Prom’nons-nous dans les bois

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« Regardez si vous trouvez de quoi fabriquer vos bateaux », suggère Ludivine à ses enfants, au départ de Couhard, village situé non loin d’Autun et des contreforts du Morvan. Le long du sentier forestier ombragé serpente un ruisseau, que la petite troupe composée de trois familles remonte, jusqu’à la cascade de Brisecou. Des bancs de têtards passent à toute allure, salués par des exclamations enfantines. « Regardez les libellules ! », lance un enfant, plus loin. L’immersion dans le microcosme naturel se fait par les petites bêtes. Noé, 9 ans, se penche soudain. Sans hésiter, il prend dans sa main une petite bête noire, « un scarabée bousier », précise-t-il.


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Au fil du chemin sont soigneusement sélectionnés fougères, bouts de bois et tiges d’herbes. Comment s’appellent-elles ? Du jonc ? « Nous ne sommes pas des spécialistes, se hâte de préciser la quadragénaire. Mais on aime bien chercher…

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« Regardez si vous trouvez de quoi fabriquer vos bateaux », suggère Ludivine à ses enfants, au départ de Couhard, village situé non loin d’Autun et des contreforts du Morvan. Le long du sentier forestier ombragé serpente un ruisseau, que la petite troupe composée de trois familles remonte, jusqu’à la cascade de Brisecou. Des bancs de têtards passent à toute allure, salués par des exclamations enfantines. « Regardez les libellules ! », lance un enfant, plus loin. L’immersion dans le microcosme naturel se fait par les petites bêtes. Noé, 9 ans, se penche soudain. Sans hésiter, il prend dans sa main une petite bête noire, « un scarabée bousier », précise-t-il.


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Au fil du chemin sont soigneusement sélectionnés fougères, bouts de bois et tiges d’herbes. Comment s’appellent-elles ? Du jonc ? « Nous ne sommes pas des spécialistes, se hâte de préciser la quadragénaire. Mais on aime bien chercher…

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« Regardez si vous trouvez de quoi fabriquer vos bateaux », suggère Ludivine à ses enfants, au départ de Couhard, village situé non loin d’Autun et des contreforts du Morvan. Le long du sentier forestier ombragé serpente un ruisseau, que la petite troupe composée de trois familles remonte, jusqu’à la cascade de Brisecou. Des bancs de têtards passent à toute allure, salués par des exclamations enfantines. « Regardez les libellules ! », lance un enfant, plus loin. L’immersion dans le microcosme naturel se fait par les petites bêtes. Noé, 9 ans, se penche soudain. Sans hésiter, il prend dans sa main une petite bête noire, « un scarabée bousier », précise-t-il.


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Au fil du chemin sont soigneusement sélectionnés fougères, bouts de bois et tiges d’herbes. Comment s’appellent-elles ? Du jonc ? « Nous ne sommes pas des spécialistes, se hâte de préciser la quadragénaire. Mais on aime bien chercher…

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« Regardez si vous trouvez de quoi fabriquer vos bateaux », suggère Ludivine à ses enfants, au départ de Couhard, village situé non loin d’Autun et des contreforts du Morvan. Le long du sentier forestier ombragé serpente un ruisseau, que la petite troupe composée de trois familles remonte, jusqu’à la cascade de Brisecou. Des bancs de têtards passent à toute allure, salués par des exclamations enfantines. « Regardez les libellules ! », lance un enfant, plus loin. L’immersion dans le microcosme naturel se fait par les petites bêtes. Noé, 9 ans, se penche soudain. Sans hésiter, il prend dans sa main une petite bête noire, « un scarabée bousier », précise-t-il.


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Au fil du chemin sont soigneusement sélectionnés fougères, bouts de bois et tiges d’herbes. Comment s’appellent-elles ? Du jonc ? « Nous ne sommes pas des spécialistes, se hâte de préciser la quadragénaire. Mais on aime bien chercher…

Et si on essayait la contraception naturelle ?

