Suppression des cotisations familiales, qu’est-ce que ça change ?

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1. Les cotisations familiales, qu’est-ce que c’est ?

Lorsqu’un employeur paie un salaire, il doit également s’acquitter de charges patronales. Dans les faits, un employeur paie pour son salarié environ 1,4 fois plus que le salaire brut. Sur cette somme, 5,4% sont des cotisations familiales. Ces ressources sont utilisées pour financer plus de 60% des prestations familiales : allocations familiales, complément familial versé sous conditions de ressources aux parents de trois enfants et plus, allocation de soutien pour familles monoparentales, allocation de rentrée scolaire, prestations d’accueil du jeune enfant telles que prime à la naissance ou complément de mode de garde, complément de libre choix d’activité pour les congés parentaux…

Les autres ressources de la branche famille sont de type fiscal : la contribution sociale généralisée (qui pèse notamment sur les salaires) représente 19% du financement de la branche. Le restant provient principalement de divers impôts et taxes (droits sur le tabac et les alcools, contribution sur les primes d’assurance automobile, taxe sur les salaires, prélèvement sur les revenus du capital).

2.  Quel impact aura cette suppression de charge pour les entreprises ?

En supprimant, d’ici 2017, les cotisations familiales pour les entreprises et les travailleurs indépendants, l’objectif affiché du président de la République est de « poursuivre l’allègement du coût du travail » et de favoriser l’investissement et l’embauche des entreprises. Il souhaite alléger leurs charges patronales, afin qu’elles disposent de plus d’argent pour employer plus de personnes ou investir dans de nouveaux moyens de production. François Hollande a chiffré ces diminutions de charges à 30 milliards d’euros, « en contrepartie des emplois qui seront créés ». Pour les entreprises, c’est évidemment une excellente nouvelle. Elles pourront restaurer leur taux de marge, dont « tout le monde sait qu’il est le plus bas de son histoire », a dit le président, avant de rajouter que c’est ce taux « qui permet de financer l’investissement ». Pour rappel, chaque employeur a à sa charge des cotisations familiales de 5,4%. Des économies pour l’entreprise, donc, pour l’inciter à embaucher, mais pas de gain supplémentaire pour le salarié.

3. La baisse du coût du travail permettra-t-elle de créer des emplois ?

La mesure pourrait générer un million d’embauches selon Pierre Gattaz, le patron du Medef, qui la réclamait depuis longtemps. Rien n’est moins sûr. Que ce soit les allègements dits Fillon, qui prévoient des baisses de charges dégressives sur les salaires compris entre 1 et 1,6 Smic ou les crédits d’impôt en faveur de la recherche ou de la compétitivité et de l’emploi, aucun chiffrage sérieux des emplois créés grâce à ces dispositifs n’a été réalisé. Pour les entreprises, toujours dans l’incertitude quant aux perspectives de demande, la tentation reste d’utiliser ces baisses du coût du travail pour reconstituer leurs marges plutôt que pour embaucher.

4.  Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il ciblé les cotisations familiales ?

Pour François Hollande, il n’est plus possible que les ressources de la branche famille proviennent aux deux tiers des cotisations des employeurs alors que les prestations familiales profitent à tous les enfants, que les parents soient salariés d’entreprises cotisantes ou non. Il s’agit pour lui d’une « nouvelle méthode » : « Plutôt que de faire des coupes budgétaires aveugles, indifférenciées et donc injustes, je propose de mener des réformes structurelles et de redéfinir les principales missions de l’État, de revoir nos mécanismes de redistribution pour les rendre plus justes, plus écologiques et plus efficaces ».

5. Comment cette baisse va-t-elle s’organiser ?

Dans son propos liminaire, le chef de l’Etat a rappelé que ce processus avait été engagé en novembre 2012 avec le Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) qui se traduira cette année déjà par une baisse de charges représentant 4% de la masse salariale, et 6% en 2015.

Le chiffre de 30 milliards annoncé par François Hollande inclut donc ce Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), qui permet déjà d’économiser 20 milliards par an. Or, le Cice est censé prendre fin en 2015, et des discussions avec les partenaires sociaux permettront – ou pas – de le renouveler. En cas de renouvellement du Cice, il y aura donc bien un allègement de 30 milliards (20 milliards imputables au crédit d’impôt, plus 10 milliards de cotisations). Si le Cice n’est pas renouvelé, l’allègement pourrait n’être plus que de 10 milliards.

6. Qui va payer pour la branche famille ?

Interrogé à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse sur le financement, François Hollande a martelé : « Il n’y a aucun risque pour les droits sociaux. » Il n’est pas question pour François Hollande de supprimer les prestations familiales. Il va donc falloir trouver de l’argent pour combler ce manque à gagner. Oo alors tailler quelque part. Là-dessus, le chef de l’Etat est resté on ne peut plus flou. La baisse sera compensée par des économies réalisées sur la dépense publique. On se dirigerait donc vers une nouvelle diminution des dépenses qu’il va falloir cibler. Le nouveau Conseil stratégique de la dépense, dont la création a été annoncée au cours de cette même conférence de presse, sera chargé de trouver les postes de réduction.

Autre piste annoncée par François Hollande : engager une réflexion non plus seulement sur la branche famille, mais sur « le mode de financement de la protection sociale » dans sa totalité. En tout état de cause, une hausse des impôts semble exclue pour le moment, tout comme comme un relèvement de la CSG ou de la TVA. François Hollande a assuré qu’il n’y aura pas de « transfert de charges des entreprises vers les ménages » sans toutefois détailler sa feuille de route. En revanche, la baisse des cotisations devrait augmenter le résultat imposable des entreprises, débouchant sur un surcroit d’impôt sur les sociétés.

7. Comment réagissent les associations familiales ?

Mal, très mal. Certaines s’inquiètent de la pérennité du nouveau système, d’autres sont franchement en colère. Dans un communiqué publié le 15 janvier, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) se demande « comment seront compensés les milliards de perte de recettes pour la branche famille, déjà en déficit », estimant que « les entreprises bénéficient de la politique familiale » qui « permet aux salariés de mieux concilier leur activité professionnelle avec leur vie familiale ».

Pour l’Union des familles laïques (Ufal), « cette décision sans précédent comporte des risques économiques et politiques considérables (…) Cet allègement devra être compensé par un nouveau mouvement d’économies drastiques sur les dépenses sociales qui affecteront les familles déjà fortement fragilisées par la crise. » Très sévère, le Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal) estime que le Président de la République dilapide l’héritage du Conseil national de la résistance, le financement de la branche famille ayant été mis en place après la Guerre comme une sorte de « salaire différé ».

