Les grands-parents aujourd’hui, leur rôle, leurs droits

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Dans dix ans, 30 % des Français auront plus de 60 ans. Actuellement, on estime qu’un Français sur quatre est grand-parent ! La démographie connaît de profondes modifications, nos rythmes et nos façons de vivre en famille aussi. Les grands-parents sont en première ligne de la solidarité intergénérationnelle.

« Nous voulons inciter les grands-parents à prendre leur place dans la construction de la société, explique la Ministre. Leur rôle effectif est majeur, mais la prise de conscience de leur action n’est pas à la hauteur. » Michèle Delaunay a donc chargé l’École des grands-parents européens (EGPE) de concevoir un colloque, ouvert à tous, qui se tiendra mardi 19 novembre au Ministère de la Santé.

« Le rôle des grands-parents dans la société est colossal. Quand il s’agit de garder les enfants pour zéro centimes en particulier ! Ce temps donné pour leurs petits-enfants représenterait  23 millions d’heures hebdomadaires ! », précise Armelle Le Bigot, présidente de l’EGPE. D’autant qu’un certain nombre de ces grands-pères et grands-mères sont encore au travail, et que « dans les entreprises ils n’existent pas ». Un constat appuyé par le ministère qui veut encourager la réflexion sur de nouveaux modèles. « On pourrait imaginer que des crèches d’entreprises accueillent des petits-enfants de grands-parents salariés. Ou des crèches grands-parentales sur le modèle des crèches parentales associatives. On pourrait aussi penser un dispositif d’aménagement du temps de travail pour ces grands-parents soutiens de famille », suggère par exemple Michèle Delaunay qui n’entend pas légiférer, mais porter ces questions dans l’espace public et inciter les grosses entreprises à « s’adapter aux évolutions de la société, comme cela s’est fait peu à peu sur les aidants familiaux ». Sur ce terrain, l’EGPE souhaite associer l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises dont le président interviendra le 19 novembre.

Les relations familiales seront également au cœur des discussions, avec la présentation des résultats d’une étude - Opinion Way pour l’EGPE - croisant les regards des grands-parents, parents et petits-enfants sur le rôle des grands-parents dévoilés lors du colloque viendront ainsi éclairer les différentes générations concernées par ce lien particulier. « Or on parle beaucoup des seniors mais jamais des grands-parents, qui sont absents des textes juridiques », note Armelle Le Bigot. Le Code civil parle en effet des ascendants, et garantit le « droit de relations » à l’enfant, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant, et non plus à l’adulte (« L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. (…) Si tel est l’intérêt de l’enfant, le juge aux affaires familiales fixe les modalités des relations entre l’enfant et un tiers, parent ou non. »)

Un sujet abordé lors du colloque par Manuella Bourassin, professeur en droit privé à l’Université Paris Ouest et auteur des Droits des grands-parents. Une autre dépendance ? (éditions Dalloz), et Sylvie Moisdon-Châtaigner, maître de conférence en droit privé à la faculté de Rennes et auteur des Grands-parents et leurs descendants : quelles relations juridiques ? (éditions Litec). Des enjeux connus à l’EGPE qui reçoit toute l’année des appels d’hommes et de femmes en situation de litige avec leurs propres enfants et parfois empêchés de voir leurs petits-enfants. « Le recours à la justice a toujours des conséquences douloureuses. Pour ne pas en arriver là, nous proposons un service d’écoute Allô Grands Parents, des entretiens possibles avec un psychologue, ou une médiation ». Une personne neutre est ainsi chargée de « mettre les choses à plat en toute confidentialité », de « faciliter le dialogue et rendre aux parties le soin de gérer le conflit en retissant des liens et en élaborant un projet concret ». De son côté, le ministère réfléchit à une charte des « droits des âgés » qui entendrait notamment « favoriser les relations des grands-parents avec leurs descendants ».

En savoir plus

> Service d’écoute Allô Grands Parents de l’École des grands-parents européens :  01 45 44 34 93.

