L’après Covid-19 : “Nous, grand-parents investis, voulons être entendus”

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Que retenez-vous de ces semaines de confinement pendant lesquelles les grands-parents ont été tenus de rester à l’écart de leurs familles ?


Mon bilan est mitigé. Le fait d’avoir été coupés de nos petits-enfants a été dramatique. Cette situation a fait ressurgir les drames de la solitude et notre exclusion de la société. Mais il y a un élément positif : dans ce moment survenu brutalement, soudain les grands-parents ont pu être très créatifs. Il y a eu une explosion d’imagination à tous les niveaux pour maintenir le contact avec leurs petits-enfants, notamment avec les nouvelles technologies. Ceux qui n’étaient jusqu’alors pas très affûtés avec les applications numériques s’y sont collés avec un grand bonheur. Cette créativité formidable a permis de soulager nos propres enfants, pour lesquels cela a été bien souvent lourd d’avoir à gérer leurs ados et leurs enfants toute la journée.


On a mis dans le même placard presque deux…

L’après Covid-19 : “Nous, grand-parents investis, voulons être entendus”

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Que retenez-vous de ces semaines de confinement pendant lesquelles les grands-parents ont été tenus de rester à l’écart de leurs familles ?


Mon bilan est mitigé. Le fait d’avoir été coupés de nos petits-enfants a été dramatique. Cette situation a fait ressurgir les drames de la solitude et notre exclusion de la société. Mais il y a un élément positif : dans ce moment survenu brutalement, soudain les grands-parents ont pu être très créatifs. Il y a eu une explosion d’imagination à tous les niveaux pour maintenir le contact avec leurs petits-enfants, notamment avec les nouvelles technologies. Ceux qui n’étaient jusqu’alors pas très affûtés avec les applications numériques s’y sont collés avec un grand bonheur. Cette créativité formidable a permis de soulager nos propres enfants, pour lesquels cela a été bien souvent lourd d’avoir à gérer leurs ados et leurs enfants toute la journée.


On a mis dans le même placard presque deux…

Quête et enquêtes au menu de l’été pour les enfants et ados

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Notre balade temporelle débute au Moyen Âge, en compagnie du jeune porcher Taram qui vit au royaume enchanté de Prydain et rêve d’exploits. Sa truie Hen Wren prédit l’avenir et attire la convoitise du maléfique Arawn, seigneur de la Terre des Morts… L’histoire vous dit quelque chose ? Les deux premiers tomes ont en effet inspiré le Walt Disney Taram et le chaudron magique, sorti en 1985. Pour la première fois, la suite des Chroniques de Prydain, saga du fascinant Lloyd Alexander, auteur américain aux mille vies, est traduite en français. Magie et sorcellerie, bravoure et félonie, philosophie : tous les ingrédients sont réunis !


« Rappelle-toi les temps heureux. Ta mémoire est ton grenier. Elle te gardera vivante. » Tant attendu, voici le dernier ouvrage de l’auteur de littérature jeunesse Timothée de Fombelle ! Dans Alma. Le vent se lève, de sa plume évocatrice, l’auteur nous projette dans une…

Moteur(s) ! Le retour du drive-in

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Parfois, un moustique se collait au pare-brise, un insecte cinéphile ramené par la bise du soir, et s’écrabouillait au coin des beaux yeux de Michèle Morgan. Le romantisme était un brin entaché, mais il pouvait renaître après un salvateur coup de balai d’essuie-glace, comme une touche de pinceau à cils pour se refaire une beauté.


C’était épatant, le cinémascope en plein air. À condition d’aimer la bande sonore de la pluie quand les gouttes faisaient des claquettes sur la tôle, d’endurer les jappements du chien, les chamailleries des enfants nichés sur la banquette arrière. Et de ne pas s’offusquer quand les gargouillements de l’estomac, lourd de hamburgers mal digérés, donnaient la réplique aux comédiens qui, à l’autre bout du capot, déroulaient leurs tirades dans la nuit étoilée. Qu’importent la buée et les reflets sur les vitres, les nuées de moucherons et de miettes de casse-croûte, la moiteur, ou même les voix nasillardes des acteurs crachouillées par le haut-parleur, relié à un câble électrique, que l’on se procurait à la caisse…


Au point mort en France


« C’est une nouveauté qui est bien agréable ! », s’enthousiasmait, en 1967, une spectatrice, avec thermos de rigueur et chignon d’époque, devant la caméra des actualités télévisées. À la sortie de Toulon, sur la RN 97, le drive-in (ou ciné-parc) de la Farlède, dans le Var, fut le premier inauguré en France. À l’entrée d’un chemin de terre, cette pancarte annonçait la première étape du rituel : « Éteignez vos phares SVP ».