C’est aussi l’avis des Associations familiales catholiques (AFC), pour qui « les annonces faites par le président de la République perpétuent une vision de la politique familiale comme une charge pour les entreprises, et remettent en cause le principe d’universalité des allocations familiales. »

8. Quel est le calendrier de cette mesure ?

A la suite des vœux de François Hollande aux partenaires sociaux mardi prochain, patrons et syndicats seront reçus par le Premier ministre. Le Haut conseil du financement de la protection sociale rendra ensuite un premier rapport à la fin du mois de février et un définitif au mois de mai. « Une loi de programmation de nos finances publiques et sociales sur la période 2015-2017 » sera votée à l’automne. Elle sera en cohérence avec ce qui sera décidé dans le cadre du pacte de responsabilité, officiellement lancé le 21 janvier, mais aussi de la remise à plat de la fiscalité promise par Jean-Marc Ayrault.

Suppression des cotisations familiales, qu’est-ce que ça change ?

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1. Les cotisations familiales, qu’est-ce que c’est ?

Lorsqu’un employeur paie un salaire, il doit également s’acquitter de charges patronales. Dans les faits, un employeur paie pour son salarié environ 1,4 fois plus que le salaire brut. Sur cette somme, 5,4% sont des cotisations familiales. Ces ressources sont utilisées pour financer plus de 60% des prestations familiales : allocations familiales, complément familial versé sous conditions de ressources aux parents de trois enfants et plus, allocation de soutien pour familles monoparentales, allocation de rentrée scolaire, prestations d’accueil du jeune enfant telles que prime à la naissance ou complément de mode de garde, complément de libre choix d’activité pour les congés parentaux…

Les autres ressources de la branche famille sont de type fiscal : la contribution sociale généralisée (qui pèse notamment sur les salaires) représente 19% du financement de la branche. Le restant provient principalement de divers impôts et taxes (droits sur le tabac et les alcools, contribution sur les primes d’assurance automobile, taxe sur les salaires, prélèvement sur les revenus du capital).

2.  Quel impact aura cette suppression de charge pour les entreprises ?

En supprimant, d’ici 2017, les cotisations familiales pour les entreprises et les travailleurs indépendants, l’objectif affiché du président de la République est de « poursuivre l’allègement du coût du travail » et de favoriser l’investissement et l’embauche des entreprises. Il souhaite alléger leurs charges patronales, afin qu’elles disposent de plus d’argent pour employer plus de personnes ou investir dans de nouveaux moyens de production. François Hollande a chiffré ces diminutions de charges à 30 milliards d’euros, « en contrepartie des emplois qui seront créés ». Pour les entreprises, c’est évidemment une excellente nouvelle. Elles pourront restaurer leur taux de marge, dont « tout le monde sait qu’il est le plus bas de son histoire », a dit le président, avant de rajouter que c’est ce taux « qui permet de financer l’investissement ». Pour rappel, chaque employeur a à sa charge des cotisations familiales de 5,4%. Des économies pour l’entreprise, donc, pour l’inciter à embaucher, mais pas de gain supplémentaire pour le salarié.

3. La baisse du coût du travail permettra-t-elle de créer des emplois ?

La mesure pourrait générer un million d’embauches selon Pierre Gattaz, le patron du Medef, qui la réclamait depuis longtemps. Rien n’est moins sûr. Que ce soit les allègements dits Fillon, qui prévoient des baisses de charges dégressives sur les salaires compris entre 1 et 1,6 Smic ou les crédits d’impôt en faveur de la recherche ou de la compétitivité et de l’emploi, aucun chiffrage sérieux des emplois créés grâce à ces dispositifs n’a été réalisé. Pour les entreprises, toujours dans l’incertitude quant aux perspectives de demande, la tentation reste d’utiliser ces baisses du coût du travail pour reconstituer leurs marges plutôt que pour embaucher.

4.  Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il ciblé les cotisations familiales ?

Pour François Hollande, il n’est plus possible que les ressources de la branche famille proviennent aux deux tiers des cotisations des employeurs alors que les prestations familiales profitent à tous les enfants, que les parents soient salariés d’entreprises cotisantes ou non. Il s’agit pour lui d’une « nouvelle méthode » : « Plutôt que de faire des coupes budgétaires aveugles, indifférenciées et donc injustes, je propose de mener des réformes structurelles et de redéfinir les principales missions de l’État, de revoir nos mécanismes de redistribution pour les rendre plus justes, plus écologiques et plus efficaces ».

5. Comment cette baisse va-t-elle s’organiser ?

Dans son propos liminaire, le chef de l’Etat a rappelé que ce processus avait été engagé en novembre 2012 avec le Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) qui se traduira cette année déjà par une baisse de charges représentant 4% de la masse salariale, et 6% en 2015.

Le chiffre de 30 milliards annoncé par François Hollande inclut donc ce Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), qui permet déjà d’économiser 20 milliards par an. Or, le Cice est censé prendre fin en 2015, et des discussions avec les partenaires sociaux permettront – ou pas – de le renouveler. En cas de renouvellement du Cice, il y aura donc bien un allègement de 30 milliards (20 milliards imputables au crédit d’impôt, plus 10 milliards de cotisations). Si le Cice n’est pas renouvelé, l’allègement pourrait n’être plus que de 10 milliards.

6. Qui va payer pour la branche famille ?

Interrogé à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse sur le financement, François Hollande a martelé : « Il n’y a aucun risque pour les droits sociaux. » Il n’est pas question pour François Hollande de supprimer les prestations familiales. Il va donc falloir trouver de l’argent pour combler ce manque à gagner. Oo alors tailler quelque part. Là-dessus, le chef de l’Etat est resté on ne peut plus flou. La baisse sera compensée par des économies réalisées sur la dépense publique. On se dirigerait donc vers une nouvelle diminution des dépenses qu’il va falloir cibler. Le nouveau Conseil stratégique de la dépense, dont la création a été annoncée au cours de cette même conférence de presse, sera chargé de trouver les postes de réduction.

Autre piste annoncée par François Hollande : engager une réflexion non plus seulement sur la branche famille, mais sur « le mode de financement de la protection sociale » dans sa totalité. En tout état de cause, une hausse des impôts semble exclue pour le moment, tout comme comme un relèvement de la CSG ou de la TVA. François Hollande a assuré qu’il n’y aura pas de « transfert de charges des entreprises vers les ménages » sans toutefois détailler sa feuille de route. En revanche, la baisse des cotisations devrait augmenter le résultat imposable des entreprises, débouchant sur un surcroit d’impôt sur les sociétés.

