Axelle, la jardinière du passage

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Ce qui frappe d’abord, c’est le silence. À deux pas de la bruyante place de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris, entre un magasin d’optique et une maroquinerie, il suffit, en effet, de pousser une impressionnante porte en fer forgé pour pénétrer dans un havre de paix. Un passage pavé d’au moins 150 mètres de longueur, pas très large mais suffisamment pour que le soleil, entre deux toits d’immeuble, y fasse une percée chaque début d’après-midi. « Heureusement, car sinon beaucoup de mes plantes auraient du mal à pousser », souligne Axelle Verdier, la jeune jardinière du passage.

Le silence et le végétal. Car, en 2012, le conseil syndical regroupant les 8 copropriétés du passage, représentant environ une centaine de locataires, décide de « végétaliser » leur longue et étroite ruelle. Petit à petit les scooters et les motos qui encombraient les lieux cèdent la place aux végétaux. Mais le premier jardinier du passage, recruté à l’extérieur, donne quelques signes de faiblesse. À l’automne 2013, le conseil syndical se tourne vers Axelle, 41 ans, habitante du passage et surtout experte en développement vraiment durable.

La biodiversité en vue

« Cette proposition arrivait au bon moment pour moi, raconte Axelle. Car à la suite de la crise financière qui avait frappé mon précédent employeur (Ndlr : Dexia, la banque des collectivités locales) où je m’occupais notamment de l’opération les Rubans du développement durable, j’étais au chômage, et en fin de droits. »

Certes, Axelle avait retrouvé un emploi de serveuse dans une brasserie mais avec un salaire qui lui permettait tout juste de rembourser son emprunt immobilier. « Cette proposition de devenir, durant mes heures libres, “la jardinière du passage” tombait à pic. D’autant plus que je voulais y ajouter une approche écologique en la reliant aux politiques de biodiversité de la mairie de Paris. »

Écologie et convivialité

Paris tenté, pari gagné… Avec son statut d’autoentrepreneur et ses mains vertes, Axelle a métamorphosé le passage. Une quantité impressionnante de plantes et d’arbres ont élu domicile dans des bacs en plastique d’ordinateur recyclé ou en pierre reconstituée. D’abord des fougères, des euphorbes et du houx dans la partie la plus ombragée du passage. Ensuite du chèvrefeuille, des bambous, des clématites, des hortensias, des rosiers et même un figuier et deux pommiers. Jusqu’à de la lavande, de la mélisse, du sedum, une rose trémière et un olivier dans ce qu’Axelle appelle « la partie méditerranéenne du passage », c’est-à-dire la plus ensoleillée.

La liste (une centaine de végétaux) ferait presque pâlir l’école du Breuil, dont elle suit les cours de jardinage. En y ajoutant de l’écologie – un lombricomposteur à côté des poubelles, de la paille et du crottin apportés du Perche par une habitante, un arrosage économe – et une convivialité qui passe par l’organisation de multiples fêtes (du printemps, des tomates, entre autres). Le tout égayé par les notes de musique qui s’échappent d’un atelier de réparation de pianos, la maison Nebout établie depuis 1912 dans le passage.

« Mon projet de végétalisation repose sur deux pieds : une écologie pratique et patiente mais aussi le lien social entre les habitants. C’est une sorte d’écosystème », résume joliment Axelle. Qui rêve à voix haute d’autres projets : un minipoulailler dans la cour, des semis d’aromatiques dans les jardinières, des plantes sur le toit d’un complexe cinématographique tout proche. Mais peut-être que sa plus belle récompense se lit dans le regard des enfants du passage lorsqu’ils rentrent de l’école. Et qu’Axelle voit ces petits citadins s’arrêter pour regarder les trois poissons rouges de la vieille bassine, sentir les brins de menthe ou tout simplement observer un bourgeon qui s’ouvre…

 

> A savoir :

Axelle raconte ses aventures de jardinière sur son blog : jardinieredepassage.wordpress.com/projet/jardin

 

Appel aux lecteurs jardiniers

Vous êtes jardiniers amateurs, dans une philosophie de jardinage bio ou le plus naturel possible et vous accepteriez de nous rencontrer pour « raconter » votre jardin. Écrivez-nous à La Vie, rubrique « jardinage », 80 boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris.