Trois ans plus tard, en 1970, un écran de 600 m2, le plus grand d’Europe, est déployé à Rungis, dans la banlieue sud de Paris. Les automobiles se parquent en un arc-en-ciel de dominos métallisés, à l’arrêt sur des petites buttes, appelées « vagues », édifiées pour surélever les voitures et améliorer la vision. Tarifs : 4 francs par voiture, et 6 à 8 francs par passager – sans compter le manque à gagner des resquilleurs, planqués dans le coffre. Une envie de grignoter ? On allume ses veilleuses et un serveur, alerté par l’œillade, s’empresse d’accourir pour ravitailler le client avec un ice-cream. Une averse ? Un pare-brise souple à ventouse peut être fixé à la hâte sur le toit…


 En France, les drive-in n’ont jamais réussi à s’implanter. Je n’en éprouve aucun chagrin ! 

– Francis Bordat, historien du cinéma


« Tous ces rituels sont très poétiques, évidemment, mais je ne perçois très sincèrement que des gênes ajoutées à mon plaisir de regarder un film ! Et d’abord, comment supporter ce pare-brise entre l’écran et moi ? » Pour un peu, Francis Bordat claquerait la portière au nez de notre rêve en technicolor. Professeur émérite de civilisation américaine à l’université Paris-Ouest, cet historien, spécialiste du cinéma américain, comprend toutefois le retour au premier plan du drive-in, à l’occasion de la crise sanitaire. « Cet enfermement cellulaire dans un habitacle d’automobile convient bien évidemment au contexte des pandémies. Mais je pense que cet engouement est absolument conjoncturel, même s’il flatte un goût du repli sur soi. En France, les drive-in n’ont jamais réussi à s’implanter. Je n’en éprouve aucun chagrin ! » Fin de la séance. On rembobine. Retour dans la France de la fin des sixties, où les ciné-parcs, éphémères, disparaîtront rapidement du paysage.


Succes-story à l’américaine


Le « drive-in theater » est né outre-Atlantique, en 1933. Cette année-là, son concepteur, Richard Milton Hollingshead, un industriel, ouvre le premier « cinéma en plein air pour voiture » à Camden, dans le New Jersey, après avoir effectué les mises au point techniques dans son jardin, avec son projecteur Kodak. « À la différence de la France, où il n’a jamais été qu’une curiosité, le drive-in est profondément enraciné dans la culture américaine. Le phénomène est aujourd’hui marginal, il en reste environ 320 aux États-Unis, notamment dans les régions rurales, sur un total de quelque 50.000 écrans », précise Michel Etcheverry, professeur d’anglais à la Sorbonne et spécialiste du cinéma anglo-saxon. « Quand on me parle de nostalgie, il s’agit forcément d’une nostalgie par procuration ! Elle renvoie à un imaginaire américain fantasmé, illustré par des scènes de films comme Grease, avec Olivia Newton-John et John Travolta, Christine, de John Carpenter, ou American Graffiti, de George Lucas. » Cette profonde « américanité » du drive-in explique, selon lui, son « relatif insuccès » en dehors du continent nord-américain.


Les banlieues résidentielles tentaculaires avalent les familles de classes moyennes, l’essentiel du public des drive-in.


Le drive-in, en effet, raconte une histoire de l’Amérique, dans ses mutations économiques et l’évolution de ses mœurs. Encore peu fréquenté durant les années 1930, il a pris son essor dans les années 1940 et 1950 : une période de prospérité soutenue par l’industrie automobile – les constructeurs de Détroit, dans le Michigan, règnent en maître –, le secteur du bâtiment et la construction immobilière. Avec leurs enfilades de maisons identiques, les banlieues résidentielles tentaculaires, survolées par la caméra de Tim Burton dans Edward aux mains d’argent, avalent les familles de classes moyennes. Une lower middle-class qui constituera, avec la working-class (« classe ouvrière »), l’essentiel du public des drive-in. Ces périphéries n’abritent pas encore les centres commerciaux et les complexes multisalles des années 1970 qui, avec la complicité de la télévision et de la vidéocassette, signeront le déclin du ciné-parc.


À son apogée, entre 1954 et 1965, le drive-in, symbole de l’Amérique de l’abondance et des vastes espaces – sa construction requiert entre 5 et 10 ha – représentera le quart des recettes d’exploitation du cinéma ; on dénombrera 4.700 drive-in en 1958 ! Il s’inscrit dans le sillage de la traînée de liberté dessinée par la voiture, devenue un mode de vie durant les Trente Glorieuses. « Cette culture de la bagnole commencera à dépérir avec le mouvement hippie : le combi Volkswagen remplacera les Cadillac chromées ! », résume Francis Bordat, qui a codirigé avec Michel Etcheverry l’ouvrage Cent ans d’aller au cinéma, paru en 1995 aux Presses universitaires de Rennes.


On s’y rend également pour intégrer un groupe social, retrouver sa bande, et à l’occasion faire le coup de poing. 