7. Comment réagissent les associations familiales ?

Mal, très mal. Certaines s’inquiètent de la pérennité du nouveau système, d’autres sont franchement en colère. Dans un communiqué publié le 15 janvier, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) se demande « comment seront compensés les milliards de perte de recettes pour la branche famille, déjà en déficit », estimant que « les entreprises bénéficient de la politique familiale » qui « permet aux salariés de mieux concilier leur activité professionnelle avec leur vie familiale ».

Pour l’Union des familles laïques (Ufal), « cette décision sans précédent comporte des risques économiques et politiques considérables (…) Cet allègement devra être compensé par un nouveau mouvement d’économies drastiques sur les dépenses sociales qui affecteront les familles déjà fortement fragilisées par la crise. » Très sévère, le Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal) estime que le Président de la République dilapide l’héritage du Conseil national de la résistance, le financement de la branche famille ayant été mis en place après la Guerre comme une sorte de « salaire différé ».

C’est aussi l’avis des Associations familiales catholiques (AFC), pour qui « les annonces faites par le président de la République perpétuent une vision de la politique familiale comme une charge pour les entreprises, et remettent en cause le principe d’universalité des allocations familiales. »

8. Quel est le calendrier de cette mesure ?

A la suite des vœux de François Hollande aux partenaires sociaux mardi prochain, patrons et syndicats seront reçus par le Premier ministre. Le Haut conseil du financement de la protection sociale rendra ensuite un premier rapport à la fin du mois de février et un définitif au mois de mai. « Une loi de programmation de nos finances publiques et sociales sur la période 2015-2017 » sera votée à l’automne. Elle sera en cohérence avec ce qui sera décidé dans le cadre du pacte de responsabilité, officiellement lancé le 21 janvier, mais aussi de la remise à plat de la fiscalité promise par Jean-Marc Ayrault.

Suppression des cotisations familiales, qu’est-ce que ça change ?

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1. Les cotisations familiales, qu’est-ce que c’est ?

Lorsqu’un employeur paie un salaire, il doit également s’acquitter de charges patronales. Dans les faits, un employeur paie pour son salarié environ 1,4 fois plus que le salaire brut. Sur cette somme, 5,4% sont des cotisations familiales. Ces ressources sont utilisées pour financer plus de 60% des prestations familiales : allocations familiales, complément familial versé sous conditions de ressources aux parents de trois enfants et plus, allocation de soutien pour familles monoparentales, allocation de rentrée scolaire, prestations d’accueil du jeune enfant telles que prime à la naissance ou complément de mode de garde, complément de libre choix d’activité pour les congés parentaux…

Les autres ressources de la branche famille sont de type fiscal : la contribution sociale généralisée (qui pèse notamment sur les salaires) représente 19% du financement de la branche. Le restant provient principalement de divers impôts et taxes (droits sur le tabac et les alcools, contribution sur les primes d’assurance automobile, taxe sur les salaires, prélèvement sur les revenus du capital).

2.  Quel impact aura cette suppression de charge pour les entreprises ?

En supprimant, d’ici 2017, les cotisations familiales pour les entreprises et les travailleurs indépendants, l’objectif affiché du président de la République est de « poursuivre l’allègement du coût du travail » et de favoriser l’investissement et l’embauche des entreprises. Il souhaite alléger leurs charges patronales, afin qu’elles disposent de plus d’argent pour employer plus de personnes ou investir dans de nouveaux moyens de production. François Hollande a chiffré ces diminutions de charges à 30 milliards d’euros, « en contrepartie des emplois qui seront créés ». Pour les entreprises, c’est évidemment une excellente nouvelle. Elles pourront restaurer leur taux de marge, dont « tout le monde sait qu’il est le plus bas de son histoire », a dit le président, avant de rajouter que c’est ce taux « qui permet de financer l’investissement ». Pour rappel, chaque employeur a à sa charge des cotisations familiales de 5,4%. Des économies pour l’entreprise, donc, pour l’inciter à embaucher, mais pas de gain supplémentaire pour le salarié.

3. La baisse du coût du travail permettra-t-elle de créer des emplois ?

La mesure pourrait générer un million d’embauches selon Pierre Gattaz, le patron du Medef, qui la réclamait depuis longtemps. Rien n’est moins sûr. Que ce soit les allègements dits Fillon, qui prévoient des baisses de charges dégressives sur les salaires compris entre 1 et 1,6 Smic ou les crédits d’impôt en faveur de la recherche ou de la compétitivité et de l’emploi, aucun chiffrage sérieux des emplois créés grâce à ces dispositifs n’a été réalisé. Pour les entreprises, toujours dans l’incertitude quant aux perspectives de demande, la tentation reste d’utiliser ces baisses du coût du travail pour reconstituer leurs marges plutôt que pour embaucher.

4.  Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il ciblé les cotisations familiales ?

Pour François Hollande, il n’est plus possible que les ressources de la branche famille proviennent aux deux tiers des cotisations des employeurs alors que les prestations familiales profitent à tous les enfants, que les parents soient salariés d’entreprises cotisantes ou non. Il s’agit pour lui d’une « nouvelle méthode » : « Plutôt que de faire des coupes budgétaires aveugles, indifférenciées et donc injustes, je propose de mener des réformes structurelles et de redéfinir les principales missions de l’État, de revoir nos mécanismes de redistribution pour les rendre plus justes, plus écologiques et plus efficaces ».

5. Comment cette baisse va-t-elle s’organiser ?

Dans son propos liminaire, le chef de l’Etat a rappelé que ce processus avait été engagé en novembre 2012 avec le Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) qui se traduira cette année déjà par une baisse de charges représentant 4% de la masse salariale, et 6% en 2015.

Le chiffre de 30 milliards annoncé par François Hollande inclut donc ce Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), qui permet déjà d’économiser 20 milliards par an. Or, le Cice est censé prendre fin en 2015, et des discussions avec les partenaires sociaux permettront – ou pas – de le renouveler. En cas de renouvellement du Cice, il y aura donc bien un allègement de 30 milliards (20 milliards imputables au crédit d’impôt, plus 10 milliards de cotisations). Si le Cice n’est pas renouvelé, l’allègement pourrait n’être plus que de 10 milliards.

6. Qui va payer pour la branche famille ?

Interrogé à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse sur le financement, François Hollande a martelé : « Il n’y a aucun risque pour les droits sociaux. » Il n’est pas question pour François Hollande de supprimer les prestations familiales. Il va donc falloir trouver de l’argent pour combler ce manque à gagner. Oo alors tailler quelque part. Là-dessus, le chef de l’Etat est resté on ne peut plus flou. La baisse sera compensée par des économies réalisées sur la dépense publique. On se dirigerait donc vers une nouvelle diminution des dépenses qu’il va falloir cibler. Le nouveau Conseil stratégique de la dépense, dont la création a été annoncée au cours de cette même conférence de presse, sera chargé de trouver les postes de réduction.