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« Avant mes deux grossesses, je ne connaissais que la pilule, qui m’avait été conseillée par ma gynécologue et ma mère au début de ma vie de jeune femme. Côté sexualité, elle m’apportait une grande sérénité et elle soignait mon acné juvénile ainsi que mes douleurs menstruelles ; mais elle me causait des troubles de l’humeur, et avec le recul, même, je comprends qu’elle me déconnectait de mes ressentis et de ma confiance en moi. Depuis ma première maternité, je n’ai jamais repris la pilule, principalement avec l’intention d’un mode de vie plus sain. » Claire, 38 ans, fait partie de ces trentenaires qui s’intéressent à une nouvelle façon de gérer leur fertilité, plus en connexion avec leur corps, plus en conscience des phases de leur cycle et de leur désir d’enfant ou non, plus en demande de respect de la part de la gent masculine aussi. 


La jeune femme vient de commencer une formation en symptothermie, également appelée méthode des indices combinés, car elle associe la prise de température matinale pendant toute une phase du cycle à l’étude de la glaire et à l’observation de toutes les manifestations du corps : « Aujourd’hui, l’idée d’un troisième bébé se pose, et la symptothermie représente pour nous un double avantage de gestion de la contraception et de l’observation de mes phases de fertilité. Je recherche surtout une méthode sûre, dans une nouvelle façon de concevoir mon corps, tout en utilisant, en parallèle sur le conseil de ma gynécologue-sage-femme, le préservatif ou le diaphragme. »


Une nette croissance dans la demande


Si en 2018, le terme « méthodes naturelles »fait encore sourire et reste galvaudé par trop d’approximations, si la méthode Ogino (fondée sur le calcul de la période d’ovulation), la méthode des températures et les moniteurs de fertilité ne sont en aucun cas, individuellement, des solutions de contraception performantes (sans parler de la technique du retrait !) laissant la femme dépendante d’un calendrier, sans harmonie réelle avec son corps, la « symptothermie moderne », facilitée par l’outil numérique, s’inscrit désormais comme un outil scientifique et révolutionnaire de gestion de la fertilité. Encore minoritaire, la mise en pratique et la demande de cette contraception naturelle est en nette croissance. Elle est accentuée par la circulation des informations et des témoignages sur le Web et correspond au renouveau des mouvements écologiques, à un besoin fort de se reconnecter à son corps et de mieux se connaître.


Je rencontre en consultation de nombreux couples qui utilisent cette méthode depuis des années. 

– Michèle Alègre, médecin-gynécologue


« Ce sont mes patientes qui m’ont informée de l’efficacité de la symptothermie et qui m’ont donné envie de me former, confirme Michèle Alègre, médecin-gynécologue dans les Hauts-de-France. Je rencontre en consultation de nombreux couples qui utilisent cette méthode depuis des années, qui connaissent leurs cycles, l’étudient et s’y adaptent ! » Tout doit se faire pourtant, estime le médecin, en toute transparence. « J’informe bien sûr les femmes plus inexpérimentées sur toutes les méthodes de contraception existantes, elles doivent pouvoir décider en connaissance de cause et surtout en toute liberté. Je respecte le choix de celles qui me demandent la pilule, mais je la conseille alors en utilisation raisonnée. Car, s’il y a des phases de l’existence où elle peut correspondre à un mode de vie, il faut penser à l’arrêter, par exemple, pendant les périodes de célibat qui durent, où elle n’a alors aucun intérêt ; de la même façon, il est inutile de “mettre les jeunes filles sous pilule” dès les premières règles… D’ailleurs, après des années de recherches et de formation, je sais aujourd’hui proposer des traitements homéopathiques de substitution très complets pour soulager des règles douloureuses, réguler la situation hormonale, diminuer l’acné et stabiliser les cycles irréguliers ainsi que les troubles psychologiques. L’homéopathie est également performante pour venir à bout des aménorrhées après la pilule, difficiles à soigner. »