– Michel Etcheverry, spécialiste du cinéma anglo-saxon


Lieu de consommation et rituel de passage


Pour l’heure, en cet âge d’or, le drive-in est un authentique lieu de consommation, où rien n’interdit de lorgner le film tout en scrutant les voisins de parking. « Sur place, le spectateur pouvait disposer d’appareils pour réchauffer les biberons, de cafétérias, de laveries automatiques, parfois même de minigolfs et de piscines », rappelle Michel Etcheverry. Quand les enfants du baby-boom, les bébés explosifs de 1945, basculent dans la fureur de vivre, provoquant l’émergence d’une turbulente culture de la jeunesse, le drive-in s’impose comme un rituel de passage. « Le drive-in, où l’on se rend en voiture, le seul espace d’intimité où l’on peut échapper à l’autorité parentale, a participé de l’éducation sexuelle des adolescents, surtout dans les années 1960. Certains moralistes ont d’ailleurs dénoncé ce dévergondage dans ce qu’ils appelaient les “passion pits” (“lieux de luxure”). On s’y rend également pour intégrer un groupe social, retrouver sa bande, et à l’occasion faire le coup de poing. »


La programmation est particulièrement favorable aux flirts entre teenagers, aux élans des cœurs et aux soubresauts des corps. Les drive-in sont en effet l’un des lieux privilégiés pour frémir devant les films issus de ce que l’on qualifie de « cinéma d’exploitation » : la série B, la série Z… Ou carrément les nanars. « Les drive-in sont des salles de seconde exclusivité, où l’on peut découvrir les films, souvent mal fichus, de ce cinéma indépendant qui n’avait pas besoin de respecter le code Hays, le code de censure hollywoodien appliqué jusqu’en 1968 », explique Régis Dubois, auteur de l’ouvrage Drive-in & Grindhouse cinema. 1950’s-1960’s, paru chez Imho. Pour ce fin connaisseur, ces réalisations audacieuses et grisantes, notamment les productions de Roger Corman, révèlent « le côté obscur de l’Amérique ».


C’est un cinéma de la marge, parfois injustement déprécié, dont les titres de films et les affiches bariolées donnent aujourd’hui encore envie de fuguer sur l’asphalte : l’Attaque de la femme de 50 pieds, l’Attaque des crabes géants, le Fantôme de l’espace… Science-fiction, horreur, rock’n’roll, beach movies (« films de plage »), courses de motards : ces films diffusent la contre-culture, entre beach boys, beatniks et bikers. Ils annoncent Easy Rider (1969), de Dennis Hopper, et participent à l’émergence du mouvement cinématographique le « Nouvel Hollywood ». « Ces films ne méritent souvent pas plus que quelques coups d’œil. Mais comme ils sont choquants, ou qu’ils font peur, la jeune fille qui vous accompagne aura tendance à se blottir dans vos bras ! »


Un concept hors-cadre


Pourtant, et même si l’on entend ronronner le moteur de la Cadillac en arrière-fond de ses propos, Régis Dubois avoue son scepticisme devant l’engouement actuel pour le drive-in. « Pour que le concept perdure, il faudrait peut-être imaginer un décorum spécifique, recréer une ambiance rétro-fifties autour des projections ? » En France, la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a déploré, dans un communiqué diffusé en mai, que ces séances alternatives « détournent les spectateurs, les médias, l’administration locale et nationale du seul combat à mener : la réouverture des salles, seul lieu structurant et pérenne de la culture cinématographique ». Et des voix se sont parfois élevées pour dénoncer un divertissement qui oblige à embrayer sur l’automobile, en pleine transition écologique.


À Châlons-en-Champagne, c’est une messe qui a été célébrée au mois de mai en drive-in par l’évêque.


De nombreuses expériences ont cependant été menées à travers l’Hexagone, comme ailleurs dans le monde. Le drive-in a même débordé le cadre cinématographique. Au Danemark, un match de football à huis clos, entre le FC Midtjylland et l’AC Horsens, a été organisé à la manière d’un drive-in : les supporters, en voitures, étaient alignés devant un écran géant, adjacent au stade. À Châlons-en-Champagne, c’est une messe qui a été célébrée au mois de mai en drive-in par l’évêque, sur le parking du Parc des expositions. À Albi, dans le Tarn, un concert, retransmis sur l’autoradio grâce à la station régionale « 100% radio », s’est déroulé en formule drive-in, avec klaxons et appels de phare en guise d’applaudissements.


Reportage à Châlons, où la “messe en voiture“ fait le plein


Directeur du cinéma Lux, à Caen, Gautier Labrusse est un partisan de ces événements « hors les murs », proposés non pas en concurrence mais en complément de l’activité des salles. Il organise depuis plusieurs années des séances de drive-in et des projections en plein air, dans les quartiers ou à la campagne, en liaison avec les services culturels des communes. « Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche de médiation et d’éducation à l’image, d’entraide et d’accès de tous à la culture », explique-t-il. Par le passé, du « cinéma piscine » a été proposé aux nageurs adeptes de l’aqua-cinéphilie, invités à se plonger dans un film, les pieds dans l’eau ! On s’en voudrait de taire l’invention d’un « pédalo-ciné » : pas de méprise, le principe ne consiste pas à embarquer sur un pédalo mais à enfourcher des vélos en poste fixe et à pédaler pour fournir l’électricité nécessaire à la projection.