Autre piste annoncée par François Hollande : engager une réflexion non plus seulement sur la branche famille, mais sur « le mode de financement de la protection sociale » dans sa totalité. En tout état de cause, une hausse des impôts semble exclue pour le moment, tout comme comme un relèvement de la CSG ou de la TVA. François Hollande a assuré qu’il n’y aura pas de « transfert de charges des entreprises vers les ménages » sans toutefois détailler sa feuille de route. En revanche, la baisse des cotisations devrait augmenter le résultat imposable des entreprises, débouchant sur un surcroit d’impôt sur les sociétés.

7. Comment réagissent les associations familiales ?

Mal, très mal. Certaines s’inquiètent de la pérennité du nouveau système, d’autres sont franchement en colère. Dans un communiqué publié le 15 janvier, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) se demande « comment seront compensés les milliards de perte de recettes pour la branche famille, déjà en déficit », estimant que « les entreprises bénéficient de la politique familiale » qui « permet aux salariés de mieux concilier leur activité professionnelle avec leur vie familiale ».

Pour l’Union des familles laïques (Ufal), « cette décision sans précédent comporte des risques économiques et politiques considérables (…) Cet allègement devra être compensé par un nouveau mouvement d’économies drastiques sur les dépenses sociales qui affecteront les familles déjà fortement fragilisées par la crise. » Très sévère, le Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal) estime que le Président de la République dilapide l’héritage du Conseil national de la résistance, le financement de la branche famille ayant été mis en place après la Guerre comme une sorte de « salaire différé ».

C’est aussi l’avis des Associations familiales catholiques (AFC), pour qui « les annonces faites par le président de la République perpétuent une vision de la politique familiale comme une charge pour les entreprises, et remettent en cause le principe d’universalité des allocations familiales. »

8. Quel est le calendrier de cette mesure ?

A la suite des vœux de François Hollande aux partenaires sociaux mardi prochain, patrons et syndicats seront reçus par le Premier ministre. Le Haut conseil du financement de la protection sociale rendra ensuite un premier rapport à la fin du mois de février et un définitif au mois de mai. « Une loi de programmation de nos finances publiques et sociales sur la période 2015-2017 » sera votée à l’automne. Elle sera en cohérence avec ce qui sera décidé dans le cadre du pacte de responsabilité, officiellement lancé le 21 janvier, mais aussi de la remise à plat de la fiscalité promise par Jean-Marc Ayrault.

Admission post-bac : les cinq questions à se poser avant de cliquer

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1) En quoi consiste cette procédure ?

APB est un dispositif de recensement des places disponibles et de coordination. Les futurs bacheliers doivent exprimer leurs vœux par ordre de priorité sur le site admission-postbac.fr entre le 20 janvier et le 20 mars 2014. Durant cette période, il reste possible d’ajouter et de retirer des demandes de filières. L’ordre de préférence peut être modifié jusqu’au 10 juin (soit dix jours de plus que l’an dernier). Chaque élève remplit son dossier en ligne : coordonnées, notes des derniers bulletins si celles-ci ne font pas l’objet d’une « remontée automatique » (il faut se renseigner auprès du lycée), sélection des filières.

Mais attention, ce dispositif ne dispense pas de constituer des dossiers « papiers » pour chacun des vœux (sauf exception, comme pour la première année de licence, ou L1). Avant le 20 mars, il faut donc imprimer la fiche de candidature correspondant à chaque choix. Puis rassembler les documents requis (copies des bulletins, éventuelle lettre de motivation…) et envoyer les dossiers avant le 2 avril. Entre le 6 et le 9 mai, les lycéens pourront vérifier par internet que les établissements destinataires de leur dossier l’ont bien reçu.

2) Mon enfant est-il concerné ?

APB concerne plus de 10 700 formations en France. Notamment les inscriptions à la fac en première année de licence (L1), en institut universitaire de technologie (IUT), en section de technicien supérieur (en vue d’un BTS), en classe prépa, en première année d’études de santé, en écoles d’ingénieurs, de commerce, d’art, etc. Une écrasante majorité de bacheliers en somme. Les formations concernées sont recensées sur le site national : admission-postbac.fr (section « présentation des formations »).

Néanmoins, une quarantaine d’écoles d’ingénieurs post-bac ont leur propre système de gestion des admissions, via le site grandesecoles-postbac.fr (attention, celles que l’on appelle les « grandes écoles » comme Sciences-Po, HEC, Polytechnique, etc., n’en font pas partie !).

D’autres formations comme certaines écoles de commerce post-bac, certaines écoles dans le secteur de l’art, du social et paramédical, de l’hôtellerie et du tourisme, de la gestion et de la comptabilité ou du secrétariat ne passent pas non plus par APB. Renseignez-vous ! Et n’oubliez pas que l’un n’exclut pas l’autre : vous pouvez donc demander des formations par APB, et d’autres en dehors.

3) Comment fonctionnent les admissions ?

Elles se font en trois phases. Les dossiers sont examinés dans tous les établissements demandés (sans tenir compte de l’ordre de préférence). À chaque étape, une seule proposition, la « meilleure » possible, sera faite à l’élève. Lors de la première phase d’admission, tous les établissements demandés par un candidat expriment leur avis. Si le vœu 1 est satisfait, les autres sont annulés (il faut donc bien réfléchir en amont !). Une proposition pour le vœu 2 signifie que le 1 a été rejeté, etc.

Votre enfant n’a pas obtenu de proposition d’admission ? Ce n’est pas grave. Les cartes sont forcément rebattues à l’issue de la première phase. Et, mécaniquement, des places sont remises en jeu. Cette année, la première phase d’admission s’étend du 23 au 27 juin (c’est plus tard que l’an dernier). La deuxième phase, du 4 juillet au 8 juillet. Et la troisième, du 14 au 19 juillet. Reste les formalités d’inscription dans l’école ou l’université choisie (et obtenue !).

4) Et si aucun de ses vœux n’est validé ?

Pour ceux qui n’auraient rien obtenu au cours des trois phases d’admission, il existe une procédure complémentaire, ouverte du 5 juillet au 15 septembre, permettant de postuler aux places vacantes. Les élèves qui attendent toujours les résultats de la troisième phase peuvent aussi y souscrire (au cas où). De même, ceux qui, ayant obtenu une école, souhaitent finalement rejoindre une licence 1 ou l’inverse. Attention, il s’agit d’une solution de rattrapage et en aucun cas d’un délai supplémentaire pour mûrir son projet !