Alternatives aux hormones 


Docteur en psychologie de l’université de Lausanne, Harri Wettstein est cocréateur du site sympto.org, avec Christine Bourgeois, pratiquante de la méthode « symptothermique » depuis plus de 20 ans. Ils sont à l’origine de l’application Sympto Free, une adaptation de la méthode, grâce notamment à l’utilisation d’Internet et du téléphone portable pour la prise de notes. Par contraste, la méthode classique manuelle sur une feuille de « cyclogramme » a pris un coup de vieux. « En 2018, encore trop peu de femmes optent pour cette contraception naturelle », constate le psychologue. « Principalement par déficit d’information sur sa fiabilité, mais aussi par manque de confiance en elles et en leur corps. » Un postulat qu’approuve la formatrice Pryska Ducoeurjoly, coauteure du manuel la Symptothermie complète : « Je suis étonnée de constater que cet apprentissage passionnant et essentiel, ce travail d’observation personnel ne soit pas transmis aux jeunes. Qu’il ne fasse pas partie du programme scolaire, à partir du collège. Prendre la pilule à une période de sa vie où c’est plus simple ainsi, ce n’est pas le problème. Le vrai problème (pour le foie, les reins, la peau, le coeur…), c’est de la prendre de 13 à 60 ans, sans interruption et sans se poser de questions. »


Des jeunes filles de moins de 20 ans qui n’ont jamais pris de pilule et n’en veulent pas, cherchant une alternative sans hormones ; des trentenaires, femmes actives qui ont pris la pilule pendant 10 à 15 ans mais souffrent de ses effets secondaires ; des femmes de plus de 40 ans qui ont eu des enfants et souhaitent désormais un retour au naturel… Ce sont ces femmes de tous âges et de tous profils qu’Eugénie Tabi, après s’être formée pour elle-même à la symtothermie, guide aujourd’hui en tant que conseillère indépendante de la méthode. « Chaque femme a une attente différente : contraception, certes, mais aussi états émotionnels, pathologies, déséquilibres, constate-t-elle. Mon approche est globale et je les dirige aussi parfois vers des spécialistes pour trouver la solution à leurs maux. Par ailleurs, je suis toujours étonnée de constater que ce sont les femmes, infertiles pendant plusieurs jours de leur cycle, qui s’astreignent à prendre la pilule ou qui se font poser un stérilet permanent, voire un implant, alors que ce sont les hommes qui sont fertiles en permanence et s’impliquent si peu ! Prenons conscience du fait que la fertilité est une histoire de couple. » Car si la contraception naturelle peut s’adresser à toutes les femmes, elle est avant tout adaptée à celles ayant l’envie et les moyens de s’intéresser au fonctionnement de leur corps, et aux couples dont la relation intime est stable. 


Dans ma pratique médicale, c’est une des méthodes qui ont leur pleine place, en plus des méthodes existantes, mais qui ne les remplacent pas.

– Elizabeth Castet, gynécologue


Gérer sa fertilité au naturel est un art simple… à condition de s’y former pendant plusieurs mois. D’accepter aussi de prendre le temps de s’observer chaque jour – du moins au début – et se réapproprier, à deux, cette connaissance du corps. « Pour une jeune fille qui n’a pas appris à se connaître et qui écarte toute envie de grossesse, nuance le Dr Elizabeth Castet, gynécologue, j’aurais tendance à mettre en garde, car s’il y a un “couac”, il y a risque de recours à l’IVG. Dans ma pratique médicale, c’est une des méthodes qui ont leur pleine place, en plus des méthodes existantes, mais qui ne les remplacent pas. Chaque méthode de contraception a ses avantages et ses inconvénients, à différents moments de la vie. » Les méthodes naturelles – avec l’accompagnement d’un professionnel, pas forcément médecin mais formé à la méthode – ont surtout un choix de plus pour les femmes, à côté des approches plus « médicales ». « La symptothermie répond à un besoin de société actuel, à la confluence entre retour au naturel et technique de pointe, assure de son côté Pryska Ducoeurjoly. Ce n’est plus une méthode de grand-mère mais une technique de jeune femme moderne, informée, qui prend ses décisions pour sa santé et son bien-être en pleine conscience. »


À lire 

Cet article est extrait de Sens & santé n° 9, actuellement en kiosques. Un magazine partenaire de La Vie.