Jusqu’à la réouverture des salles, le 22 juin, des séances de drive-in, en partenariat avec Caen Événements, ont rassemblé jusqu’à 150 voitures. Les films étaient projetés sur un écran gonflable de 140 m2, et le son retransmis sur la fréquence d’une radio locale, Radio 666. Ces dernières semaines, avec le drive-in, le ciné a pris l’air. Profitera-t-il des beaux jours pour s’offrir un été buissonnier ? Ou ne s’agissait-il que d’un écran de fumée ? Le scénario n’est peut-être pas totalement écrit.


À lire
Cent ans d’aller au ciné. Le spectacle cinématographique aux États-Unis (1896-1995), de Francis Bordat et Michel Etcheverry, Presses universitaires de Rennes, 1995, 22,99 €.
Drive-in & Grindhouse Cinéma. 1950’s-1960’s, de Régis Dubois, Imho, 2017, 60 €. 


>>À lire


Cent ans d’aller au ciné. Le spectacle cinématographique aux États-Unis (1896-1995), de Francis Bordat et Michel Etcheverry, Presses universitaires de Rennes, 1995, 22,99 €.


Drive-in & Grindhouse Cinéma. 1950’s-1960’s, de Régis Dubois, Imho, 2017, 60 €.

L’univers poétique et foisonnant de la Fabuloserie

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C’est l’un des joyaux de ce lieu fantastique. Une pièce ingénieuse créée par un adulte facétieux. Au fond du jardin, derrière l’étang ombragé de saules pleureurs, le manège de Pierre Avezard, dit Petit Pierre, épate les visiteurs. L’ancien gardien vacher de la région d’Orléans, « né avec une malformation congénitale », un oeil quasi fermé mais l’autre malicieux, a construit dans sa ferme de la Beauce « une étonnante machine poétique ». Constitué d’une multitude de figurines en fer-blanc, qui tournent sur des carrousels, voltigent dans les airs, ce manège ici reconstitué n’est fait que de matériaux de récupération : tonneaux, chambres à air, fils de fer, boulons, tôles ondulées.


Ce monde extraordinaire, animé grâce à un moteur électrique, veillé par une tour Eiffel en acacia haute de 23 m, informe sur son créateur. Au bal, les personnages évoluent par couple. Mais Pierre, célibataire en raison de son handicap, s’est représenté dansant…

L’univers poétique et foisonnant de la Fabuloserie

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C’est l’un des joyaux de ce lieu fantastique. Une pièce ingénieuse créée par un adulte facétieux. Au fond du jardin, derrière l’étang ombragé de saules pleureurs, le manège de Pierre Avezard, dit Petit Pierre, épate les visiteurs. L’ancien gardien vacher de la région d’Orléans, « né avec une malformation congénitale », un oeil quasi fermé mais l’autre malicieux, a construit dans sa ferme de la Beauce « une étonnante machine poétique ». Constitué d’une multitude de figurines en fer-blanc, qui tournent sur des carrousels, voltigent dans les airs, ce manège ici reconstitué n’est fait que de matériaux de récupération : tonneaux, chambres à air, fils de fer, boulons, tôles ondulées.


Ce monde extraordinaire, animé grâce à un moteur électrique, veillé par une tour Eiffel en acacia haute de 23 m, informe sur son créateur. Au bal, les personnages évoluent par couple. Mais Pierre, célibataire en raison de son handicap, s’est représenté dansant…

La chauve-souris sous toutes les coutures

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“Souche à virus”, bête légendaire : qui est l’animal qui a mis le monde sous cloche ?


On la dit du côté du diable et des sorcières, on craint qu’elle ne s’accroche aux cheveux… Bien que proches de nous, les chauves-souris ne sont perçues souvent qu’au travers d’un monde d’idées préconçues. C’est peu dire que la désignation de cet animal comme réservoir à virus du Sars-CoV-2 mais aussi des différentes épidémies qui parcourent le globe depuis le début des années 2000, ne va pas aider à rétablir sa réputation négative. Pourtant, ce chiroptère gagne à être connu, ne serait-ce que pour ses caractéristiques assez exceptionnelles. Le point avec le concours d’experts scientifiques.