> Colloque « Grands-parents aujourd’hui, la force de la vie ». Mardi 19 novembre 2013, de 10h à 13h

Au Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne, Paris 7ème. Entrée libre, mais inscription préalable impérative. Contacter l’EGPE : 01 45 44 34 93 / egpe@wanadoo.fr

Programme de la matinée :


> 9h30 Accueil


> 10h00 Présentation d’une étude sur les grands-parents (Opinion Way) pour l’École des grands-parents européens (EGPE)


> 10h15  Table ronde animée par Armelle Le Bigot-Macaux, Présidente de l’EGPE avec :

- François de Singly, sociologue

- François Fatoux, délégué général de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises

- Manuella Bourassin, maître de conférences en droit privé à l’université de Nanterre

- Sylvie Moisdon-Chataigner, maître de conférences à l’université de Rennes

- Catherine Enjolet, présidente de l’association « Parrains par mille »

> 11h15 Échange et débat animés par Christine Kelly, journaliste et membre du CSA, avec le pédopsychiatre Marcel Rufo et Michèle Delaunay 


> 12h15 Clôture par Michèle Delaunay

Les grands-parents aujourd’hui, leur rôle, leurs droits

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Dans dix ans, 30 % des Français auront plus de 60 ans. Actuellement, on estime qu’un Français sur quatre est grand-parent ! La démographie connaît de profondes modifications, nos rythmes et nos façons de vivre en famille aussi. Les grands-parents sont en première ligne de la solidarité intergénérationnelle.

« Nous voulons inciter les grands-parents à prendre leur place dans la construction de la société, explique la Ministre. Leur rôle effectif est majeur, mais la prise de conscience de leur action n’est pas à la hauteur. » Michèle Delaunay a donc chargé l’École des grands-parents européens (EGPE) de concevoir un colloque, ouvert à tous, qui se tiendra mardi 19 novembre au Ministère de la Santé.

« Le rôle des grands-parents dans la société est colossal. Quand il s’agit de garder les enfants pour zéro centimes en particulier ! Ce temps donné pour leurs petits-enfants représenterait  23 millions d’heures hebdomadaires ! », précise Armelle Le Bigot, présidente de l’EGPE. D’autant qu’un certain nombre de ces grands-pères et grands-mères sont encore au travail, et que « dans les entreprises ils n’existent pas ». Un constat appuyé par le ministère qui veut encourager la réflexion sur de nouveaux modèles. « On pourrait imaginer que des crèches d’entreprises accueillent des petits-enfants de grands-parents salariés. Ou des crèches grands-parentales sur le modèle des crèches parentales associatives. On pourrait aussi penser un dispositif d’aménagement du temps de travail pour ces grands-parents soutiens de famille », suggère par exemple Michèle Delaunay qui n’entend pas légiférer, mais porter ces questions dans l’espace public et inciter les grosses entreprises à « s’adapter aux évolutions de la société, comme cela s’est fait peu à peu sur les aidants familiaux ». Sur ce terrain, l’EGPE souhaite associer l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises dont le président interviendra le 19 novembre.

Les relations familiales seront également au cœur des discussions, avec la présentation des résultats d’une étude - Opinion Way pour l’EGPE - croisant les regards des grands-parents, parents et petits-enfants sur le rôle des grands-parents dévoilés lors du colloque viendront ainsi éclairer les différentes générations concernées par ce lien particulier. « Or on parle beaucoup des seniors mais jamais des grands-parents, qui sont absents des textes juridiques », note Armelle Le Bigot. Le Code civil parle en effet des ascendants, et garantit le « droit de relations » à l’enfant, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant, et non plus à l’adulte (« L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. (…) Si tel est l’intérêt de l’enfant, le juge aux affaires familiales fixe les modalités des relations entre l’enfant et un tiers, parent ou non. »)

Un sujet abordé lors du colloque par Manuella Bourassin, professeur en droit privé à l’Université Paris Ouest et auteur des Droits des grands-parents. Une autre dépendance ? (éditions Dalloz), et Sylvie Moisdon-Châtaigner, maître de conférence en droit privé à la faculté de Rennes et auteur des Grands-parents et leurs descendants : quelles relations juridiques ? (éditions Litec). Des enjeux connus à l’EGPE qui reçoit toute l’année des appels d’hommes et de femmes en situation de litige avec leurs propres enfants et parfois empêchés de voir leurs petits-enfants. « Le recours à la justice a toujours des conséquences douloureuses. Pour ne pas en arriver là, nous proposons un service d’écoute Allô Grands Parents, des entretiens possibles avec un psychologue, ou une médiation ». Une personne neutre est ainsi chargée de « mettre les choses à plat en toute confidentialité », de « faciliter le dialogue et rendre aux parties le soin de gérer le conflit en retissant des liens et en élaborant un projet concret ». De son côté, le ministère réfléchit à une charte des « droits des âgés » qui entendrait notamment « favoriser les relations des grands-parents avec leurs descendants ».