Rose Bianchi a rédigé un manuel d’enseignement à la contraception naturelle :  Prenez conscience de votre fertilité  (BoD Éditions). 


La symptothermie, comment ça marche vraiment ?


> La méthode consiste en une fine observation du corps et permet de déterminer les périodes de fertilité et d’infertilité, avec quatre outils à combiner : prise de température, surveillance de la glaire cervicale, autopalpation du col de l’utérus, observation des signes secondaires (palpation des seins). Cette auto-observation s’apprend sur plusieurs mois.


> Un rendez-vous avec une conseillère en symptothermie permettra de programmer une consultation de démarrage : une étape essentielle, surtout pour celles qui ont des années de pilule. Pour acquérir une faculté sérieuse et fiable à 100 %, suivez une formation sur six cycles complets, puis des rendez-vous occasionnels avec une conseillère.


> L’appli à télécharger sur votre Smartphone : elle vous permettra de prendre des notes sur votre cycle et d’apprendre à le connaître. En version française, le didactitiel Sympto de la fondation SymptoTherm est classé en deuxième position d’après une étude comparative américaine publiée en 2016, parmi la centaine d’applications sur le marché. À noter aussi, en anglais : Lady Cycle, Lily Pro et mfNFP.net. D’autres, gratuites et moins sûres, restent des applis calendrier dont le défaut principal est de prédire l’impossible : la date d’ovulation, là où les applications fiables vous aident à interpréter vos cycles. Et la meilleure application ne peut fonctionner que si vos observations sont bonnes, donc faites par une observation compétente, ce qui s’apprend.


Pour aller plus loin 
Sites : sympto.org, de la fondation Symptotherm ; symptothermie.info, le blog du planning familial naturel, avec un bon réseau de conseillères.
Formation : Symptofrance, la page Facebook officielle de la symptothermie, utile pour trouver une formation.
LivreLa Symptothermie complète, de Harri Wettstein, Christine Bourgeois, Pryska Ducoeurjoly, en téléchargement gratuit sur le site symptos.ch
Logiciel : le logiciel Dafra, logiciel de planification familiale naturelle, mis au point par le Cler Amour et famille (en vente sur librairie-emmanuel.fr).

Si on organisait une cousinade ?

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« Dans une vie, on se voit pour les mariages, les baptêmes, énumère Thierry, puis de plus en plus pour les enterrements… J’ai eu envie de réunir notre brochette de 11 cousins pour une occasion heureuse ! » Les 70 convives se sont retrouvés le 1er mai à Castres (Tarn), il y a trois ans, autour d’une paella géante dans un restaurant privatisé. Une première, en mémoire d’une tradition familiale : le premier de l’An, les grands-parents avaient coutume de réunir leurs trois enfants et leurs enfants, aujourd’hui parents. « On passe son temps avec des collègues que l’on subit, il faut se donner les moyens de voir ceux qu’on aime, lance ce boute-en-train à l’accent chantant. Dans un monde de plus en plus numérisé et dématérialisé, on a plaisir à se retrouver et à passer du temps ensemble. »


L’après-midi, des activités intergénérationnelles étaient prévues dans le parc : concours de pétanque, jeux de cartes, tournoi de…

Football : Quand la science refait le match

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Le football, ce n’est pas seulement un concours de coupes de cheveux ou de roulades sur le terrain. C’est aussi de la biomécanique de précision et de la statistique de haute volée ! Lorsqu’elle s’applique au champ footballistique, la science peut tout décortiquer, ou presque. À la veille de la finale de la Coupe du monde en Russie, ce dimanche 15 juillet, la recherche, dans ses ressources infinies, peut même aider le béotien à pronostiquer l’issue de la rencontre… simplement en écoutant les hymnes d’avant-match ! 