1. Les chauves-souris sont-elles des réservoirs à virus ?


« Incontestablement, répond avec franchise Jean-François Julien, chiroptérologue au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. Même si dans la longue histoire des zoonoses, elles ne viennent qu’en troisième position derrière les bovins et animaux domestiques, puis les rongeurs (rats, souris…), les chauves-souris ont un taux de portage du coronavirus estimé à 10 % dans les espèces testées. » Pour ce naturaliste qui les observe en France et dans le monde depuis plus de 30 ans, il y a trois raisons essentielles à cela : « D’abord leur proximité avec l’homme, ensuite celle avec le reste du monde animal, et enfin leur caractère grégaire. Ce sont des êtres sociaux qui vivent groupés et ont une forte tendance à se disperser un peu partout. »


Et c’est ainsi que, depuis le début du XXe siècle, la liste des épidémies causées par ces petits mammifères volants, notamment en raison du commerce d’espèces sauvages – car pour être transmis à l’homme, il faut que le virus transite de la chauve-souris à l’homme par une seconde espèce réservoir – commence à être longue : le Sars-CoV-1 en 2003 (chauve-souris + civette), le Mers-CoV en 2012 (chauve-souris + dromadaire) et enfin, le Sars-CoV-2 (chauve-souris + pangolin ?).


2. Quel est leur nombre exact et sont-elles en voie d’extinction ?


Même si elles se comptent en millions, il est presque impossible de les évaluer précisément. « Il y a deux ans, fait remarquer Jean-François Julien, je vous aurais répondu entre 1300 et 1350 espèces dans le monde, dont 35 en France métropolitaine. Aujourd’hui, je vous dirais davantage : 1500 au moins, soit un quart des mammifères connus, car on en découvre de nouvelles tous les ans. » Leur poids et leur taille peuvent aller ainsi de 2 g et 2,8 cm, pour la minuscule chauve-souris bourdon de Thaïlande, à plus de 1kg et 1,50m d’envergure, pour le spectaculaire renard volant des Philippines !


Pourtant, leur présence est de plus en plus menacée dans plusieurs endroits du globe. En Afrique et en Asie, par la déforestation, en Amérique du Nord, par une maladie dite du syndrome du museau blanc (un champignon qui s’attaque au métabolisme de l’animal) et en France et en Europe, par l’érosion de la biodiversité. Ainsi une étude récente de sciences participatives menée sous l’égide du Muséum national d’histoire naturelle a montré une diminution de 30% des espèces communes de chauves-souris en 10 ans en France. Plusieurs raisons à cela : l’impact du réseau autoroutier, les éoliennes, la pollution lumineuse, l’usage des pesticides en agriculture.


3. Sont-elles dangereuses ?


« La légende selon laquelle elle s’accrocherait à nos cheveux, est une pure invention, constate Jean-François Julien. Si vous faites allusion au fait que certaines d’entre elles sont hématophages (buveuses de sang), en clair, des vampires, il en existe trois espèces qu’on ne trouve qu’en Amérique du Sud : Mexique, Argentine et Brésil. Mais il est vrai que là-bas, en raison de la déforestation, elles pullulent. Elles puisent beaucoup de sang dans le bétail. » Et des chercheurs brésiliens redoutent même qu’elles puissent un jour s’attaquer à l’homme et lui transmettre la rage.


4. Faut-il les éradiquer ?


En Chine et même au Pérou, on a vu récemment des communautés villageoises, effrayées par la propagation coronavirus Sars-CoV2, se livrer à des destructions massives de chauves-souris, notamment dans des grottes où elles logeaient. « Généraliser de tels comportements, ce serait jouer aux apprentis sorciers. Comme on l’avait fait au temps de la rage avec les renards, pointe sans hésiter Jean-François Julien. Car, au lieu de résoudre un problème, vous créez un déséquilibre dans les écosystèmes. » Ainsi, leur mode d’alimentation permet à la fois de réguler la présence de nombreux moustiques – porteurs, eux aussi, de maladies infectieuses – et de diminuer les parasites présents dans certaines cultures agricoles. D’ailleurs, en France, elles sont placées sous la loi de protection de la nature du 10 juillet 1976, complété par un arrêté ministériel de 2007, qui interdit de les capturer, les sanctions pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15.000€ d’amende.


L’écologue Serge Morand, chercheur du CNRS qui vit en Asie du Sud-Est, apporte une autre grille de compréhension : « Un pays riche en biodiversité peut être riche aussi en maladies infectieuses. Mais attention, la destruction de la biodiversité augmente les risques de pandémie. Si on se livre à la déforestation ou si on urbanise trop, les animaux sauvages perdent leur habitat et cela favorise leurs contacts avec les animaux domestiques et les humains ».


C’est ce qui était déjà arrivé avec le virus Nipah en 1998 en Malaisie, où, rappelle-t-il, l’habitat des chauves-souris avait été détruit pour permettre des plantations de palmiers à huile. Poussant les chauves-souris à migrer près des villages où elles avaient contaminé des cochons d’élevage destinés à l’exportation, diffusant ainsi une épidémie jusqu’à Singapour… Et nos deux écologues de tomber d’accord sur la vraie solution : « Intensifier la surveillance sanitaire, et cela au niveau mondial. » Comme dans le système préconisé par le concept One World, One Health (« Un seul monde, une seule santé ») où médecins, vétérinaires et écologues travailleraient enfin de concert.


