sex » invite les couples, jeunes ou vieux, « à privilégier une relation plus consciente, où chacun est réellement présent à l’autre. Elle transforme une sexualité mécanique, centrée sur l’éjaculation et l’orgasme, en un réel échange. Elle demande du temps, affine le ressenti, conduit chacun à dévoiler son vécu intérieur ».

6 idées pour une Saint-Valentin réussie
© Soledad pour La Vie


5. Prêts à changer ? 


« Le couple mérite toute notre attention, car, s’il rayonne, il donne l’équilibre non seulement à l’individu, mais aussi à la famille, à une église, à la société », résume Nathalie Dobozy. Le parcours Alpha Couple dont elle est la responsable nationale permet de faire le point en sept soirées sur sa relation et l’améliorer. « C’est la révision des 5 000 km pour éviter la casse, vérifier si les courroies de transmission fonctionnent de manière optimale ! » Pourquoi pas vous ? Il n’y a pas d’âge pour s’offrir ces moments privilégiés, qui sont autant d’occasions d’échanger des pardons, de panser des blessures cachées… « Accorder son pardon renouvelle l’amour et rétablit une relation. » La soirée s’achève ? Avant de tout ranger, n’oubliez pas de rêver : comment vous imaginez-vous l’an prochain, dans cinq ans, dans 20 ans ? Qu’avez-vous envie de réaliser ensemble ? Projetez-vous haut et loin ! Ensemble, prenez de bonnes résolutions. « Introduire du changement est une question de volonté, certifie -Stéphanie Talbot. Poser des actes concrets nourrit la relation. » Elle suggère quelques idées comportementales ou créatives : prendre la résolution de protéger sa relation de toute ingérence, essayer de modifier un comportement qui déplaît à son partenaire, réaliser son carnet de bord illustré de photos, de citations, de versets bibliques, etc. L’enjeu consiste à « faire souffler un vent de fantaisie, recréer de la complicité et retrouver des fous rires partagés au quotidien », selon Nathalie Dobozy.


6. Votre mission, si vous l’acceptez… 


Un soir, c’est bien ; davantage, c’est mieux ! « La régularité est nécessaire », assure Agnès Gabory, membre des Équipes Notre-Dame, dont le mouvement assure cette année la logistique de la Saint-Valentin autrement. Parmi sa pédagogie, le fameux « devoir de s’asseoir » : un rendez-vous mensuel où les époux se retrouvent pour une relecture de vie. « Le fait de préparer ce moment permet aux conjoints de revenir sur un événement, libérés de l’emprise de l’émotion. Ainsi, les échanges sont plus constructifs. » Ce temps commence par une prière : « Nous vivons cet échange sous le regard de Dieu, sa présence aimante nous éclaire et nous aide. » Dans le quotidien, il n’est pas toujours facile de garder cette évidence à l’esprit. Stéphanie Talbot insiste : « Dieu est le fondement, le pilier de la relation du couple chrétien. Il peut ouvrir les cœurs, changer nos visions. » Elle a créé le Petit Jeu de la découverte (Farel), dans lequel les conjoints piochent des cartes, dont certaines sont des versets bibliques sur lesquels échanger. S’entendre bien ne suffit pas : un amour vivant se déploie et pousse à avancer au large. Ce qui implique de puiser à la source en amont. C’est pourquoi Agnès Gabory invite à « redemander sans cesse cette grâce du sacrement du mariage. Le couple chrétien a une mission : rayonner dans le monde, par son amour mutuel, donner à voir l’amour de Dieu pour l’humanité ». Voilà un cap à garder pour les 50 prochaines années !


Une Saint-Valentin autrement

 L’amour, c’est sacré ! Aussi les conjoints sont-ils invités à s’offrir le plus beau des cadeaux : un tête-à‑tête, le temps d’une soirée un peu spéciale qui leur permettra de revisiter leur engagement. Pas moins de dix mouvements chrétiens au service des couples et des familles se sont mobilisés : Alpha, Amour et Vérité, Cana, les Centres de préparation au mariage, le Cler – Amour et Famille, les Équipes Notre-Dame, Fondacio, Priscille et Aquila, Tandem, Vivre et Aimer. Leurs outils pédagogiques mutualisés ont permis de créer une soirée « clé en mains », qui a déjà fait ses preuves. L’édition 2019 compte plus de 80 événements organisés sur tout le territoire.
www.saintvalentinautrement.fr


> À écouter :


9 Jours pour… Faire grandir l’amour dans le couple, un CD de Michel Martin-Prével, Béatitudes, 11,90 €.


> À lire :


Donne-moi des baisers de ta bouche, de Sophie Lutz, Éditions  Emmanuel, 16 €. 


> À faire :


Le Petit Jeu de la découverte, de Stéphanie Talbot, Farel, 12 €.

2 minutes… mon amour !, de Raphaëlle de Foucauld et Florence Peltier, Jeux 2 minutes, 15 €. 