Des chercheurs des universités du Staffordshire (Royaume-Uni) et du Queensland (Australie) ont récemment découvert que l’observation de la manière de chanter des footballeurs permettait de prophétiser le résultat final. Les équipes à l’esprit plus collectif, dont les joueurs s’époumonent en chœur, chantent l’hymne dans son intégralité et vocalisent avec ardeur, les larmes aux yeux, encaisseraient moins de buts et augmenteraient…

Mariage en Inde : à la vie, à la mort 

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Il faut bien avouer que la cérémonie du mariage en Inde est splendide. Les cérémonies du pitthi et du mehndi où les époux sont recouverts de tatouages au henné ; le sari rouge et or que portent les femmes le jour J ; l’arrivée du marié à dos de cheval ou d’éléphant ; les somptueux buffets qu’on dévore dans de grands jardins ; ou encore les festivités qui s’étendent sur plusieurs jours… Mais il serait dommage de réduire à de beaux vêtements et des paillettes une cérémonie qui engage à vie deux jeunes individus qui, dans la majorité des cas, viennent à peine de se rencontrer. Le mariage Bollywoodien est, en effet, à la fois une vitrine sociale pour les familles prêtes à se ruiner pour afficher leur rang dans la société et un rite de passage. Pour les jeunes femmes, le mariage est aussi synonyme d’une nouvelle réalité : elles deviennent dépendantes de leur mari, gardien légal de leur épouse.


Bien souvent chassées de leur domicile, c’est-à-dire la demeure de leurs belles familles, les veuves sont renvoyées au ban de la société. 


Or quand il disparaît, elles perdent leur place dans la société. On compterait en Inde près de 33 millions de veuves. Bien souvent chassées de leur domicile, c’est-à-dire la demeure de leurs belles familles, elles sont renvoyées au ban de la société. La diversité des croyances et des superstitions en Inde est propre à chaque région, allant des totems pour éloigner le mauvais œil à de plus sérieux cas comme l’idée répandue que les veuves sont signe de mauvais présage. Près de 20.000 vivent en mendiant sur les bords du Gange dans la ville sainte de Vrindavan, communément appelée “la cité des veuves”. C’est ici, au sein de l’ONG Maitriindia, que nous avons posé nos valises quelques jours. Sarla , Shanti, et Basani, veuves, y vivent et ont pris le temps de se confier à nous.

© Brice Blanc / Asie à Deux
© Brice Blanc / Asie à Deux


Dans le dortoir, six femmes partagent leur quotidien. Chacune possède un lit, une commode d’acier grisâtre décorée à sa guise, et un réchaud. À 98 ans, Sarla est la doyenne des veuves de l’ashram. La peau brune et ridée, le sourire communicatif, elle voue désormais sa vie au dieu Krisna. Dans un fou rire, elle s’exclame : « Mon histoire ! Je n’ai pas d’histoire ! Ma vie est ici, c’est Krisna ! » Rejetée par ses propres enfants, elle fut recueillie par l’association il y a quatre ans. Comme bon nombre de femmes, elle a fait le choix d’oublier son passé. Pas question d’y revenir, parfois même impossible : ce temps-là est trop loin, trop flou pour être décrit.


D’autre cependant portent encore leurs souvenirs. C’est le cas de Shanti. Retirée sur le haut de son lit, elle est un petit bout de femme tout en rondeur. Ses yeux clairs nous dévisagent : « J’ai 75 ans et je suis ici depuis quatre mois. La vie est dure mais ici, c’est un peu mieux. » Notre regard interrogateur rencontre un immense cadre en bois trônant sur la commode. Après un instant d’hésitation, elle s’en saisit. Dessus, le portrait d’un militaire a vieilli. Le serrant de tout son être, elle raconte : « Mon père m’a vendue à cet homme alors que je n’avais que 14 ans. C’était un homme d’âge mur, j’avais peur et je ne savais pas ce qu’allait être ma vie après ça. Mais j’ai eu une chance incroyable. Cet homme m’a offert beaucoup. Il m’a respecté et avec lui, j’ai pu étudier. Il m’a même emmené à Paris et à Londres ! J’ai beaucoup aimé mon mari… » Enchaînant timidement les mots, elle nous conte le décès inattendu de cet homme, mort au combat il y a près de 50 ans. Après quelques années, elle a cependant été rejetée par sa belle-famille. Oubliée, elle a retrouvé la misère et la violence des années durant. Le souvenir est dur, elle tient fermement notre main, ses larmes nous traversent, l’accolade se prolonge. Finalement, le sourire aux lèvres, elle se relève.