5. Qu’ont-elles à nous apprendre ?


Depuis 2017, un consortium universitaire baptisé Bat-1K cherche à mieux comprendre le système immunitaire et la résistance au vieillissement des chauves-souris. Ainsi, grâce à un baguage, on a appris récemment qu’une chauve-souris pesant à peine 7 g pouvait vivre jusqu’à 41 ans ! D’où les grands espoirs d’Éric Petit, chercheur à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) de Rennes et membre du groupe chiroptères à l’association Bretagne vivante, qui suit de près les travaux du consortium Bat-1K menés et initiés par sa collègue irlandaise Emma Teeling, de l’université de Dublin.


« L’objet est d’arriver à un séquençage des génomes de toutes les espèces connues de chauves-souris, d’où le nom de Bat – « chauve-souris », en anglais – et de 1K comme one thousand, c’est-à-dire un millier d’espèces, explique-t-il. Décrites comme des réservoirs à virus, les chauves-souris sont aussi des mammifères qui ont développé un système immunitaire leur permettant de résister à de très nombreux virus et microparasites. D’après les premières observations du consortium, elles généreraient une sorte de mécanisme cellulaire permanent qui les aiderait à combattre l’inflammation et ainsi de vivre longtemps et en bonne santé. Le Graal de la santé humaine. » Aussi, une fois passée la phase aiguë de la pandémie due au Sars-CoV-2, tous ces chercheurs espèrent que les peurs anciennes ou nouvelles suscitées par les chauves-souris s’estomperont et laisseront place à la fois à une meilleure connaissance de ce petit mammifère volant et surtout de son utilité écologique. Et Éric Petit de conclure : « Leur véritable ennemi, c’est l’ignorance. »


À consulter

La SFEPM. Le site de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères : www.sfepm.org

Les merveilles sous-marines de la côte Vermeille

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Le port de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) s’éloigne doucement, la houle faiblit un peu, et le sourd vrombissement du moteur couvre à peine le claquement des vagues sur la coque. Bordé à gauche par le bleu profond de la Méditerranée et à droite par la côte rocheuse qui marque l’extrémité des Pyrénées, le paysage se découvre lentement, sous un ciel sans nuage. Le bateau ne dépasse pas 8 noeuds, soit 15 km/h, la limite de vitesse fixée dans la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls. Les agents Jean-François Planque et Didier Fioramonti partent pour leur tournée d’observation quotidienne.


La première réserve marine de France a été créée en 1974, à l’initiative de biologistes, de plongeurs et de pêcheurs artisanaux inquiets de voir les ressources de la mer s’effondrer à cause de la généralisation des activités de plaisance et le développement de la pêche intensive. Plutôt qu’une mise sous cloche, il a été choisi, dans les 650 ha de mer de la réserve, qui s’étend jusqu’à 2 km du rivage, de concilier activités humaines et préservation du milieu naturel. Avec succès : « Nous avons obtenu trois distinctions internationales, dont le statut de Refuge mondial pour la mer, explique Jean-François Planque. Mais aussi l’inscription sur la liste verte de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), pour la qualité du travail que nous menons avec les pêcheurs et les plaisanciers. C’est une réserve d’État, mais l’évolution de la réglementation se fait avec les usagers eux-mêmes. » Jean-François salue le bateau d’une autre équipe, attelée à installer les 29 bouées d’amarrage qui évitent les dégâts causés par les ancres et limitent la fréquentation des lieux.


« Les poissons viennent nous voir »


Passé l’anse du Pin parasol, notre objectif se découvre : protégée de la tramontane par une haute falaise, chauffée au doux soleil de cette fin de printemps, l’eau du sentier sous-marin est calme et accueillante. Accessible depuis la mer ou la plage de Peyrefite, entre Banyuls et Cerbère, ce sentier est une curiosité locale particulièrement courue. Ou plutôt nagée ! Il permet d’appréhender la réserve dans sa diversité : sur 250 m de long et 50 m de large, matérialisé par des bouées, on y découvre cinq milieux typiques des fonds de la côte Vermeille, et surtout leurs habitants. « La chasse sous-marine étant interdite, les poissons n’ont pas peur de l’homme, explique Didier Fioramonti, qui guide gratuitement les vacanciers sur le sentier tout au long de l’été. Les plongeurs qui viennent d’ailleurs nous disent qu’ils n’ont jamais vu ça. Ici, on peut voir ce que fait la nature quand on la protège. »


À chacune des cinq stations du sentier, des panneaux immergés rappellent les espèces végétales et animales de chaque milieu, mais aussi les consignes de base. « On ne crie pas, on ne s’agite pas, et les poissons vont venir nous voir, assure notre guide en chaussant de longues palmes. Il ne faut pas non plus retourner les cailloux, pour ne pas perturber le développement des végétaux et des petits poissons qui se cachent en dessous. » Le plongeur, lesté d’une ceinture de 7 kg, masque et tuba sur la tête, se laisse glisser dans l’eau depuis le bateau et nous invite à le suivre. Cinq mètres plus bas, le fond est tapissé de posidonie, une herbe marine endémique de méditerranée, qui occupe 25% de la réserve. Ses feuilles, qui peuvent atteindre jusqu’à 1 m, agissent comme un poumon marin, stockant le gaz carbonique et libérant de grandes quantités d’oxygène. Elles hébergent également de nombreux poissons, qui s’y réfugient pour se reproduire et mettre leurs rejetons à l’abri.