En savoir plus

> Service d’écoute Allô Grands Parents de l’École des grands-parents européens :  01 45 44 34 93.

> Colloque « Grands-parents aujourd’hui, la force de la vie ». Mardi 19 novembre 2013, de 10h à 13h

Au Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne, Paris 7ème. Entrée libre, mais inscription préalable impérative. Contacter l’EGPE : 01 45 44 34 93 / egpe@wanadoo.fr

Programme de la matinée :


> 9h30 Accueil


> 10h00 Présentation d’une étude sur les grands-parents (Opinion Way) pour l’École des grands-parents européens (EGPE)


> 10h15  Table ronde animée par Armelle Le Bigot-Macaux, Présidente de l’EGPE avec :

- François de Singly, sociologue

- François Fatoux, délégué général de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises

- Manuella Bourassin, maître de conférences en droit privé à l’université de Nanterre

- Sylvie Moisdon-Chataigner, maître de conférences à l’université de Rennes

- Catherine Enjolet, présidente de l’association « Parrains par mille »

> 11h15 Échange et débat animés par Christine Kelly, journaliste et membre du CSA, avec le pédopsychiatre Marcel Rufo et Michèle Delaunay 


> 12h15 Clôture par Michèle Delaunay

Un nouveau procédé pour révéler les empreintes digitales voit le jour

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Fumigation au Lumicyano - Empreinte (UV) Détail des crêtes x200

Fumigation au Lumicyano – Empreinte (UV)
Détail des crêtes x200

Une nouvelle technique permettant de révéler les empreintes digitales a été développée par des scientifiques français. Cette méthode serait beaucoup plus performante que celle actuellement utilisée par la police scientifique.

Pour comprendre la portée de cette innovation, il faut d’abord savoir que depuis plusieurs décennies, plusieurs laboratoires dans le monde travaillent activement à la mise au point de nouveaux procédés permettant de révéler les empreintes digitales. Des efforts légitimés par le fait que la technique actuellement utilisée par la police scientifique, demeurée pratiquement inchangée depuis un siècle, est faiblement efficace.

En effet, de nombreux paramètres peuvent empêcher l’obtention de relevés d’empreintes exploitables, comme par exemple un support d’empreinte dont la couleur est trop claire, ou une empreinte trop légèrement apposée.

Certes, il existe bien un procédé plus récent qui permet de rendre l’empreinte fluorescente lorsque le relevé de l’empreinte digitale par la méthode classique est trop complexe. Mais son coût dissuade souvent les services de police qui pourraient avoir besoin de l’utiliser. De surcroît, son utilisation a souvent pour conséquence de dégrader les empreintes à relever, ce qui interdit d’effectuer des relevés ADN par la suite.

Dans cette course technologique visant à concevoir des techniques de révélations d’empreintes digitales plus performantes, des scientifiques français du laboratoire de photophysique et photochimie supramoléculaire et macromoléculaire (CNRS/ENS Cachan) viennent probablement de marquer un point important. En collaboration avec la société française Crime Scene Technology, ces chercheurs ont en effet réussi à mettre au point une substance appelée  Lumicyano, dont l’application sur les empreintes digitales permet de les révéler de façon beaucoup plus efficace que les procédés actuellement utilisés.

De quoi s’agit-il exactement ? Pour comprendre, il faut d’abord savoir que la technique actuellement utilisée consiste à appliquer par fumigation d’un produit appelé cyanoacrylate : celui-ci vient se fixer sur les traces graisseuses laissées par les reliefs du doigt (ces reliefs sont appelés crêtes papillaires), ce qui génère une réaction chimique dont le résultat est l’apparition d’un dépôt blanc à l’endroit de ces crêtes papillaires. Et c’est précisément ce dépôt blanc qui, une fois photographié, peut alors permettre de produire une image de l’empreinte digitale.