« Autant utiliser les possibilités d’APB et élargir d’emblée ses demandes, conseille Sophie de Tarlé, journaliste à L’Étudiant. Officiellement, on peut solliciter jusqu’à 36 formations (12 au maximum par type de formation) dans son dossier ! Il n’est pas utile d’aller jusque-là, mais deux ou trois vœux ne suffisent pas. »

5) S’il ne sait pas ce qu’il veut faire…

Aider collégiens et lycéens à trouver leur voie, c’est le métier des 4 000 conseillers Onisep des établissements publics et des Centres d’information et d’orientation. Entre janvier et mars, se tiennent encore des salons consacrés à l’orientation (L’Étudiant, Studyrama…).

En février commencent les journées portes ouvertes des universités, IUT, écoles, etc. Ceux qui ont un projet de métier et s’interrogent sur les voies pour y parvenir trouveront de l’aide sur le site de l’Onisep, où une cinquantaine de conseillers répondent par e-mail, chat et téléphone. « Nous orientons les lycéens vers les ressources dont ils ont besoin. L’élève qui se demande ce qu’il faut faire pour devenir œnologue ou esthéticienne recevra une réponse personnalisée et documentée », explique Élisabeth Gros, la responsable de ce support.

Pour ceux dont le projet n’est pas très avancé, pas de panique. Ils ont encore deux mois pour préciser les choses. « Chacun a déjà fait un choix en optant pour un bac. Or, l’intitulé de ce bac réduit les possibilités, note Sophie de Tarlé. Le plus cohérent, quand on n’est pas très décidé, sera d’opter pour des études correspondant à sa façon de travailler. » Celui qui « rame » en terminale, qui a besoin d’un encadrement solide sera a priori plus à l’aise en BTS ou en DUT qu’à la fac… « S’il n’a pas encore trouvé ce qui le motive le plus, qu’au moins les conditions de travail lui soient favorables, poursuit-elle. Deux ans de BTS, c’est à la fois court, et cela peut aider à préciser les choses ».

Le divorce pourra-t-il se passer du juge ?

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Vendredi 10 janvier, le débat sur la Justice en France s’est ouvert à l’Unesco, à la demande de la garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira. L’objectif : dégager les axes d’une réforme qui devra permettre à la justice de s’adapter aux besoins du monde moderne. 

C’est dans ce cadre que quatre groupes de travail ont formulé 268 recommandations. Le rapport final du deuxième groupe de réflexion, placé sous l’égide de Pierre Delmas-Goyon, Conseiller à la Cour de Cassation, a formulé 57 propositions. Plusieurs concernent les affaires familiales. Il préconise ainsi le règlement des litiges par des « modes négociés », en particulier par le recours à la médiation familiale (Propositions 18 et 19). Il suggère aussi d’instaurer un entretien confié au greffier afin de « permettre une écoute initiale, visant à appréhender dans toutes ses dimensions la réalité du conflit familial et à rechercher les possibilités de règlement négocié » avant le passage devant le juge aux affaires familiales (Proposition 20).

Mais c’est la question du “divorce sans juge” qui suscite le plus de réactions. Le rapport propose en effet de transférer plusieurs compétences au greffier juridictionnel, notamment celle de prononcé du divorce par consentement mutuel, sans distinction « de la présence d’enfants ou de la consistance du patrimoine » (Proposition 49). Seul un recours devant le juge demeure envisagé, en cas de refus d’homologation. 80% de l’activité des tribunaux est en effet accaparé par les affaires familiales, dont le contentieux majeur reste celui du ­divorce. Simplifier la procédure de divorce dans les cas de consentement mutuel permettrait de désengorger les tribunaux.

Cette proposition a soulevé de nombreuses contestations. La procédure de divorce par consentement mutuel concerne aujourd’hui 54 % des 128 371 divorces en 2012 en France. Syndicats, magistrats et avocats s’opposent à cette mesure. Sur RTL, le président de l’Union syndicale de la magistrature (USM), principal syndicat de magistrats, s’est inquiété d’« une logique purement financière et comptable » : « Le risque principal c’est en réalité que l’un des époux, le plus faible économiquement se trouve dans une situation de faiblesse qui ne sera constatée par personne », affirme-t-il.

Dans une tribune, le socialiste André Vallini, sénateur de l’Isère, avocat de formation et conseiller pour la justice de François Hollande pendant la campagne présidentielle, estime lui aussi que le divorce sans juge serait « dangereux » et lui préfère la « médiation ». A droite, l’avocat Erwan Le Morhedec rappelle que « la convention (…) soumise au juge cache bien des litiges potentiels et (que) le consentement est soumis à bien des influences. Or, précisément, l’office du juge est de vérifier ces points. C’est l’article 232 du code civil. Plus de juge pour opérer ce contrôle minimum, déjà réduit comme peau de chagrin. Plus de juge, plus de “procès“. » 

Dans un communiqué intitulé « Simplifier le divorce, c’est affaiblir le mariage », les Associations familiales Catholiques (AFC) s’inquiètent pour leur part d’une possible banalisation du divorce : « le mariage, union d’un homme et d’une femme dans la durée, reposant sur leur engagement public, sert le bien commun et favorise la protection du plus faible au sein du couple. Simplifier davantage sa rupture en effaçant le formalisme du divorce affaiblirait et fragiliserait encore plus le mariage. »

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti s’est déclarée favorable au principe du divorce sans juge, tandis que Najat Vallaud-Belkacem a calmé le jeu en rappelant que cette idée n’était « qu’une proposition parmi près de 200 », et qu’un « processus de concertation » allait s’ouvrir pour discuter de cette question « sereinement ».

Nul n’a le monopole du coeur… familial

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Nul n’a le monopole de la famille.

Aucun mouvement politique, aucune association, aucun syndicat ni autorité religieuse, ni personnalité plus qualifiée qu’une autre. La famille est une construction collective, sur laquelle chacun détient une part de vérité, et au sujet de laquelle il est sain que le débat vive.

Pour notre part, députés de la majorité, nous revendiquons une attention toute particulière aux questions touchant les familles. Que nous ayons eu la chance de fonder une famille nombreuse, et plutôt “traditionnelle” dans sa constitution, ne nous confère aucune clairvoyance supérieure. Notre expérience personnelle et nos yeux ouverts sur la société, nous offrent juste la conscience de l’importance, de la vulnérabilité, et de la complexité, du noyau familial.

Près de 3 millions d’enfants vivent au sein de familles monoparentales, 130 000 divorces sont prononcés chaque année et un million d’enfants environ vivent avec un parent et un beau-parent. Ajoutons à cela que 2500 enfants sont adoptés chaque année et vingt mille environ conçus par Assistance Médicale à la Procréation. Sauf à marginaliser un très grand nombre de compatriotes et leurs enfants, il n’est plus possible de faire tourner nos références autour d’un seul modèle, celui de la famille stable, indestructible et biologique.