DIDIER FIORAMONTI
DIDIER FIORAMONTI


Après un signe de la main pour capter notre attention, Didier descend en apnée. L’eau se remplit de discrets claquements de bouche émis par le plongeur. Immédiatement, une nuée de poissons curieux l’entoure. Au milieu des petites oblades, reconnaissables à leur tache noire sur la queue, une daurade royale de 50 cm passe d’un air sérieux, faisant miroiter ses écailles argentées dans un rayon de soleil. « C’est une eau très riche, nourrie par les courants marins et les alluvions des Pyrénées, indique le guide une fois revenu à la surface. On y trouve toute la chaîne alimentaire. » Après quelques coups de palmes, un nouveau milieu se découvre, composé de gros blocs de pierre et de crevasses profondes. Un corb glisse entre les rochers, suivi par un énorme mérou. Ce dernier est l’un des 608 relevés au dernier comptage, contre une dizaine il y a 40 ans. L’avenir de cette espèce protégée s’éclaircit dans les eaux de la côte Vermeille. Comme celui des 1 200 espèces animales et 500 espèces végétales recensées dans la réserve.


Un répit total pour la nature


Jean-François et Didier ont aujourd’hui une mission de la plus haute importance : redonner sa liberté à une grande cigale de mer, une espèce protégée. C’est l’un des trois derniers pêcheurs artisanaux de Banyuls qui l’a retrouvée dans ses casiers à langoustes et à homards et qui l’a confiée de bon coeur aux agents. L’endroit idéal pour la relâcher se situe à quelques centaines de mètres du sentier marin, au coeur de la réserve : la zone de protection renforcée, qui baigne le cap Rederis, offre 65 ha de répit total au milieu naturel. La pêche y est totalement interdite, comme la plongée et le mouillage.


Le moteur éteint, les vagues et les oiseaux marins remplissent l’espace sonore. Jean-François Planque lâche la barre pour ouvrir un vivier à l’arrière du bateau. Le crustacé de près de 30 cm y agite ses antennes. Penché par-dessus bord, l’agent pose délicatement l’animal à la surface de l’eau, pour le laisser rejoindre le fond. « Les gens pensent que dans la zone de protection renforcée il y a un trésor, mais il est partout, le trésor !, s’amuse Didier. Ici tout est protégé. Même sur le sentier, il n’y a qu’un mois et demi de dérangement par an, c’est peu. » Sous la surveillance quotidienne de ses agents, qui ont la compétence de police de l’environnement, la réserve sert de nurserie à une zone bien plus vaste : « On trouve maintenant des mérous et des larves de corail rouge jusqu’en Espagne, se réjouit Didier. La richesse de la réserve se diffuse. »


Préparer sa visite

Depuis Perpignan, prendre la voie rapide direction Argelès (N114), puis la route côtière D914.

L’accès au sentier marin, gratuit, se fait depuis la plage de Peyrefite. Pour l’observation, prévoir un masque ; tuba et palmes conseillés.

Le sentier est matérialisé et placé sous la surveillance d’un maître-nageur du 1er juillet au 31 août, de 11h à 19h. Vous n’avez pied que jusqu’à la première des cinq stations, le reste est ainsi déconseillé aux nageurs débutants.


Gardons nos réserves

Dans le périmètre de la réserve, les navires de plaisance doivent s’amarrer à l’une des bouées blanches, respecter les limitations de vitesse et garder leurs distances avec les navires de plongée et de pêche professionnelle. La pêche à la ligne est soumise à autorisation, comme la plongée sous-marine. Informations et demandes d’autorisation sur le site : www.ledepartement66.fr

Dans le Jura, au chevet de la faune sauvage

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L’Étoile, cette commune du Jura de 600 âmes où nous avons rendez-vous, doit son nom aux cinq collines recouvertes de vignes qui l’entourent, formant des branches rappelant un astre. Elle constitue une des appellations majeures de l’AOC jurassienne. C’est au bout d’un chemin surplombant le village que se loge le centre Athénas, structure spécialisée dans l’accueil et la sauvegarde de la faune sauvage. Gilles Moyne, son directeur et notre guide, nous y accueille vêtu d’un tee-shirt floqué du logo du centre, représentant un lynx. « Au départ, nous avions choisi comme animal la chouette, mais depuis que les lynx ont été réintroduits de l’autre côté de la frontière helvète dans les années 1970 et que nous sommes régulièrement amenés à en recueillir, il est devenu notre emblème », explique ce passionné d’animaux, cofondateur du lieu en 1987.