Les Petits Chanteurs à la croix de bois, à l’unisson d’un même chœur

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« Au début, en sixième, c’était dur de quitter ma famille, mais en fin de troisième , c’était dur de quitter mes amis », résume Maxence, 14 ans. Conquis après un concert à Nancy, il a passé une audition, puis tout son collège aux Petits Chanteurs, à Autun (Saône-et-Loire). Il a particulièrement apprécié l’esprit d’entraide : « Les plus grands réconfortent les petits qui ont un coup de cafard, ils aident pour les devoirs. Il y a un bon esprit. J’ai aimé les chants et les voyages, la découverte d’autres régions, de pays. » Il a ainsi chanté en Belgique, en Chine, en Corée du Sud, au Japon, à Taïwan, sur l’île de la Réunion… « En général, on communique en anglais, ou par gestes quand on n’y arrive pas ! »


Maîtrise de soi


Lors des tournées en France ou à l’étranger, les enfants sont hébergés chez l’habitant. « Cela donne l’habitude de se présenter, d’échanger avec des inconnus, on développe une réelle aisance à l’oral », avance Thomas, 27 ans, consultant en management opérationnel à Paris. Lui qui était plutôt timide lorsqu’il était enfant, les concerts ont vite eu raison de ses réticences. Il est même devenu soliste, ce qui n’est pas rien lorsqu’on chante devant des milliers de personnes. Gérer son stress s’apprend : les répétitions commencent par des exercices de relaxation, des étirements, des corrections de posture, un massage des joues. Nécessaire au quotidien, sur un plateau de télévision ou sous le feu des applaudissements, la maîtrise de soi s’acquiert aussi. Ainsi que l’hygiène de vie : « Très tôt, on prend sa santé en main et on adopte les bons réflexes : dormir suffisamment, faire du sport, porter une écharpe pour aller jouer dehors, éviter de manger une glace avant un concert pour préserver ses cordes vocales… »


Avoir transpiré ensemble forge des amitiés qui résistent au temps. 

– Adrien, 36 ans


Cette vie n’est pas sans discipline. « Ça filait droit », reconnaît Adrien, 36 ans, en riant. Consultant en communication à l’international, basé à Dieppe, il garde un souvenir de « beaucoup de joie, de jeux, de légèreté, mais l’enfant doit s’investir dans un double cursus, scolaire et musical, qui est exigeant. Il faut mouiller la chemise ! » C’est d’ailleurs ce qui explique, à ses yeux, ces liens inoxydables. « Avoir transpiré ensemble forge des amitiés qui résistent au temps. » Il en a fait l’expérience, en rencontrant un ancien choriste avec qui il n’avait pas échangé depuis 25 ans : « On s’est retrouvés comme lorsqu’on avait 10 ans ».


Ils peuvent rester entre un et… six ans, puisque le cursus commence au CM1 et se poursuit pour ceux qui le souhaitent jusqu’en troisième. En réalité, peu d’entre eux envisagent une carrière de chanteur professionnel. Comment jugent-ils leur arrivée dans un lycée classique ? « J’ai galéré en seconde, reconnaît Thomas, qui a passé cinq ans dans le chœur, avec toutes ces heures de cours où il fallait rester assis ! Mais ça ne m’a pas empêché de faire une prépa et une grande école de commerce. Au final, tout le monde s’en sort. » L’institution affiche 100% de reçus au brevet avec mention. Certains élèves ont même 17 de moyenne et peuvent intégrer les meilleurs lycées, qui commencent à prendre la mesure de la richesse de ces profils atypiques. Adrien ne regrette rien de cette aventure : « Elle fait un peu bourlinguer et m’a montré que s’écarter des sentiers battus apporte un vrai plus ! » Un sacré pied de nez à l’air du temps, que les cases et les normes rassurent tant.


La dimension du monde


« Cette expérience ouvre à la dimension du monde. Face à la montée des extrémismes, l’impératif de “s’entendre” prend tout son sens lorsqu’on est Petit Chanteur. » Âgé de 75 ans, Alain a porté la fameuse croix de bois de 1957 à 1959, chanté devant des chefs d’État, avec des artistes, appris huit hymnes nationaux… « De nos régions ou d’ailleurs, c’est tout un patrimoine qui nous enrichit et ne nous lâche plus. » Désormais grand-père, il chantonne à sa petite-fille la berceuse Dors, ma colombe, première partition qu’il a déchiffrée à la manécanterie.


De nos régions ou d’ailleurs, c’est tout un patrimoine qui nous enrichit et ne nous lâche plus.

– Alain, 75 ans


Platon était convaincu de la supériorité de la culture musicale : « Rien ne pénètre davantage au fond de l’âme que le rythme et l’harmonie, rien ne s’attache plus fortement à elle en apportant la beauté » (Platon, la République). Telle est bien l’expérience vécue par le public lorsqu’il écoute les polyphonies d’une chorale d’enfants parvenus à ce niveau d’excellence. Expérience qui n’épargne pas les jeunes choristes eux-mêmes. C’est ce qu’évoque Adrien, marqué par l’émotion des spectateurs : « J’ai compris que j’avais la liberté de devenir un salaud ou une Mère Teresa et que je pouvais choisir de contribuer modestement à rendre le monde un peu plus beau, un peu meilleur. » Il veille depuis lors à préserver cette harmonie et cette poésie dans son quotidien. Aujourd’hui père de quatre filles, il sort ainsi volontiers sa guitare le soir pour les bercer : « C’est trois fois rien, mais dans 30 ans, elles s’en souviendront. »


 


C’est leur tournée !