Pour concevoir le Lumicyano, les scientifiques français ont réutilisé le cyanoacrylate, qu’ils ont mélangé avec une molécule de la famille des tétrazines, de minuscules colorants fluorescents.

Résultat ? Après exposition au Lumicyano, les empreintes à relever apparaissent fluorescentes lorsqu’elles sont balayées avec le faisceau d’une lampe à UV. Quant à la qualité de l’image obtenue, elle est nettement supérieure à ce que permet le procédé actuel. Le tout pour un coût bien plus réduit que celui engendré par le procédé de révélation par fluorescence actuellement utilisé par la police scientifique.

Ces travaux feront l’objet d’une publication dans l’édition du 10 décembre 2013 de la revue Forensic Science International, dont le titre sera « Lumicyano™: A new fluorescent cyanoacrylate for a one-step luminescent latent fingermark development »

 

Photo : Crime Scene Technology

CO2 : le rôle décisif de la végétation

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Sans la présence de la végétation, quelques 186 à 192 milliards de tonnes de carbone supplémentaires auraient été relâchées dans l’atmosphère depuis le milieu du 20e siècle. Tel est le résultat d’une étude menée par une équipe de biologistes de l’Université de Princeton (États-Unis), publiée le 15 octobre 2013 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

On le sait en effet, la végétation au sol (forêts, exploitations agricoles…) est un puissant « puits de carbone » : elle absorbe des quantités très importantes de carbone atmosphérique, ce qui contribue à faire baisser la quantité de CO2 atmosphérique.

Selon les auteurs de l’étude, ce phénomène naturel a été renforcé par un changement dans les stratégies humaines relatives à l’utilisation des terres, opéré à partir des années 1950. Ce changement s’est notamment matérialisé par une tendance visant à la restauration des forêts, ainsi que par le développement de l’agriculture à grande échelle.

Ces travaux ont été publiés le 15 octobre 2013 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) sous le titre « Historical warming reduced due to enhanced land carbon uptake »

 

Photo : By Σ64 (Own work) [GFDL or CC-BY-3.0], via Wikimedia Commons

La bosse des maths prédite dès le berceau ?

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Les bébés capables de faire facilement la différence entre les quantités auront de bonnes compétences en mathématiques à l’âge adulte. C’est en tout cas ce que suggère une étude publiée le 21 octobre 2013 par des neurologues de l’Université de Duke (États-Unis), dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Pour obtenir ce résultat, le neurologue Ariel Starr et ses collègues ont mis au point un protocole expérimental en deux étape de ce s, qui s’est étalé sur près de quatre ans. Lors de la première étape de l’expérience, les scientifiques américains ont présenté à 48 bébés âgés de six mois deux écrans, dont l’un affichait toujours un groupe de huit points, tandis que l’autre affichait des groupes de points dont le nombre variait (il était soit de huit, soit de 16). Résultat : certains bébés parvenaient facilement à repérer lorsque le nombre de points affichés par le deuxième écran variait (ce qui se manifestait par un temps de regard posé sur le deuxième écran plus long), alors que d’autres avaient plus de difficultés pour le faire.

Trois ans et demi plus tard, les neurologues américains ont entamé la deuxième étape de l’expérience, avec les mêmes enfants. Ces derniers ont été soumis à divers tests, destinés à évaluer leur aptitude à manier les quantités et les nombres.

Verdict ? Les enfants qui à l’âge de six mois, étaient le plus facilement parvenu à faire la différence entre les groupes de points lorsque la quantité de ces derniers variait, se sont avérés être ceux qui, à l’âge de quatre ans, ont obtenu les meilleurs scores à l’issue des tests auxquels ils ont été soumis au cours de cette deuxième phase.

Un constat qui suggère que l’aisance des bébés à faire la différence entre les quantités avant l’apprentissage des nombres, est prédictive des compétences en mathématiques qu’ils présenteront à l’âge adulte.