Il est urgent de débattre de la place du beau-parent, de l’extrême précarité d’un grand nombre de familles monoparentale, de l’évolution de notre droit de l’adoption, de l’accès aux origines. Trouver des solutions à ces questionnements nécessaires, ce n’est pas “attaquer les familles”.

Hommes et femmes de gauche, nous revendiquons notre détermination à conforter la cellule familiale. Nous prenons le parti de le faire par deux biais :

- D’abord et avant tout par une politique familiale empreinte de justice. Personne n’ignore que la politique familiale est peu équitable. Le soutien de la communauté nationale aux familles constitue un avantage, d’autant plus grand, que leurs bénéficiaires sont aisés. Dans une République qui prêche l’égalité des chances, nous entretenons ainsi les déterminismes sociaux. A l’heure où certains parents peinent à nourrir leurs enfants correctement, il ne devrait pas y avoir de tabou à questionner l’efficacité de notre politique familiale.

- Ensuite, nous pensons que la sphère familiale doit être sécurisée pour que les générations qui la composent s’y épanouissent en sérénité. Le cercle familial est toujours questionné, défié parfois, par l’évolution de notre société. Nous revendiquons une détermination sans faille à lutter pour plus de sécurité économique, sociale, juridique, sanitaire, environnementale.

Il est grand temps de mettre fin à une vision manichéenne et mensongère de la politique. L’éducation pour les uns, la sécurité pour les autres ; la prévention pour les uns, la répression pour les autres ; la fonction publique pour les uns, les entreprises pour les autres…

Mais qui peut encore raisonner ainsi ? Nous n’ôterons à personne le droit de s’exprimer sur les questions familiales. Mais nous n’autoriserons personne à nous dénier la responsabilité de faire évoluer le droit des familles. Nous affichons notre vision et notre attachement à une politique familiale, à la plume trempée dans l’entraide et le respect, reflet de son Histoire tout autant que son avenir. Ceux qui ne veulent pas toucher un cheveu à une politique familiale devenue sacrée et intangible, font courir un danger pour les familles elles-mêmes.

Dans un monde et une France en mouvement, c’est la gauche qui aujourd’hui protège et défend nos familles.

* Erwann BINET, député de l’Isère, 5 enfants ; Marie-Anne CHAPDELAINE, députée d’Ile-et-Vilaine, 4 enfants ; Paul MOLAC, député du Morbihan, 7 enfants.

Des outils pour lutter contre le harcèlement scolaire

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Dans le cadre de sa campagne « Agir contre le harcèlement à l’École », le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, s’est engagé à favoriser une école « bienveillante », à travers huit mesures concrètes. Parmi elles, le site rénové « Agir contre le harcèlement à l’école » est une mine de ressources destinées à sensibiliser les élèves et briser la loi du silence.

Il s’y trouve notamment des clips vidéos et des dessins animés destinés aux écoliers (voir l’exemple ci-dessous), des conseils aux victimes, à leurs parents, ainsi qu’aux témoins pour réagir de manière appropriée. Autre mesure : un guide de prévention de la cyberviolence pour prévenir le phénomène et le traiter le cas échéant.

Enfin, le prix “Mobilisons-nous contre le harcèlement” invite les 8 – 18 ans à réaliser un support de communication (affiche ou vidéo). Les lauréats seront nommés en avril et ont jusqu’au 30 janvier pour envoyer leur création.

Simplifier leur vie, ils l’ont fait

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Gwedolyn et Stéphane Bienvenue, Lyon, deux enfants de 4 et 7 ans :
« On s’est allégés des objets non indispensables »

« Le choix de ne pas avoir de voiture est central. Il est intervenu dans notre choix de résidence : le centre de ville de Lyon.

Le vélo est vraiment mon mode de déplacement quotidien. Je travaille dans une des communes de la banlieue ouest, ce qui représente une dizaine de kilomètres aller-retour. Les gens s’étonnent que je vienne de Lyon. Moi, ça me plaît de déconstruire ces représentations.

C’est économique, écologique, super pratique et rapide. Quand on y goûte, on se dit qu’on se simplifie la vie.

Pour nos vacances, on part en train et vélo. Nous connaissons bien toutes les voies vertes de France ! Le long de la Loire, de l’Atlantique, du canal du Midi… on a ratissé la France, et l’on a découvert de beaux endroits. C’est un fabuleux moyen de voyager en famille. Nous aimons bien l’itinérance, aller à la rencontre des gens. Quand on arrive à vélo, c’est sympathique, ça simplifie les rapports, on a un bon accueil. L’échange fait place à l’étonnement.

Nos deux enfants de 4 et 7 ans aiment ça, d’autant que l’on s’adapte à leur age. La petite est encore en carriole, mais l’aîné a son vélo attelé au mien.

Nos valises se résument à une sacoche chacun et deux sacoches pour l’intendance familiale.

À la maison, on essaie de s’alléger de tous les biens qui ne paraissent pas indispensables. Cela permet de faire de la place pour autre chose. Nous n’avons pas de micro-onde, pas de lave-vaiselle, de sèche-linge, de cafetière électrique… et les gadgets comme des robots de cuisine ou des machines à raclette n’ont pas droit de cité chez nous. Quand des amis dînent à la maison, ils se proposent spontanément pour faire la vaisselle. Cela crée du lien, ce sont des moments d’échange simple. C’est dans cette spontanéité que l’on est le plus proche. La simplicité, ça crée beaucoup de convivialité. Moins de biens, ça crée plus de liens !

Entre voisins, on se prête des pompes à vélo, des échelles, des outils. C’est sympa, on partage tout. Pour moi c’est ça, retrouver de la simplicité. C’est un piège de croire que l’on a pas besoin des autres, c’est enfermant. À acheter beaucoup de choses matérielles, on se sent mal à l’aise à aller taper à la porte des autres. Cela induit du repli sur soi, de l’individualisme. C’est récent, tous ces objets qui sont venus nous envahir et prendre la place de l’essentiel : être relié aux autres, créer de l’entraide, cultiver l’être plutôt que l’avoir.

On a pas de télé. Pour moi ça dégage du temps pour lire, pour raconter des histoires aux enfants. Ce sont des moments intimes qui ritualisent le quotidien. Les soirs d’élection, on fait des soirées chez des amis qui ont la télé. Cela crée des débats et des échanges que l’on aurait pas eu si l’on été restés chez nous.