Seuls 30% des candidats sont reçus après l’audition, qui débute en février. Direction Autun ! Du CM1 à la 3e, les Petits Chanteurs à la croix de bois poursuivent un double cursus : scolaire, en lien avec l’école privée sous contrat Saint-Lazare Saint-Sacrement, et musical à l’internat. Selon les classes, la formation musicale est de 8 à 12 heures par semaine. Ils partent en tournée, en France ou à l’étranger, et honorent ainsi une soixantaine de concerts. Nouveauté de la rentrée : le cursus s’ouvre aux lycéens qui pourront préparer un bac option musique. Et si cela donnait des idées à leurs sœurs ou cousines ? Bonne nouvelle pour les filles : le chœur Lumina Coeli ouvrira ses premières places d’internat en septembre 2019, du CM1 à la terminale. Une première en France. Les Petits Chanteurs à la croix de bois sont actuellement en tournée en France jusqu’au 17 février.

Site : pccb.fr


Trois questions à Tanguy Dionis du Séjour


Depuis la rentrée 2018, il est le directeur artistique des cinquante Petits Chanteurs de la Croix de Bois, âgés de 9 à 15 ans.


Quels sont les critères pour intégrer la manécanterie ?


Il y a d’abord l’envie de chanter ! Elle se traduit par une appétence artistique et musicale qui survient très tôt : dès 8 ans, le timbre de la voix est déjà là. Nous évaluons aussi la capacité à vivre en communauté, qui suppose ouverture, patience, tempérance, etc. Il y a enfin le désir de servir. La mission du Petit chanteur consiste en effet à « parcourir le monde pour répandre la musique sacrée et annoncer le Christ ».


En quoi est-ce une école de vie ?


C’est une école de vie par la vie communautaire inhérente à l’internat, avec ses jeux, ses services, ses temps de conférences et de prière. Mais aussi par leur vie d’artistes en herbe : très tôt, ils comprennent l’enjeu de donner une prestation de qualité. Cette exigence les motive pour fournir les efforts nécessaires afin d’y parvenir. La scène expose, mais le groupe rassure ; ils prennent vite de l’assurance. En tournée, ils travaillent les cours qui leur ont été préparés et acquièrent une réelle autonomie.


Quelle est votre intuition pour l’avenir ?


Les Petits chanteurs annoncent le Prince de la Paix et le monde en a besoin. Ils bénéficient d’une aura exceptionnelle à l’international. J’aimerais qu’ils s’imposent de nouveau sur la scène musicale française. J’envisage de puiser dans les grandes figures religieuses ou littéraires, capables de rejoindre nos contemporains dans leur soif spirituelle. Je compose actuellement sur le poème de Victor Hugo Le Pont, cet espace qui est la prière et relie la terre au Ciel.

Quand l’enfant disparaît

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Comment expliquer à un enfant le drame de la perte d’un petit frère ou d’une petite sœur ? Comment l’aider à appréhender cette période éprouvante afin qu’il puisse extérioriser ses émotions et reprendre au mieux le cours de sa vie ? L’association Soins palliatifs et accompagnement en maternité (Spama) publie un cahier de dessin consacré aux fratries touchées par un deuil périnatal, c’est-à-dire confrontées à la mort d’un frère ou d’une sœur peu avant la naissance ou dans les semaines qui l’ont suivie.


Un manque d’informations


« On a déjà du mal à se comprendre soi-même, à surmonter la violence de son chagrin, alors comment parler de manière sereine à ses enfants pour leur permettre d’exprimer leurs émotions ? » s’interroge Isabelle de Mézerac, présidente de la Spama et coauteure du livret. Céline Ricignuolo, également coauteure, abonde : « Il est très difficile pour les parents de trouver les mots et certains préfèrent malheureusement ne rien dire. »


L’accompagnement des enfants dans cette épreuve est l’affaire de parents eux-mêmes abattus, à qui incombe la responsabilité de trouver des mots adaptés.


Isabelle de Mézerac a déjà publié un ouvrage remarqué, Un enfant pour l’éternité (éditions du rocher, 2004), dans lequel elle livre le récit bouleversant de l’attente d’un enfant lourdement handicapé, dont elle sait qu’il décédera peu après sa naissance. Elle décide toutefois de mener sa grossesse à terme et d’accueillir cet enfant dans l’amour.


Céline Ricignuolo est clinicienne au service de réanimation pédiatrique de l’hôpital Necker, après avoir travaillé durant 11 ans au centre hospitalier de Meaux, au sein du service de réanimation néonatale. Elle y accompagnait des parents qui ont perdu leur bébé, ainsi que des fratries endeuillées, et a été confrontée à de nombreuses reprises au manque d’informations du personnel soignant sur ces problématiques. Elle préside en outre l’association Clepsydre, réunissant des psychologues issus de services de réanimation néonatale ou pédiatrique. 


Un outil spécifique


Ce livret est ainsi le fruit de leur réflexion conjointe sur le besoin d’un outil spécifique à l’accompagnement des fratries endeuillées. Leur travail a également bénéficié de l’expertise du pédopsychiatre Guy Cordier, qui a beaucoup accompagné les fratries en deuil, ainsi que de la contribution de familles ayant traversé cette douloureuse expérience.


L’accompagnement des enfants dans cette épreuve présente en effet une double difficulté. D’une part, il est l’affaire de parents eux-mêmes abattus, parfois traumatisés, à qui incombe la responsabilité de trouver des mots adaptés pour ménager leurs enfants. D’autre part, cette difficulté est redoublée par la dimension très spécifique que revêt le deuil chez les jeunes enfants. 


Étrangers au concept de non-retour et au caractère définitif de la mort, souvent accablés par un sentiment de culpabilité qui découle d’une rivalité qu’ils croient être à l’origine du décès, ils doivent affronter un processus très complexe que les parents ont généralement du mal à envisager. Pourtant, l’accompagnement de l’enfant est indispensable, la souffrance pouvant se prolonger jusqu’à l’âge adulte, comme l’a montré François-Xavier Perthuis dans son ouvrage Blessures (L’Harmattan, 2018).