Image : By UlrikeRR (Alfred Viehhofer GmbH (Alvi)) [GFDL or CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons

 

Avortement : l’autre débat

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L’avortement est un fait social de première importance. Une femme sur trois a recours à une IVG au cours de sa vie. On compterait environ 220 000 interruptions volontaires de grossesse chaque année, un chiffre assez stable. Dans ces conditions, plus d’une génération après la loi Veil (1974), le débat semble clos. En réalité, il ne l’a jamais été, ne serait-ce parce que la loi a été plusieurs fois modifiée dans une optique toujours plus extensive. La réforme la plus importante reste celle voulue par Martine Aubry en 2001 : allongement du délai légal à 12 semaines, renoncement à la notion de « dépénalisation » au profit de la création d’un « droit ». Depuis cette date, la pression n’a cessé de monter dans deux directions. Technique d’abord : il s’agit de faciliter financièrement et médicalement l’accès à l’IVG. Idéologique ensuite : on s’efforce de banaliser l’acte afin qu’il apparaisse comme une décision de convenance personnelle et non comme un dernier recours.


De leur côté, les opposants n’ont pas renoncé. Bien sûr, la défense de l’enfant à naître n’a pas été abandonnée. Un exemple : la pétition Un de nous pour demander à l’Union européenne de ne pas financer la recherche sur l’embryon vient de recueillir 1,8 million de signatures, dont 100 000 en France, et ce dans le plus complet silence médiatique. Mais, sans doute en raison du consensus social en faveur de l’avortement, l’opposition frontale n’existe plus guère.


Du côté catholique en particulier, si la doctrine n’a pas changé, les priorités ne sont plus exactement les mêmes, du moins en France. Réunis à Lourdes pour leur assemblée d’automne, les évêques se sont penchés une nouvelle fois sur le sujet. De manière significative, ils l’ont fait en s’intéressant davantage au vécu des femmes concernées et un peu moins au caractère sacré de la vie. « Nous ne pouvons pas faire comme si nous n’étions pas auditeurs, témoins des souffrances multiformes de femmes ayant connu un avortement et qu’elles n’expriment parfois que longtemps après », a déclaré leur nouveau président, Georges Pontier, archevêque de Marseille, dans le discours de clôture, prononcé dimanche 10 novembre. On serait tenté de faire le lien avec le ton adopté par le nouveau pape, qui donne la priorité à l’écoute et à l’accompagnement plutôt qu’au jugement normatif.


Or ce discours compassionnel, malgré ou à cause de son fond évangélique,
inquiète vivement les activistes officiels, réunis sous l’ombrelle du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Les trois premières recommandations que cette instance vient de formuler dans le rapport que lui a commandé Najat Vallaud-Belkacem, la ministre concernée, sont donc extrêmement signi­ficatives. Il s’agit d’effacer des textes légaux toute reconnaissance du caractère particulier de l’avortement, pour en faire un « acte médical comme un autre ». Actuellement, le code de santé publique dans son article L2212-1 ouvre le droit à l’avortement à « la femme enceinte que sa situation place dans un état de détresse ». Le rapport recommande de faire disparaître cette notion. Il propose aussi de supprimer le délai de réflexion d’une semaine entre deux premières consultations. Surtout, il entend abolir la clause de conscience qui permet à un médecin de refuser de pratiquer une IVG.


Le débat s’est donc déplacé. Il y a 40 ans, deux notions s’opposaient : d’un côté le droit des femmes à disposer de leur corps, de l’autre la sacralité de la vie. On veut aujourd’hui évacuer le dernier obstacle en récusant la notion de détresse. Pourtant, un éventuel trait de plume en travers du code de santé publique ne saurait abolir la réalité.

Le mystère du chauffage de la couronne solaire serait résolu

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Le mystère du chauffage de la couronne solaire serait résolu

Et si le mystère du chauffage de la couronne solaire, l’une des plus grandes énigmes de la physique solaire, venait d’être résolu ? C’est en tout cas ce que suggèrent des travaux publiés le 2 octobre 2013 par deux astrophysiciens américains, dans la revue The Astrophysical Journal, sous le titre « Observational Quantification of the Energy Dissipated by Alfvén Waves in a Polar Coronal Hole: Evidence that Waves Drive the Fast Solar Wind ».

Pour comprendre précisément la nature de cette énigme, imaginez un cube de glace… qui prendrait feu. Or, c’est un phénomène à peu près équivalent qui se déroule en permanence au sein de la couronne solaire, cette couche supérieure de l’atmosphère du soleil : alors que la température qui prévaut à la surface du soleil n’est « que » de 5700°C, la température qui règne dans la  couronne solaire monte en flèche pour avoisiner les 2 millions de degrés Celsius.