Leur identité se réduit à ce petit bout de « chez soi » qu’elles tentent de créer au chevet de leur lit. 


Soudain, un hurlement. Basani, quelques lits plus loin, s’accroche à un poster de Krisna. Le poster est vieilli et déchiré, les murs vont être repeints, il est temps de faire propre et de le jeter, explique un membre de l’association. Comme si on lui dérobait un trésor, Basani sanglote et s’épuise à jurer. Le souffle coupé, elle s’endort finalement entourée de ses sœurs. La vie de ses femmes est fragile. Leur identité se réduit à ce petit bout de « chez soi » qu’elles tentent de créer au chevet de leur lit. Une chapelle intime que nul ne devrait souiller. Plus tard, nous échangeons quelques mots avec elle. A la dureté de ses mots contre tous, contre sa situation, on sent que la colère l’habite entièrement. Elle avoue ne trouver de repos que dans la foi : « Elle ne m’abandonne pas ». Mais rien ne l’amène à remettre en cause ce rejet des « veuves » : à la question que nous lui posons – « Ne voulez-vous pas que votre fille, veuve et errante depuis 4 ans, vous rejoigne ici ? » – elle répond froidement : « Non, je ne veux pas d’elle ici. »


La superstition en Inde est une question sociale et un problème national. Être veuve est un statut présenté comme une tare abjecte qui conduit des femmes à une vie d’errance et de misère, développe en elle un sentiment de culpabilité, de perte d’identité et/ou de colère. Dans un pays où la femme est encore considérée comme la « propriété » d’un homme (père, mari, frère, cousin), le chemin à faire pour accéder à l’égalité de statut que lui reconnaît la Constitution – mais que lui dénie encore très souvent la société – est encore long.

Comment vivre l’amour toujours ?

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Le couple, fragile et complexe, est en constante évolution. Alors que le nombre de séparations est en augmentation, Philippe Brenot, psychiatre, sexologue et anthropologue, directeur de l’enseignement de sexologie à l’université Paris-Descartes et président de l’Observatoire international du couple, s’interroge sur ce que ce dernier est vraiment, sur ses récentes exigences en matière de sexualité et sur la manière de le faire durer.


La notion de couple est-elle aussi vieille que le monde, comme le mythe d’Adam et Ève semble le suggérer ?


L’invention du couple, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, c’est-à-dire un couple amoureux, est récente. Elle date seulement d’une cinquantaine d’années. Avant, c’était un « couple famille » qui prévalait… Et aux débuts de l’humanité, cette notion n’existait tout simplement pas ! Comme pour 99% des mammifères aujourd’hui, il n’y avait pas de monogamie. D’ailleurs, nos lointains ancêtres les chimpanzés…

Comment vivre l’amour toujours ?

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Le couple, fragile et complexe, est en constante évolution. Alors que le nombre de séparations est en augmentation, Philippe Brenot, psychiatre, sexologue et anthropologue, directeur de l’enseignement de sexologie à l’université Paris-Descartes et président de l’Observatoire international du couple, s’interroge sur ce que ce dernier est vraiment, sur ses récentes exigences en matière de sexualité et sur la manière de le faire durer.


La notion de couple est-elle aussi vieille que le monde, comme le mythe d’Adam et Ève semble le suggérer ?


L’invention du couple, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, c’est-à-dire un couple amoureux, est récente. Elle date seulement d’une cinquantaine d’années. Avant, c’était un « couple famille » qui prévalait… Et aux débuts de l’humanité, cette notion n’existait tout simplement pas ! Comme pour 99% des mammifères aujourd’hui, il n’y avait pas de monogamie. D’ailleurs, nos lointains ancêtres les chimpanzés…