Exprimer ses émotions


Destiné aux enfants de 3 à 10 ans et intitulé Un bout de chemin en famille, ce cahier se veut un outil ludique, conçu pour aider les aînés à exprimer leurs émotions à travers le dessin et l’écriture. Joliment illustré par Daniel Blancou, le cahier guide l’enfant dans sa réflexion à travers un petit personnage nommé Panda. Les textes, dans lesquels l’usage de chaque mot est pesé avec sensibilité, révèlent une volonté de ne pas cacher la vérité aux enfants et de ne pas la déguiser. L’objectif est de trouver les mots justes, de manière à faciliter la compréhension et à apaiser la peine, en évoquant par exemple l’absence de douleur chez une personne décédée.


Comment se procurer le cahier de dessin ?
Un bout de chemin en famille, cahier de dessin, collection Spama.
Vendu 5€ au profit de l’association Spama.


Spama, une association à connaître

Spécialisée dans les questions de deuil périnatal, l’association Spama propose plusieurs outils à destination des soignants et des parents afin de favoriser l’accompagnement des familles touchées par ces drames et les aider à se reconstruire.

Association Spama

3 rue du Plat, 59800 Lille.

Tél. : 07 87 85 37 81

contact@spama.asso.fr

Les Petits Chanteurs à la croix de bois, à l’unisson d’un même chœur

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« Au début, en sixième, c’était dur de quitter ma famille, mais en fin de troisième , c’était dur de quitter mes amis », résume Maxence, 14 ans. Conquis après un concert à Nancy, il a passé une audition, puis tout son collège aux Petits Chanteurs, à Autun (Saône-et-Loire). Il a particulièrement apprécié l’esprit d’entraide : « Les plus grands réconfortent les petits qui ont un coup de cafard, ils aident pour les devoirs. Il y a un bon esprit. J’ai aimé les chants et les voyages, la découverte d’autres régions, de pays. » Il a ainsi chanté en Belgique, en Chine, en Corée du Sud, au Japon, à Taïwan, sur l’île de la Réunion… « En général, on communique en anglais, ou par gestes quand on n’y arrive pas ! »


Maîtrise de soi


Lors des tournées en France ou à l’étranger, les enfants sont hébergés chez l’habitant. « Cela donne l’habitude de se présenter, d’échanger avec des inconnus, on développe une réelle aisance à l’oral », avance Thomas, 27 ans, consultant en management opérationnel à Paris. Lui qui était plutôt timide lorsqu’il était enfant, les concerts ont vite eu raison de ses réticences. Il est même devenu soliste, ce qui n’est pas rien lorsqu’on chante devant des milliers de personnes. Gérer son stress s’apprend : les répétitions commencent par des exercices de relaxation, des étirements, des corrections de posture, un massage des joues. Nécessaire au quotidien, sur un plateau de télévision ou sous le feu des applaudissements, la maîtrise de soi s’acquiert aussi. Ainsi que l’hygiène de vie : « Très tôt, on prend sa santé en main et on adopte les bons réflexes : dormir suffisamment, faire du sport, porter une écharpe pour aller jouer dehors, éviter de manger une glace avant un concert pour préserver ses cordes vocales… »


Avoir transpiré ensemble forge des amitiés qui résistent au temps. 

– Adrien, 36 ans


Cette vie n’est pas sans discipline. « Ça filait droit », reconnaît Adrien, 36 ans, en riant. Consultant en communication à l’international, basé à Dieppe, il garde un souvenir de « beaucoup de joie, de jeux, de légèreté, mais l’enfant doit s’investir dans un double cursus, scolaire et musical, qui est exigeant. Il faut mouiller la chemise ! » C’est d’ailleurs ce qui explique, à ses yeux, ces liens inoxydables. « Avoir transpiré ensemble forge des amitiés qui résistent au temps. » Il en a fait l’expérience, en rencontrant un ancien choriste avec qui il n’avait pas échangé depuis 25 ans : « On s’est retrouvés comme lorsqu’on avait 10 ans ».


Ils peuvent rester entre un et… six ans, puisque le cursus commence au CM1 et se poursuit pour ceux qui le souhaitent jusqu’en troisième. En réalité, peu d’entre eux envisagent une carrière de chanteur professionnel. Comment jugent-ils leur arrivée dans un lycée classique ? « J’ai galéré en seconde, reconnaît Thomas, qui a passé cinq ans dans le chœur, avec toutes ces heures de cours où il fallait rester assis ! Mais ça ne m’a pas empêché de faire une prépa et une grande école de commerce. Au final, tout le monde s’en sort. » L’institution affiche 100% de reçus au brevet avec mention. Certains élèves ont même 17 de moyenne et peuvent intégrer les meilleurs lycées, qui commencent à prendre la mesure de la richesse de ces profils atypiques. Adrien ne regrette rien de cette aventure : « Elle fait un peu bourlinguer et m’a montré que s’écarter des sentiers battus apporte un vrai plus ! » Un sacré pied de nez à l’air du temps, que les cases et les normes rassurent tant.