Comment se fait-il que les parties hautes de l’atmosphère du soleil sont beaucoup plus chaudes que la surface du soleil ? Cette question constitue précisément ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler le mystère du chauffage de la couronne solaire…

Or, les travaux de ces deux astrophysiciens américains de l’Université de Colombia (New York, États-Unis), menés sur la base d’observations obtenues par le satellite japonais Hinode, viennent vraisemblablement de répondre définitivement à cette question. En effet, ces deux scientifiques ont pu mettre en évidence que le chauffage de la couronne solaire était provoqué par des ondes magnétiques, appelées ondes d’Alfvén : ces ondes, émanant du soleil lui-même, se propagent à travers la couronne solaire et lui transmettent d’énormes quantités d’énergie. Ce qui expliquerait les très hautes températures qui y prévalent.

Pour parvenir à ce résultat, Michael Hahn et Daniel W. Savin ont mesuré la quantité d’énergie transportée et dissipée par les ondes d’Alfvén présentes au niveau d’un trou coronal situé au-dessus de l’un des pôles du soleil. En réalisant ces mesures, les deux astrophysiciens américains ont pu montrer que les ondes d’Alfvén transportaient suffisamment d’énergie pour chauffer la couronne solaire à de très hautes températures.

Il est à noter que le rôle joué par les ondes d’Alfvén dans les températures exceptionnellement élevées qui prévalent dans la couronne solaire avait déjà été pointé du doigt par de précédents travaux. Ainsi, en juin 2008, neuf articles conjointement publiés dans la revue Science avaient déjà montré que les ondes d’Alfvén transportaient suffisamment d’énergie pour chauffer la couronne solaire à de très hautes températures.

 

Image : NASA/SDO [Public domain], via Wikimedia Commons

 

 

 

Un étudiant découvre un squelette complet de bébé Parasaurolophus

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squelette de la tête d'un Parasaurolophus

Le squelette d’un Parasaurolophus juvénile, un dinosaure qui vivait il y a 75,5 années, a été découvert par un étudiant américain sur le site du Grand Staircase-Escalante (sud de l’Utah, États-Unis).

Une découverte notable, car c’est la première fois qu’un squelette de Parasaurolophus juvénile est retrouvé dans un état de conservation aussi exceptionnel.

Si la trouvaille a été effectuée en 2009, il a toutefois fallu attendre plusieurs années d’analyse avant que cette découverte ne soit rendue publique. Les travaux menés sur le squelette de ce bébé Parasaurolophus, surnommé Joe, n’ont ainsi été publiés que le 22 octobre 2013 dans la revue PeerJ, sous le titre « Ontogeny in the tube-crested dinosaur Parasaurolophus (Hadrosauridae) and heterochrony in hadrosaurids » .

Les analyses menées sur le squelette de Joe ont montré que ce dernier était mort avant l’âge de un an. Il mesurait 2,5 m de long, soit le quart de la longueur maximale atteinte par les Parasaurolophus adultes.

Parasaurolophus était un dinosaure herbivore, dont la longueur maximale pouvait avoisiner les 10 mètres, pour un poids de 2,5 tonnes. Il est notamment célèbre pour la grande crête qui ornait le haut de son crâne, et qui ressemblait à un long tube recourbé vers l’arrière. Un appendice dont le rôle divise encore aujourd’hui les paléontologues : certains pensent qu’il servait d’amplificateur acoustique lui permettant de communiquer avec ses congénères, tandis que d’autres font plutôt l’hypothèse qu’il s’agissait d’un outil de reconnaissance visuelle.

Il est à noter que nombreux fossiles de dinosaures, âgés pour la plupart de quelque 75 millions d’années, ont déjà été retrouvés sur le site du Grand Staircase-Escalante. Aujourd’hui largement désertique, ce lieu était il y a 75 millions d’années un marécage verdoyant, qui abritait une faune très riche.

Des fermiers du Néolithique et des chasseurs-cueilleurs auraient coexisté pendant 2000 ans

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Ferme à Knap of Howar, sur un site occupé de 3500 av. J.-C. à 3100 av. J.-C.

Ferme à Knap of Howar, sur un site occupé de 3500 av. J.-C. à 3100 av. J.-C.