N’ayant pas de téléphone portable, j’utilise beaucoup le mail, et je ne perds pas de temps à déplacer des rendez-vous. Il y a des situations où le portable est pratique mais l’on peut s’en passer dans 80% des cas. Je revendique fièrement d’avoir une carte téléphonique dans mon portefeuille même si je déplore la disparition des cabines..

Pendant les vacances de Noël, nous avons proposé à une mère d’élève de l’école, sans domicile, de venir habiter chez nous avec ses enfants. Nous aurions davantage hésité si nous avions eu à la maison des choses de valeur. La sobritété nous permet d’investir dans d’autres choses : des liens de solidarité.

La source de cet engagement, je la puise dans ma foi chrétienne, dont les valeurs sont le partage, la solidarité, l’entraide, l’accueil de l’autre. Nous avons un engagement associatif à travers « Chrétiens et pic de pétrole », qui s’interroge sur les convergences entre l’objection de croissance et le message évangélique. Cette recherche de simplicité est convergente avec la figure du Christ. On se met en chemin derrière lui en essayant d’être dans la sobriété. »

Claire de Buttet, Paris :
« J’ai changé de métier pour retrouver du temps »

« J’ai changé de vie il y a huit ans quand je suis devenue peintre décorateur à mon compte. Après des études d’arts, j’ai été assistante de direction dans différentes boîtes, dont un gros groupe de presse américain pour qui je travaillais au service publicité. Ce travail répétitif ne me correspondait plus. Cela faisait un moment que je voulais reprendre les pinceaux. Grâce au Fongecif, j’ai fait une formation de peintre décorateur pendant un an, et je me suis mise à mon compte.

Il est plus sûr d’être salarié, mais aujourd’hui je suis mieux alignée par rapport à ce que je voulais développer comme talent dans mon métier. J’avais l’impression que je passais à côté de ma vie si je ne reprenais pas les pinceaux et si je n’avais pas d’influence positive sur la vie des autres avec mon travail artistique. Ca simplifie la vie de trouver ce pour quoi on est fait.

Je fais un métier qui me permet d’avoir du temps pour mes enfants, et ce temps est un de mes biens les plus précieux. Il est important pour mon équilibre et pour le leur. Je gère mes horaires pour aller les chercher à l’école à 4 heures. Je vois tellement de mamans se plaindre de ne pas avoir de temps.

L’année dernière nous avons décidé de faire une chambre d’hôte à la maison, pour arrondir les fins de mois. Ainsi, si nous n’avons pas les moyens de voyager, le monde vient à nous ! Nous avons hébergé des Autraliens, des Japonais, des Norvégiens…C’est une ouverture sur le monde pour les enfants, et une belle expérience de partage et de simplicité. Deux Japonaises, qui s’étaient fait un programme très chargé de visite de tous les lieux touristiques, boutiques et musées parisiens, nous ont dit à la fin du séjour que le meilleur moment avait été le petit déjeuner que nous avons partagé en famille.

L’année dernière, je me suis lancée dans le blogging. J’ai créé Gratitude et Compagnie il y a six mois, pour partager des bonnes nouvelles, et tout ce qui donne du sens à la vie. J’ai plein de choses à donner, à partager sur la vie : des joies toutes simples, ce qui fait qu’une vie quotidienne est belle et bien remplie. C’est mon témoignage en tant que chrétienne. »

Simplifier leur vie, ils l’ont fait

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Gwedolyn et Stéphane Bienvenue, Lyon, deux enfants de 4 et 7 ans :
« On s’est allégés des objets non indispensables »

« Le choix de ne pas avoir de voiture est central. Il est intervenu dans notre choix de résidence : le centre de ville de Lyon.

Le vélo est vraiment mon mode de déplacement quotidien. Je travaille dans une des communes de la banlieue ouest, ce qui représente une dizaine de kilomètres aller-retour. Les gens s’étonnent que je vienne de Lyon. Moi, ça me plaît de déconstruire ces représentations.

C’est économique, écologique, super pratique et rapide. Quand on y goûte, on se dit qu’on se simplifie la vie.

Pour nos vacances, on part en train et vélo. Nous connaissons bien toutes les voies vertes de France ! Le long de la Loire, de l’Atlantique, du canal du Midi… on a ratissé la France, et l’on a découvert de beaux endroits. C’est un fabuleux moyen de voyager en famille. Nous aimons bien l’itinérance, aller à la rencontre des gens. Quand on arrive à vélo, c’est sympathique, ça simplifie les rapports, on a un bon accueil. L’échange fait place à l’étonnement.

Nos deux enfants de 4 et 7 ans aiment ça, d’autant que l’on s’adapte à leur age. La petite est encore en carriole, mais l’aîné a son vélo attelé au mien.

Nos valises se résument à une sacoche chacun et deux sacoches pour l’intendance familiale.

À la maison, on essaie de s’alléger de tous les biens qui ne paraissent pas indispensables. Cela permet de faire de la place pour autre chose. Nous n’avons pas de micro-onde, pas de lave-vaiselle, de sèche-linge, de cafetière électrique… et les gadgets comme des robots de cuisine ou des machines à raclette n’ont pas droit de cité chez nous. Quand des amis dînent à la maison, ils se proposent spontanément pour faire la vaisselle. Cela crée du lien, ce sont des moments d’échange simple. C’est dans cette spontanéité que l’on est le plus proche. La simplicité, ça crée beaucoup de convivialité. Moins de biens, ça crée plus de liens !

Entre voisins, on se prête des pompes à vélo, des échelles, des outils. C’est sympa, on partage tout. Pour moi c’est ça, retrouver de la simplicité. C’est un piège de croire que l’on a pas besoin des autres, c’est enfermant. À acheter beaucoup de choses matérielles, on se sent mal à l’aise à aller taper à la porte des autres. Cela induit du repli sur soi, de l’individualisme. C’est récent, tous ces objets qui sont venus nous envahir et prendre la place de l’essentiel : être relié aux autres, créer de l’entraide, cultiver l’être plutôt que l’avoir.

On a pas de télé. Pour moi ça dégage du temps pour lire, pour raconter des histoires aux enfants. Ce sont des moments intimes qui ritualisent le quotidien. Les soirs d’élection, on fait des soirées chez des amis qui ont la télé. Cela crée des débats et des échanges que l’on aurait pas eu si l’on été restés chez nous.

N’ayant pas de téléphone portable, j’utilise beaucoup le mail, et je ne perds pas de temps à déplacer des rendez-vous. Il y a des situations où le portable est pratique mais l’on peut s’en passer dans 80% des cas. Je revendique fièrement d’avoir une carte téléphonique dans mon portefeuille même si je déplore la disparition des cabines..