La dimension du monde


« Cette expérience ouvre à la dimension du monde. Face à la montée des extrémismes, l’impératif de “s’entendre” prend tout son sens lorsqu’on est Petit Chanteur. » Âgé de 75 ans, Alain a porté la fameuse croix de bois de 1957 à 1959, chanté devant des chefs d’État, avec des artistes, appris huit hymnes nationaux… « De nos régions ou d’ailleurs, c’est tout un patrimoine qui nous enrichit et ne nous lâche plus. » Désormais grand-père, il chantonne à sa petite-fille la berceuse Dors, ma colombe, première partition qu’il a déchiffrée à la manécanterie.


De nos régions ou d’ailleurs, c’est tout un patrimoine qui nous enrichit et ne nous lâche plus.

– Alain, 75 ans


Platon était convaincu de la supériorité de la culture musicale : « Rien ne pénètre davantage au fond de l’âme que le rythme et l’harmonie, rien ne s’attache plus fortement à elle en apportant la beauté » (Platon, la République). Telle est bien l’expérience vécue par le public lorsqu’il écoute les polyphonies d’une chorale d’enfants parvenus à ce niveau d’excellence. Expérience qui n’épargne pas les jeunes choristes eux-mêmes. C’est ce qu’évoque Adrien, marqué par l’émotion des spectateurs : « J’ai compris que j’avais la liberté de devenir un salaud ou une Mère Teresa et que je pouvais choisir de contribuer modestement à rendre le monde un peu plus beau, un peu meilleur. » Il veille depuis lors à préserver cette harmonie et cette poésie dans son quotidien. Aujourd’hui père de quatre filles, il sort ainsi volontiers sa guitare le soir pour les bercer : « C’est trois fois rien, mais dans 30 ans, elles s’en souviendront. »


 


C’est leur tournée !

Seuls 30% des candidats sont reçus après l’audition, qui débute en février. Direction Autun ! Du CM1 à la 3e, les Petits Chanteurs à la croix de bois poursuivent un double cursus : scolaire, en lien avec l’école privée sous contrat Saint-Lazare Saint-Sacrement, et musical à l’internat. Selon les classes, la formation musicale est de 8 à 12 heures par semaine. Ils partent en tournée, en France ou à l’étranger, et honorent ainsi une soixantaine de concerts. Nouveauté de la rentrée : le cursus s’ouvre aux lycéens qui pourront préparer un bac option musique. Et si cela donnait des idées à leurs sœurs ou cousines ? Bonne nouvelle pour les filles : le chœur Lumina Coeli ouvrira ses premières places d’internat en septembre 2019, du CM1 à la terminale. Une première en France. Les Petits Chanteurs à la croix de bois sont actuellement en tournée en France jusqu’au 17 février.

Site : pccb.fr


Trois questions à Tanguy Dionis du Séjour


Depuis la rentrée 2018, il est le directeur artistique des cinquante Petits Chanteurs de la Croix de Bois, âgés de 9 à 15 ans.


Quels sont les critères pour intégrer la manécanterie ?


Il y a d’abord l’envie de chanter ! Elle se traduit par une appétence artistique et musicale qui survient très tôt : dès 8 ans, le timbre de la voix est déjà là. Nous évaluons aussi la capacité à vivre en communauté, qui suppose ouverture, patience, tempérance, etc. Il y a enfin le désir de servir. La mission du Petit chanteur consiste en effet à « parcourir le monde pour répandre la musique sacrée et annoncer le Christ ».


En quoi est-ce une école de vie ?


C’est une école de vie par la vie communautaire inhérente à l’internat, avec ses jeux, ses services, ses temps de conférences et de prière. Mais aussi par leur vie d’artistes en herbe : très tôt, ils comprennent l’enjeu de donner une prestation de qualité. Cette exigence les motive pour fournir les efforts nécessaires afin d’y parvenir. La scène expose, mais le groupe rassure ; ils prennent vite de l’assurance. En tournée, ils travaillent les cours qui leur ont été préparés et acquièrent une réelle autonomie.


Quelle est votre intuition pour l’avenir ?


Les Petits chanteurs annoncent le Prince de la Paix et le monde en a besoin. Ils bénéficient d’une aura exceptionnelle à l’international. J’aimerais qu’ils s’imposent de nouveau sur la scène musicale française. J’envisage de puiser dans les grandes figures religieuses ou littéraires, capables de rejoindre nos contemporains dans leur soif spirituelle. Je compose actuellement sur le poème de Victor Hugo Le Pont, cet espace qui est la prière et relie la terre au Ciel.

Quand l’enfant disparaît

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Comment expliquer à un enfant le drame de la perte d’un petit frère ou d’une petite sœur ? Comment l’aider à appréhender cette période éprouvante afin qu’il puisse extérioriser ses émotions et reprendre au mieux le cours de sa vie ? L’association Soins palliatifs et accompagnement en maternité (Spama) publie un cahier de dessin consacré aux fratries touchées par un deuil périnatal, c’est-à-dire confrontées à la mort d’un frère ou d’une sœur peu avant la naissance ou dans les semaines qui l’ont suivie.


Un manque d’informations


« On a déjà du mal à se comprendre soi-même, à surmonter la violence de son chagrin, alors comment parler de manière sereine à ses enfants pour leur permettre d’exprimer leurs émotions ? » s’interroge Isabelle de Mézerac, présidente de la Spama et coauteure du livret. Céline Ricignuolo, également coauteure, abonde : « Il est très difficile pour les parents de trouver les mots et certains préfèrent malheureusement ne rien dire. »


L’accompagnement des enfants dans cette épreuve est l’affaire de parents eux-mêmes abattus, à qui incombe la responsabilité de trouver des mots adaptés.