L’accueil d’oiseaux blessés


Il nous emboîte le pas vers le local principal, un bâtiment en Algeco où le premier nourrissage des plus jeunes animaux vient d’être assuré par ses trois collaboratrices. Nous y retrouvons Lorane Mouzon-Moyne. Salariée et, comme Gilles Moyne, « capacitaire » (titulaire du certificat de capacité pour l’entretien des animaux délivré par la préfecture), elle est en train de former deux jeunes filles en service civique à reconnaître les différentes espèces et elle assure leur suivi.


Au sol, sous la table d’opération située au centre de la pièce, s’amoncellent une vingtaine de cartons scellés. À l’intérieur, de nouveaux animaux, notamment des oiseaux, en attente de soin. « En ce moment, nous en recevons une vingtaine par jour. C’est la période la plus dense de l’année, de début mai jusqu’à mi-août ; ce qui concorde avec la période de reproduction », précise le directeur. Durant la dernière décennie, leur nombre a doublé, passant de 1500 à 3000 par an, ce qui fait d’Athénas l’un des plus gros centres de recueil de la faune sauvage en France. « Nous intervenons sur 11 départements, dans l’Ain et la région Bourgogne-Franche-Comté, grâce à une équipe de 200 correspondants bénévoles, formés par nous, qui assurent les premiers soins sur le terrain et, si nécessaire, l’acheminement des animaux vers le centre », précise Gilles Moyne. De l’une des boîtes s’élèvent des cris stridents semblables à une alarme : « Je pense que c’est un pic épeiche, écoutez comme ses cris sont rapprochés, c’est parce qu’elle a peur », indique le directeur. Il nous précise que cet oiseau, dont ils ont reçu plusieurs spécimens, a pour particularité de nicher dans les cavités, ce qui en fait un habitué des forêts jurassiennes.


(…)

Collecter les souvenirs des anciens pour tisser un lien entre les générations

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« Le 28 mai 1944, c’étaient les derniers bombardements à Nantes. La maison que nous habitions n’était plus qu’un tas de pierres et de cailloux ! » La voix d’Annick Giraud, 89 ans, est vive et dynamique à l’évocation de ses souvenirs vieux de 75 ans, toujours bien frais dans sa mémoire. Ses récits de jeune Nantaise en temps de guerre sont disponibles gratuitement sur le site internet de l’association Globe conteur. Créée en 2017, elle oeuvre à la transmission de l’histoire populaire entre les générations en effectuant la collecte de récits de vie par audio, vidéo ou écrit ; elle redonne ainsi aux aînés une place centrale dans la société. 


Comme Annick, 120 autres « globeconteurs » dans toute la France racontent les pensionnats de filles et de garçons, la pêche à la bernique ou la liesse à la Libération. « Cela permet de comprendre la grande Histoire à travers les anecdotes individuelles, explique Cédric Jolivet, coordinateur de l’association. Il s’agit aussi d’offrir un temps d’écoute et de partage unique pour les seniors comme pour les collecteurs bénévoles. » Menant habituellement des actions de sensibilisation sur le terrain, notamment auprès d’écoles et d’Éhpad, Globe conteur a dû s’adapter en temps de confinement. En partenariat avec l’association nantaise Manou Partages, qui entretient le lien social entre les générations, des bénévoles ont contacté des personnes âgées isolées désirant confier des bribes de leur mémoire par téléphone. 


Emmanuelle Cerveau, professeure d’histoire-géographie de 50 ans, avait déjà collecté plusieurs récits depuis l’automne dernier, après avoir suivi un parcours de formation à l’écoute, mais aussi aux procédés techniques d’enregistrement audio : « Durant cette période de confinement, je souhaitais poursuivre mon engagement autrement. » Depuis mi-avril, Emmanuelle appelle donc Annick une fois par semaine et consigne sa mémoire, au gré de ses envies. « Pour moi, c’est une échappatoire, explique la volubile octogénaire. Raconter toutes ces histoires m’apporte une bouffée d’air pur, je suis toute guillerette après ! »


CÉDRIC JOLIVET, coordinateur  de Globe conteur : « Nous souhaitons régénérer  la place de l’écoute dans la société. »


ANNICK GIRAUD, conteuse : « Je raconte à  Emmanuelle ma scolarité, mon travail, l’après-guerre… en fonction de ce qui vient sur le moment ! »


EMMANUELLE CERVEAU, collectrice : « Ces  anecdotes font découvrir l’histoire autrement,  celle que l’on peut qualifier de souterraine. » 


À savoir

Pour découvrir les récits de vie de Globe conteur et devenir collecteur : globeconteur.org




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