Pendant les vacances de Noël, nous avons proposé à une mère d’élève de l’école, sans domicile, de venir habiter chez nous avec ses enfants. Nous aurions davantage hésité si nous avions eu à la maison des choses de valeur. La sobritété nous permet d’investir dans d’autres choses : des liens de solidarité.

La source de cet engagement, je la puise dans ma foi chrétienne, dont les valeurs sont le partage, la solidarité, l’entraide, l’accueil de l’autre. Nous avons un engagement associatif à travers « Chrétiens et pic de pétrole », qui s’interroge sur les convergences entre l’objection de croissance et le message évangélique. Cette recherche de simplicité est convergente avec la figure du Christ. On se met en chemin derrière lui en essayant d’être dans la sobriété. »

Claire de Buttet, Paris :
« J’ai changé de métier pour retrouver du temps »

« J’ai changé de vie il y a huit ans quand je suis devenue peintre décorateur à mon compte. Après des études d’arts, j’ai été assistante de direction dans différentes boîtes, dont un gros groupe de presse américain pour qui je travaillais au service publicité. Ce travail répétitif ne me correspondait plus. Cela faisait un moment que je voulais reprendre les pinceaux. Grâce au Fongecif, j’ai fait une formation de peintre décorateur pendant un an, et je me suis mise à mon compte.

Il est plus sûr d’être salarié, mais aujourd’hui je suis mieux alignée par rapport à ce que je voulais développer comme talent dans mon métier. J’avais l’impression que je passais à côté de ma vie si je ne reprenais pas les pinceaux et si je n’avais pas d’influence positive sur la vie des autres avec mon travail artistique. Ca simplifie la vie de trouver ce pour quoi on est fait.

Je fais un métier qui me permet d’avoir du temps pour mes enfants, et ce temps est un de mes biens les plus précieux. Il est important pour mon équilibre et pour le leur. Je gère mes horaires pour aller les chercher à l’école à 4 heures. Je vois tellement de mamans se plaindre de ne pas avoir de temps.

L’année dernière nous avons décidé de faire une chambre d’hôte à la maison, pour arrondir les fins de mois. Ainsi, si nous n’avons pas les moyens de voyager, le monde vient à nous ! Nous avons hébergé des Autraliens, des Japonais, des Norvégiens…C’est une ouverture sur le monde pour les enfants, et une belle expérience de partage et de simplicité. Deux Japonaises, qui s’étaient fait un programme très chargé de visite de tous les lieux touristiques, boutiques et musées parisiens, nous ont dit à la fin du séjour que le meilleur moment avait été le petit déjeuner que nous avons partagé en famille.

L’année dernière, je me suis lancée dans le blogging. J’ai créé Gratitude et Compagnie il y a six mois, pour partager des bonnes nouvelles, et tout ce qui donne du sens à la vie. J’ai plein de choses à donner, à partager sur la vie : des joies toutes simples, ce qui fait qu’une vie quotidienne est belle et bien remplie. C’est mon témoignage en tant que chrétienne. »

Nul n’a le monopole du coeur… familial

Standard

Nul n’a le monopole de la famille.

Aucun mouvement politique, aucune association, aucun syndicat ni autorité religieuse, ni personnalité plus qualifiée qu’une autre. La famille est une construction collective, sur laquelle chacun détient une part de vérité, et au sujet de laquelle il est sain que le débat vive.

Pour notre part, députés de la majorité, nous revendiquons une attention toute particulière aux questions touchant les familles. Que nous ayons eu la chance de fonder une famille nombreuse, et plutôt “traditionnelle” dans sa constitution, ne nous confère aucune clairvoyance supérieure. Notre expérience personnelle et nos yeux ouverts sur la société, nous offrent juste la conscience de l’importance, de la vulnérabilité, et de la complexité, du noyau familial.

Près de 3 millions d’enfants vivent au sein de familles monoparentales, 130 000 divorces sont prononcés chaque année et un million d’enfants environ vivent avec un parent et un beau-parent. Ajoutons à cela que 2500 enfants sont adoptés chaque année et vingt mille environ conçus par Assistance Médicale à la Procréation. Sauf à marginaliser un très grand nombre de compatriotes et leurs enfants, il n’est plus possible de faire tourner nos références autour d’un seul modèle, celui de la famille stable, indestructible et biologique.

Il est urgent de débattre de la place du beau-parent, de l’extrême précarité d’un grand nombre de familles monoparentale, de l’évolution de notre droit de l’adoption, de l’accès aux origines. Trouver des solutions à ces questionnements nécessaires, ce n’est pas “attaquer les familles”.

Hommes et femmes de gauche, nous revendiquons notre détermination à conforter la cellule familiale. Nous prenons le parti de le faire par deux biais :

- D’abord et avant tout par une politique familiale empreinte de justice. Personne n’ignore que la politique familiale est peu équitable. Le soutien de la communauté nationale aux familles constitue un avantage, d’autant plus grand, que leurs bénéficiaires sont aisés. Dans une République qui prêche l’égalité des chances, nous entretenons ainsi les déterminismes sociaux. A l’heure où certains parents peinent à nourrir leurs enfants correctement, il ne devrait pas y avoir de tabou à questionner l’efficacité de notre politique familiale.

- Ensuite, nous pensons que la sphère familiale doit être sécurisée pour que les générations qui la composent s’y épanouissent en sérénité. Le cercle familial est toujours questionné, défié parfois, par l’évolution de notre société. Nous revendiquons une détermination sans faille à lutter pour plus de sécurité économique, sociale, juridique, sanitaire, environnementale.

Il est grand temps de mettre fin à une vision manichéenne et mensongère de la politique. L’éducation pour les uns, la sécurité pour les autres ; la prévention pour les uns, la répression pour les autres ; la fonction publique pour les uns, les entreprises pour les autres…

Mais qui peut encore raisonner ainsi ? Nous n’ôterons à personne le droit de s’exprimer sur les questions familiales. Mais nous n’autoriserons personne à nous dénier la responsabilité de faire évoluer le droit des familles. Nous affichons notre vision et notre attachement à une politique familiale, à la plume trempée dans l’entraide et le respect, reflet de son Histoire tout autant que son avenir. Ceux qui ne veulent pas toucher un cheveu à une politique familiale devenue sacrée et intangible, font courir un danger pour les familles elles-mêmes.

Dans un monde et une France en mouvement, c’est la gauche qui aujourd’hui protège et défend nos familles.

* Erwann BINET, député de l’Isère, 5 enfants ; Marie-Anne CHAPDELAINE, députée d’Ile-et-Vilaine, 4 enfants ; Paul MOLAC, député du Morbihan, 7 enfants.