Isabelle de Mézerac a déjà publié un ouvrage remarqué, Un enfant pour l’éternité (éditions du rocher, 2004), dans lequel elle livre le récit bouleversant de l’attente d’un enfant lourdement handicapé, dont elle sait qu’il décédera peu après sa naissance. Elle décide toutefois de mener sa grossesse à terme et d’accueillir cet enfant dans l’amour.


Céline Ricignuolo est clinicienne au service de réanimation pédiatrique de l’hôpital Necker, après avoir travaillé durant 11 ans au centre hospitalier de Meaux, au sein du service de réanimation néonatale. Elle y accompagnait des parents qui ont perdu leur bébé, ainsi que des fratries endeuillées, et a été confrontée à de nombreuses reprises au manque d’informations du personnel soignant sur ces problématiques. Elle préside en outre l’association Clepsydre, réunissant des psychologues issus de services de réanimation néonatale ou pédiatrique. 


Un outil spécifique


Ce livret est ainsi le fruit de leur réflexion conjointe sur le besoin d’un outil spécifique à l’accompagnement des fratries endeuillées. Leur travail a également bénéficié de l’expertise du pédopsychiatre Guy Cordier, qui a beaucoup accompagné les fratries en deuil, ainsi que de la contribution de familles ayant traversé cette douloureuse expérience.


L’accompagnement des enfants dans cette épreuve présente en effet une double difficulté. D’une part, il est l’affaire de parents eux-mêmes abattus, parfois traumatisés, à qui incombe la responsabilité de trouver des mots adaptés pour ménager leurs enfants. D’autre part, cette difficulté est redoublée par la dimension très spécifique que revêt le deuil chez les jeunes enfants. 


Étrangers au concept de non-retour et au caractère définitif de la mort, souvent accablés par un sentiment de culpabilité qui découle d’une rivalité qu’ils croient être à l’origine du décès, ils doivent affronter un processus très complexe que les parents ont généralement du mal à envisager. Pourtant, l’accompagnement de l’enfant est indispensable, la souffrance pouvant se prolonger jusqu’à l’âge adulte, comme l’a montré François-Xavier Perthuis dans son ouvrage Blessures (L’Harmattan, 2018).


Exprimer ses émotions


Destiné aux enfants de 3 à 10 ans et intitulé Un bout de chemin en famille, ce cahier se veut un outil ludique, conçu pour aider les aînés à exprimer leurs émotions à travers le dessin et l’écriture. Joliment illustré par Daniel Blancou, le cahier guide l’enfant dans sa réflexion à travers un petit personnage nommé Panda. Les textes, dans lesquels l’usage de chaque mot est pesé avec sensibilité, révèlent une volonté de ne pas cacher la vérité aux enfants et de ne pas la déguiser. L’objectif est de trouver les mots justes, de manière à faciliter la compréhension et à apaiser la peine, en évoquant par exemple l’absence de douleur chez une personne décédée.


Comment se procurer le cahier de dessin ?
Un bout de chemin en famille, cahier de dessin, collection Spama.
Vendu 5€ au profit de l’association Spama.


Spama, une association à connaître

Spécialisée dans les questions de deuil périnatal, l’association Spama propose plusieurs outils à destination des soignants et des parents afin de favoriser l’accompagnement des familles touchées par ces drames et les aider à se reconstruire.

Association Spama

3 rue du Plat, 59800 Lille.

Tél. : 07 87 85 37 81

contact@spama.asso.fr

Les Petits Chanteurs à la croix de bois, à l’unisson d’un même chœur

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« Au début, en sixième, c’était dur de quitter ma famille, mais en fin de troisième , c’était dur de quitter mes amis », résume Maxence, 14 ans. Conquis après un concert à Nancy, il a passé une audition, puis tout son collège aux Petits Chanteurs, à Autun (Saône-et-Loire). Il a particulièrement apprécié l’esprit d’entraide : « Les plus grands réconfortent les petits qui ont un coup de cafard, ils aident pour les devoirs. Il y a un bon esprit. J’ai aimé les chants et les voyages, la découverte d’autres régions, de pays. » Il a ainsi chanté en Belgique, en Chine, en Corée du Sud, au Japon, à Taïwan, sur l’île de la Réunion… « En général, on communique en anglais, ou par gestes quand on n’y arrive pas ! »


Maîtrise de soi


Lors des tournées en France ou à l’étranger, les enfants sont hébergés chez l’habitant. « Cela donne l’habitude de se présenter, d’échanger avec des inconnus, on développe une réelle aisance à l’oral », avance Thomas, 27 ans, consultant en management opérationnel à Paris. Lui qui était plutôt timide lorsqu’il était enfant, les concerts ont vite eu raison de ses réticences. Il est même devenu soliste, ce qui n’est pas rien lorsqu’on chante devant des milliers de personnes. Gérer son stress s’apprend : les répétitions commencent par des exercices de relaxation, des étirements, des corrections de posture, un massage des joues. Nécessaire au quotidien, sur un plateau de télévision ou sous le feu des applaudissements, la maîtrise de soi s’acquiert aussi. Ainsi que l’hygiène de vie : « Très tôt, on prend sa santé en main et on adopte les bons réflexes : dormir suffisamment, faire du sport, porter une écharpe pour aller jouer dehors, éviter de manger une glace avant un concert pour préserver ses cordes vocales… »


Avoir transpiré ensemble forge des amitiés qui résistent au temps. 