Les nouvelles technologies au secours de l’autisme

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Debout devant l’écran, télécommande à la main, Raphaël, 6 ans, navigue aisément sur la Wii. Teint mat, yeux clairs, il se détourne lorsqu’on l’appelle et répond avec un large sourire : « Mon préféré, c’est l’épée. Taper, c’est gagner ! » Près de lui, la psychologue Coralie Fouinat détaille : « Le jeu Wii Fit favorise motricité et coordination. Avec la Wii, la possibilité de jouer à deux ou à plusieurs développe aussi les habiletés sociales. »

Derrière la piscine de balles colorées, India-Rose frappe dans ses mains et se bouche les oreilles à plusieurs reprises. Revenue à sa table, elle tapote sur un iPad. Cette autiste non verbale de 11 ans découvre l’application Nikitalk. Elle utilisait jusqu’à présent le classeur PECS (Picture Exchange Communication System, « système de communication par échange d’images ») pour s’exprimer. L’enfant désigne des pictogrammes qui, mis bout à bout, forment une phrase : « Je veux… boire… de l’eau. » Même principe avec le support digital, plus pratique, plus fluide, plus enrichi et à la synthèse vocale.

Fondée par M’Hammed Sajidi, président de l’association Vaincre l’autisme, Futuroschool est l’une des 28 structures expérimentales financées par les pouvoirs publics en France. Elle est fondée sur un accompagnement personnalisé et des méthodes comportementales. Chaque enfant dispose d’un ordinateur portable qu’il utilise à son gré comme renforcement. L’un dessinera avec l’application Colormania, l’autre regardera une vidéo ou utilisera un programme sur Powerpoint sur la conscience phonologique ou le genre des noms.

Reconnaître des émotions

« Le multimédia améliore la concentration, diminue les comportements parasites et facilite l’apprentissage », résume Stéphanie Hun, psychologue du Centre de ressources autisme, à Nice. Elle a participé à l’élaboration des logiciels Jestimule, commercialisé depuis 2014, et Sematic, en phase d’expérimentation. « C’est un support prédictible, logique, pour l’enfant avec autisme, qui n’a pas à interpréter le faciès ni l’intonation de son interlocuteur. Fatigabilité et anxiété diminuent. » L’autisme se caractérise notamment par une difficulté de traitement social intuitif. Il peine à prendre en compte la globalité et le contexte. « Souvent, l’enfant focalise sur un détail du visage : un grain de beauté, une pince à cheveux…, reprend la psychologue, il demeure absorbé plusieurs minutes sans rien voir d’autre. Aussi passe-t-il à côté de l’interprétation de l’émotion. »

Le jeu Jestimule lui apprend à reconnaître les émotions sur des avatars, d’après leurs indices (yeux, bouche, gestes), puis dans une réalité virtuelle et enfin sur des photos de visages. Petit à petit, l’enfant parvient à transposer cette reconnaissance dans la vie. Ainsi, un garçon qui disait indifféremment « je suis malade » ou « je suis content » pour exprimer une émotion a appris à l’identifier et à la nommer. Avec ses différents niveaux, Jestimule convient aux enfants avec ou sans langage. Actuellement expérimenté dans une dizaine d’écoles de l’académie de Nice, dans des grandes sections de maternelle, le logiciel Sematic accompagne l’apprentissage de la lecture. Si les retours sont satisfaisants, il sera commercialisé au mois de juin.

Découvrir l’enfant autrement

Nicolas, 8 ans, redouble cette année son CP en milieu ordinaire, dans une école à Lyon. Il connaît plusieurs outils intuitifs et ludiques développés par Auticiel, dont les puzzles et les entraînements logiques, téléchargés sur la tablette familiale. « En prépositionnant les pièces, l’application le conduit à élargir sa vision et évite qu’il se focalise sur certaines seulement, dit son père. En un semestre, il y a pris plaisir, et il est aujourd’hui capable de former un puzzle de 80 pièces dans la vraie vie. Même s’il conserve sa particularité : la plupart des enfants forment d’abord le pourtour, alors que lui commence par assembler les pièces qui vont ensemble. »

L’interaction avec les objets télécommandés est assez surprenante : « Il a su manier un hélicoptère avec dextérité à 6 ans, lui qui a des problèmes d’appréhension de l’espace. Ce sentiment de prendre le pouvoir sur un objet est très valorisant pour Nicolas, souvent en décalage du fait qu’il ne conceptualise pas comme tout le monde. » La technologie permet ainsi de découvrir son enfant autrement : motivé, calme, sans crise ni répétitions, moins perturbé par les stimuli sensoriels.