En Europe Centrale, les chasseurs-cueilleurs auraient coexisté durant 2000 ans avec les fermiers du Néolithique, dont on estime qu’ils sont arrivés dans cette région il y a 7500 ans environ, révèle une étude publiée le 10 octobre 2013 dans Science.

Cette coexistence se serait étendue sur la période -5500 à -3000 ans av. JC, pour cesser définitivement il y a 5000 ans environ à l’occasion de la sédentarisation de certains de ces chasseurs-cueilleurs, tandis que d’autres disparaissaient définitivement.

Or, ce résultat va à l’encontre de ce qui était supposé jusqu’ici par les paléoanthropologues. En effet, ces derniers pensaient qu’après l’arrivée des fermiers du Néolithique en Europe centrale, les chasseurs-cueilleurs qui étaient sur place avaient rapidement disparu. En réalité, ces nouveaux travaux montrent que ces chasseurs-cueilleurs ont subsisté encore longtemps après l’arrivée de ces nouveaux arrivants.

Pour parvenir à cette conclusion, Ruth Bollongino (Institut d’Anthropologie de l’Université Johannes Gutenberg de Mainz, Allemagne) et ses collègues ont analysé des ossements retrouvés dans la grotte allemande de Blätterhöhle, qui appartiennent conjointement à des chasseurs-cueilleurs et des fermiers du Néolithique, enterrés à cet endroit.
L’analyse isotopique de leurs ossements a révélé que les chasseurs-cueilleurs avaient subsisté en Europe centrale jusqu’il y a 5000 ans environ. Cette analyse a même permis de révéler que le régime alimentaire de ces derniers chasseurs-cueilleurs était avant tout constitué de poissons.

Ce résultat a été publié le 10 octobre 2013 dans la revue Science dans un article intitulé « 2000 Years of Parallel Societies in Stone Age Central Europe ».

Photo : Wikimedia

Pour mieux comprendre les autres, lisez des livres

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Et si les romans favorisaient notre capacité à comprendre les émotions éprouvées par les autres ? C’est en tout cas ce qu’affirme une étude publiée le 3 octobre 2013 dans la revue Science, sous le titre « Reading Literary Fiction Improves Theory of Mind ».

Comment les auteurs de cette étude sont-ils parvenus à ce résultat ? Grâce à une expérience impliquant quatre groupes de volontaires, qui ont eu pour mission de lire des extraits de livres ou d’articles.

Dans un premier temps de l’expérience, le psychologue américain David Kidd  a demandé aux deux premiers groupes de lire un extrait de roman : le premier des deux groupes a lu des extraits de romans généralement considérés comme appartenant à la « grande littérature » (livres de Anton Tchekov, Don De Lillo…), tandis que les lectures proposées au deuxième groupe appartenaient plutôt au champ de la littérature dite « populaire », comme les livres de Danielle Steel par exemple. Concernant le troisième groupe, sa mission a consisté à lire des contenus non fictionnels (des articles de la presse écrite). Quant au dernier groupe, aucune lecture ne lui a été proposée.

Puis, une fois toutes les séances de lecture terminées, les volontaires ont été soumis à deux types de tests permettant d’évaluer leur aptitude à deviner les émotions éprouvées par autrui. Le premier test a consisté à regarder un visage durant deux secondes seulement, puis à dire si la personne était heureuse, en colère, effrayée ou triste. Quant au deuxième test, les volontaires ne voyaient qu’une petite partie du visage et devaient deviner l’émotion éprouvée par le visage.

Résultat ? Les deux premiers groupes (c’est-à-dire ce dont la mission a consisté à lire des extraits de romans) ont obtenu des résultats nettement supérieurs aux deux groupes qui n’avaient pas lu de fictions.

Selon les auteurs de cette étude, ce résultat s’explique par le fait que la lecture de fictions mobilise fortement notre aptitude à reconnaître les émotions ressenties par les personnages de ces romans, ce qui nous permet de deviner et comprendre leurs intentions et les raisons de leurs actes. Cette disposition, appelée Théorie de l’esprit  par les chercheurs en sciences cognitives, est fortement liée à l’empathie, cette faculté qui nous permet de comprendre les émotions éprouvées par l’autre… en les ressentant par nous-mêmes.