– Adrien, 36 ans


Cette vie n’est pas sans discipline. « Ça filait droit », reconnaît Adrien, 36 ans, en riant. Consultant en communication à l’international, basé à Dieppe, il garde un souvenir de « beaucoup de joie, de jeux, de légèreté, mais l’enfant doit s’investir dans un double cursus, scolaire et musical, qui est exigeant. Il faut mouiller la chemise ! » C’est d’ailleurs ce qui explique, à ses yeux, ces liens inoxydables. « Avoir transpiré ensemble forge des amitiés qui résistent au temps. » Il en a fait l’expérience, en rencontrant un ancien choriste avec qui il n’avait pas échangé depuis 25 ans : « On s’est retrouvés comme lorsqu’on avait 10 ans ».


Ils peuvent rester entre un et… six ans, puisque le cursus commence au CM1 et se poursuit pour ceux qui le souhaitent jusqu’en troisième. En réalité, peu d’entre eux envisagent une carrière de chanteur professionnel. Comment jugent-ils leur arrivée dans un lycée classique ? « J’ai galéré en seconde, reconnaît Thomas, qui a passé cinq ans dans le chœur, avec toutes ces heures de cours où il fallait rester assis ! Mais ça ne m’a pas empêché de faire une prépa et une grande école de commerce. Au final, tout le monde s’en sort. » L’institution affiche 100% de reçus au brevet avec mention. Certains élèves ont même 17 de moyenne et peuvent intégrer les meilleurs lycées, qui commencent à prendre la mesure de la richesse de ces profils atypiques. Adrien ne regrette rien de cette aventure : « Elle fait un peu bourlinguer et m’a montré que s’écarter des sentiers battus apporte un vrai plus ! » Un sacré pied de nez à l’air du temps, que les cases et les normes rassurent tant.


La dimension du monde


« Cette expérience ouvre à la dimension du monde. Face à la montée des extrémismes, l’impératif de “s’entendre” prend tout son sens lorsqu’on est Petit Chanteur. » Âgé de 75 ans, Alain a porté la fameuse croix de bois de 1957 à 1959, chanté devant des chefs d’État, avec des artistes, appris huit hymnes nationaux… « De nos régions ou d’ailleurs, c’est tout un patrimoine qui nous enrichit et ne nous lâche plus. » Désormais grand-père, il chantonne à sa petite-fille la berceuse Dors, ma colombe, première partition qu’il a déchiffrée à la manécanterie.


De nos régions ou d’ailleurs, c’est tout un patrimoine qui nous enrichit et ne nous lâche plus.

– Alain, 75 ans


Platon était convaincu de la supériorité de la culture musicale : « Rien ne pénètre davantage au fond de l’âme que le rythme et l’harmonie, rien ne s’attache plus fortement à elle en apportant la beauté » (Platon, la République). Telle est bien l’expérience vécue par le public lorsqu’il écoute les polyphonies d’une chorale d’enfants parvenus à ce niveau d’excellence. Expérience qui n’épargne pas les jeunes choristes eux-mêmes. C’est ce qu’évoque Adrien, marqué par l’émotion des spectateurs : « J’ai compris que j’avais la liberté de devenir un salaud ou une Mère Teresa et que je pouvais choisir de contribuer modestement à rendre le monde un peu plus beau, un peu meilleur. » Il veille depuis lors à préserver cette harmonie et cette poésie dans son quotidien. Aujourd’hui père de quatre filles, il sort ainsi volontiers sa guitare le soir pour les bercer : « C’est trois fois rien, mais dans 30 ans, elles s’en souviendront. »


 


C’est leur tournée !

Seuls 30% des candidats sont reçus après l’audition, qui débute en février. Direction Autun ! Du CM1 à la 3e, les Petits Chanteurs à la croix de bois poursuivent un double cursus : scolaire, en lien avec l’école privée sous contrat Saint-Lazare Saint-Sacrement, et musical à l’internat. Selon les classes, la formation musicale est de 8 à 12 heures par semaine. Ils partent en tournée, en France ou à l’étranger, et honorent ainsi une soixantaine de concerts. Nouveauté de la rentrée : le cursus s’ouvre aux lycéens qui pourront préparer un bac option musique. Et si cela donnait des idées à leurs sœurs ou cousines ? Bonne nouvelle pour les filles : le chœur Lumina Coeli ouvrira ses premières places d’internat en septembre 2019, du CM1 à la terminale. Une première en France. Les Petits Chanteurs à la croix de bois sont actuellement en tournée en France jusqu’au 17 février.

Site : pccb.fr


Trois questions à Tanguy Dionis du Séjour


Depuis la rentrée 2018, il est le directeur artistique des cinquante Petits Chanteurs de la Croix de Bois, âgés de 9 à 15 ans.


Quels sont les critères pour intégrer la manécanterie ?


Il y a d’abord l’envie de chanter ! Elle se traduit par une appétence artistique et musicale qui survient très tôt : dès 8 ans, le timbre de la voix est déjà là. Nous évaluons aussi la capacité à vivre en communauté, qui suppose ouverture, patience, tempérance, etc. Il y a enfin le désir de servir. La mission du Petit chanteur consiste en effet à « parcourir le monde pour répandre la musique sacrée et annoncer le Christ ».


En quoi est-ce une école de vie ?