Apprendre avec le robot

Mais elle améliore aussi l’accompagnement. À Futuroschool, par exemple, toutes les séquences sont filmées. En cas d’incident ou au contraire de situation difficile bien gérée, la personne référente soumet la vidéo aux autres psychologues, puis au superviseur, lors d’une visioconférence hebdomadaire qui dispose d’un réseau international afin d’analyser certains comportements. « La vidéo nous aide à progresser et à mutualiser nos compétences, souligne Coralie Fouinat. Elle peut nous permettre de découvrir le déclencheur d’une crise, imperceptible dans le feu de l’action, comme le bruit d’un marteau-piqueur dans la rue auquel nous n’avons pas prêté attention sur le coup. »

Autre nouvel outil éducatif high-tech : un robot humanoïde. Telle est l’expérience actuellement menée dans deux centres de l’association Autistes sans frontières avec Nao, mis au point par la société Aldebaran. « Il parle, danse, gigote, mais il ne remplacera jamais un éducateur, insiste Vanessa Coutant, éducatrice spécialisée à Saint-Vincent-sur-Jard (85). Nous l’utilisons pour favoriser certains apprentissages, au même titre que d’autres renforçateurs comme le trampoline, le ballon, faire des bulles… » Atteint du syndrome d’Asperger, Angel, 10 ans, est particulièrement réceptif à ce robot orange et blanc haut comme trois pommes. « Derrière mon PC, je tape des phrases que Nao prononce, dit la coordinatrice. Physiquement, il y a peu d’éléments à traiter, excepté les yeux qui s’éclairent. Avec lui, Angel est plus patient, plus motivé, il peut tenir de longues conversations. » Sa camarade Chloé, 10 ans, réalise quant à elle des efforts articulatoires « hallucinants » pour qu’il la comprenne correctement… et lance l’application. Un spectacle a même pu être monté avec des enfants neurotypiques, Nao menant la danse.

L’Agence nationale de la recherche finance actuellement un prototype de logiciel dont l’algorithme détectera l’expressivité des enfants avec autisme et leurs émotions. À l’école, le recours au tableau numérique interactif et à des contenus adéquats représenterait aussi une avancée. Autant de pistes prometteuses, à condition qu’elles n’enferment pas dans un autre monde. « Ces outils permettent de franchir une marche dans l’escalier qui mène à l’intégration, constate Vanessa Coutant. Mais le véritable enjeu demeure la relation humaine et l’interaction avec leur entourage. »


Le spectre de l’autisme :

En France, un enfant sur 100 à 150 naît avec un trouble envahissant du développement (Ted), ce qui représente jusqu’à 8 000 naissances par an. L’estimation du nombre de personnes autistes varie de 450 000 à 600 000 personnes. 40 000 jeunes de moins de 16 ans (soit 77 % des enfants autistes) en âge d’aller à l’école ne sont pas scolarisés. Quelque 37 % sont accueillis dans un institut médico-éducatif ou en hôpital de jour, avec un accompagnement éducatif limité, voire inexistant. Certains recevraient une surprescription de neuroleptiques et d’antidépresseurs, notamment en cas de troubles du comportement. En 2014, seuls 26 347 élèves (soit 20 % des enfants autistes) présentant des troubles du spectre autistique sont scolarisés en milieu ordinaire.

 

Un troisième plan cadre :

Longtemps considéré comme une maladie psychiatrique, l’autisme serait en l’état actuel des recherches une maladie neurologique d’origine génétique avec des déclencheurs biochimiques engendrant un dysfonctionnement neuronal. Il altère la reconnaissance des expressions, des codes sociaux et affectifs, génère hypersensibilité émotionnelle et troubles du comportement. Il recouvre des réalités diverses, de l’absence de langage verbal au syndrome d’Asperger. Le troisième plan autisme (2013-2017), doté de 205 millions d’euros, établit un cadre pour favoriser un diagnostic précoce, dès 18 mois, soutenir une scolarisation adaptée en milieu ordinaire, favoriser l’inclusion dans le monde du travail et la formation des professionnels.

Généalogie, la nouvelle passion des Français

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Caroline a 5 ans lorsque sa mère, âgée de 28, est internée en hôpital psychiatrique. À son tour mère à l’âge de 23 ans, Caroline va connaître un épisode psychotique lorsque sa fille, Sophie, atteindra ses 5 ans. Simple coïncidence ? Nos aïeux influeraient-ils sur notre existence ?

« Tout ce que nous vivons dans le présent est généralement issu du passé », note Anne Ancelin Schützenberger, psychothérapeute, groupe-analyste et psychodramatiste de renommée internationale, à l’origine de la psychogénéalogie. Créée dans les années 1980, cette méthode a pour but de lever le voile sur ce qui s’est transmis au sein d’une famille, de manière consciente ou inconsciente, sur plusieurs générations. Elle distingue l’intergénérationnel, entre générations se connaissant, du transgénérationnel, sur plusieurs générations. Mais, d’après Barbara Couvert, psychosociologue pratiquant la psychogénéalogie, l’un peut être le fruit de l’autre : « Il y a le vertical de l’histoire et l’horizontal du contemporain. Dans certains cas, on ne peut séparer les deux », ajoute l’auteure d’Au coeur du secret de famille (Desclée De Brouwer, 1999).

Des « patates chaudes »

Secrets, non-dits, tâches inachevées, traumatismes, peurs… sont autant de « patates chaudes » pouvant circuler dans le temps et entraver le bien-vivre d’une personne. L’idée de liens transgénérationnels actifs a émergé dans l’esprit d’Anne Ancelin Schützenberger lorsque, professeure à l’université de Nice, elle a rencontré une femme, âgée de 35 ans, souffrant d’un cancer. La mère de cette dernière était précisément morte à cet âge-là.

Déjà en 1913, Freud écrivait dans Totem et tabou : « Nous postulons l’existence d’une âme collective et la possibilité qu’un sentiment se transmettrait de génération en génération se rattachant à une faute dont les hommes n’ont plus conscience ni le moindre souvenir. » Carl Gustav Jung, son disciple, évoqua l’existence d’un « inconscient collectif », et Jacob Levy Moreno, d’un « co-inconscient familial et groupal ». Plus récemment, Françoise Dolto affirmait qu’il fallait « un secret de famille et quatre générations pour faire un psychotique ».

Le corps mémoire

Reposant sur des faits précis, remontant jusqu’à six ou sept générations, la psychogénéalogie s’appuie sur un outil, le génosociogramme, arbre généalogique sur lequel le patient inscrit, en plus des noms et des dates, tous les événements notoires : perte d’un enfant, maladie, réussite ou échec professionnel, accident, déracinement, faillite, rupture… Les dates anniversaires, les répétitions, les prénoms, les affections physiques et psychiques apparaissent ainsi noir sur blanc et peuvent révéler des corrélations entre maux du présent et événements passés. « Je ne travaille qu’avec des faits précis », rappelle Anne Ancelin Schützenberger, qui a été psychanalysée par Françoise Dolto.

« Le corps est un langage », explique-t-elle aussi. Véritable mémoire inconsciente, il peut, par diverses manifestations, exprimer ce qui a été enfoui, caché ou non dit. Ainsi, les thérapeutes pratiquant la psychogénéalogie font preuve d’une écoute tant auditive que visuelle lorsque leurs patients remplissent, en leur présence, leur arbre généalogique. « Je suis très attentive aux réactions émotionnelles de la personne, qu’elles soient verbales ou non », confie Colette Esmenjaud, psychologue et psychodramatiste.