C’est une école de vie par la vie communautaire inhérente à l’internat, avec ses jeux, ses services, ses temps de conférences et de prière. Mais aussi par leur vie d’artistes en herbe : très tôt, ils comprennent l’enjeu de donner une prestation de qualité. Cette exigence les motive pour fournir les efforts nécessaires afin d’y parvenir. La scène expose, mais le groupe rassure ; ils prennent vite de l’assurance. En tournée, ils travaillent les cours qui leur ont été préparés et acquièrent une réelle autonomie.


Quelle est votre intuition pour l’avenir ?


Les Petits chanteurs annoncent le Prince de la Paix et le monde en a besoin. Ils bénéficient d’une aura exceptionnelle à l’international. J’aimerais qu’ils s’imposent de nouveau sur la scène musicale française. J’envisage de puiser dans les grandes figures religieuses ou littéraires, capables de rejoindre nos contemporains dans leur soif spirituelle. Je compose actuellement sur le poème de Victor Hugo Le Pont, cet espace qui est la prière et relie la terre au Ciel.

Quand l’enfant disparaît

Standard


Comment expliquer à un enfant le drame de la perte d’un petit frère ou d’une petite sœur ? Comment l’aider à appréhender cette période éprouvante afin qu’il puisse extérioriser ses émotions et reprendre au mieux le cours de sa vie ? L’association Soins palliatifs et accompagnement en maternité (Spama) publie un cahier de dessin consacré aux fratries touchées par un deuil périnatal, c’est-à-dire confrontées à la mort d’un frère ou d’une sœur peu avant la naissance ou dans les semaines qui l’ont suivie.


Un manque d’informations


« On a déjà du mal à se comprendre soi-même, à surmonter la violence de son chagrin, alors comment parler de manière sereine à ses enfants pour leur permettre d’exprimer leurs émotions ? » s’interroge Isabelle de Mézerac, présidente de la Spama et coauteure du livret. Céline Ricignuolo, également coauteure, abonde : « Il est très difficile pour les parents de trouver les mots et certains préfèrent malheureusement ne rien dire. »


L’accompagnement des enfants dans cette épreuve est l’affaire de parents eux-mêmes abattus, à qui incombe la responsabilité de trouver des mots adaptés.


Isabelle de Mézerac a déjà publié un ouvrage remarqué, Un enfant pour l’éternité (éditions du rocher, 2004), dans lequel elle livre le récit bouleversant de l’attente d’un enfant lourdement handicapé, dont elle sait qu’il décédera peu après sa naissance. Elle décide toutefois de mener sa grossesse à terme et d’accueillir cet enfant dans l’amour.


Céline Ricignuolo est clinicienne au service de réanimation pédiatrique de l’hôpital Necker, après avoir travaillé durant 11 ans au centre hospitalier de Meaux, au sein du service de réanimation néonatale. Elle y accompagnait des parents qui ont perdu leur bébé, ainsi que des fratries endeuillées, et a été confrontée à de nombreuses reprises au manque d’informations du personnel soignant sur ces problématiques. Elle préside en outre l’association Clepsydre, réunissant des psychologues issus de services de réanimation néonatale ou pédiatrique. 


Un outil spécifique


Ce livret est ainsi le fruit de leur réflexion conjointe sur le besoin d’un outil spécifique à l’accompagnement des fratries endeuillées. Leur travail a également bénéficié de l’expertise du pédopsychiatre Guy Cordier, qui a beaucoup accompagné les fratries en deuil, ainsi que de la contribution de familles ayant traversé cette douloureuse expérience.


L’accompagnement des enfants dans cette épreuve présente en effet une double difficulté. D’une part, il est l’affaire de parents eux-mêmes abattus, parfois traumatisés, à qui incombe la responsabilité de trouver des mots adaptés pour ménager leurs enfants. D’autre part, cette difficulté est redoublée par la dimension très spécifique que revêt le deuil chez les jeunes enfants. 


Étrangers au concept de non-retour et au caractère définitif de la mort, souvent accablés par un sentiment de culpabilité qui découle d’une rivalité qu’ils croient être à l’origine du décès, ils doivent affronter un processus très complexe que les parents ont généralement du mal à envisager. Pourtant, l’accompagnement de l’enfant est indispensable, la souffrance pouvant se prolonger jusqu’à l’âge adulte, comme l’a montré François-Xavier Perthuis dans son ouvrage Blessures (L’Harmattan, 2018).


Exprimer ses émotions


Destiné aux enfants de 3 à 10 ans et intitulé Un bout de chemin en famille, ce cahier se veut un outil ludique, conçu pour aider les aînés à exprimer leurs émotions à travers le dessin et l’écriture. Joliment illustré par Daniel Blancou, le cahier guide l’enfant dans sa réflexion à travers un petit personnage nommé Panda. Les textes, dans lesquels l’usage de chaque mot est pesé avec sensibilité, révèlent une volonté de ne pas cacher la vérité aux enfants et de ne pas la déguiser. L’objectif est de trouver les mots justes, de manière à faciliter la compréhension et à apaiser la peine, en évoquant par exemple l’absence de douleur chez une personne décédée.


Comment se procurer le cahier de dessin ?
Un bout de chemin en famille, cahier de dessin, collection Spama.
Vendu 5€ au profit de l’association Spama.


Spama, une association à connaître

Spécialisée dans les questions de deuil périnatal, l’association Spama propose plusieurs outils à destination des soignants et des parents afin de favoriser l’accompagnement des familles touchées par ces drames et les aider à se reconstruire.

Association Spama

3 rue du Plat, 59800 Lille.

Tél. : 07 87 85 37 81

contact@spama.asso.fr