C’est là qu’entre en jeu le syndrome de répétition. « On répète parce qu’il faut que certaines choses se fassent jour », note Anne Ancelin Schützenberger. Qu’ils soient synonymes de bonheur – aussi – ou de malheur, les événements répétés se manifesteront, par exemple, lors de dates anniversaires : un enfant naîtra pile un an après la mort de son grand-père, ou le jour de l’anniversaire de son oncle, de sa soeur.

La psychogénéalogie a ainsi pour dessein de rendre aux patients la capacité de prendre leur vie en main, d’être maîtres de leur existence. « Il s’agit de transformer cette impression de destin selon laquelle nous serions totalement enlisés, entraînés par les événements passés. » Derrière ce syndrome de répétition, opèrent ce que la psychogénéalogie appelle les « loyautés familiales ». « Avant d’être des individus séparés, nous sommes des individus d’appartenance », souligne Colette Esmenjaud. Appartenance à une famille, avec ses codes, et ces choses que l’on fait ou ne fait pas. « Certaines personnes vont inconsciemment tout faire pour échouer à des examens pour ne pas dépasser le niveau de tel ou tel ancêtre. » Il y a aussi celles qui rencontreront un épisode dépressif à un âge bien précis, et ce sur plusieurs générations. « Il faut reconnaître l’événement de départ et trouver d’autres loyautés pour notre système d’appartenance. »

Répétitions et mutations

En dehors de la psychogénéalogie, le psychodrame aide à panser les blessures du passé. La thérapeute, accompagnée de professionnels, va faire jouer à son patient le rôle de chaque protagoniste : l’arrière-grand-père, la grand-mère et, de manière symbolique, l’adieu, par des changements de rôles. « Cela permet d’achever une tâche du passé. » Alors qu’un traumatisme initial peut se répéter de manière identique (peur des souris, échec scolaire, accident de la route…), ou se métamorphoser en une angoisse non clairement identifiée, d’autres peuvent muter au fil des générations. « Nous sommes marqués par notre histoire familiale, mais aussi imprégnés de l’évolution de la société », rappelle Barbara Couvert.

Gare aux interprétations

Ainsi, une femme subissant le scandale d’être fille-mère en 1850 aura une fille qui enfantera elle-même hors mariage et ainsi de suite, jusqu’au XXIe siècle, avec une descendante qui sera mère célibataire. « L’événement reste le même, mais son sens change », précise la psychothérapeute. Ces liens intergénérationnels sont l’objet d’études scientifiques, notamment en neurobiologie. « Le professeur Jean-Pol Tassin, neurobiologiste et spécialiste du fonctionnement de la mémoire à l’Inserm et au Collège de France, a montré en 2002 que certains types de transmission d’informations interpersonnelles se produisent en millisecondes, et donc ne sont pas conscients », écrit Anne Ancelin Schützenberger dans Psychogénéalogie. « Le nouveau domaine de l’épigénétique nous aide à mieux comprendre comment les facteurs sociaux et environnementaux peuvent influencer l’expression des gènes. »

Mais prudence. Une coïncidence de dates ou la répétition de certains maux dans une famille n’ont pas forcément un sens caché. « Attention aux interprétations magiques », alerte Colette Esmenjaud. Bien qu’à l’origine de cette méthode, Anne Ancelin Schützenberger fait aussi la part des choses : « Le hasard existe. Le tout est de voir si les hypothèses avancées font sens pour le patient… Et s’il guérit par la suite. »

 

> A découvrir :
Hors-série Généalogie

La généalogie attire jeunes et moins jeunes. Cette pratique permet à des familles de se retrouver grâce aux cousinades. Des Français y ont recours pour percer l’origine de leur patronyme et beaucoup y trouvent des repères rassurants dans notre société anonyme, jugée « indifférente ». La Vie consacre un hors-série de 68 pages à ce sujet passionnant. Il s’adresse aux férus de généalogie, mais aussi aux novices qui voudraient, eux aussi, remonter le fil de leur histoire.

 

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Une sainte semaine à la maison

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Le dimanche des Rameaux

Ce dimanche, les chrétiens célèbrent l’entrée de Jésus à Jérusalem sous les acclamations de la foule. À la messe, le prêtre bénit les rameaux que les croyants rapportent chez eux.

À chacun son brin de buis : avec votre enfant, cherchez un coin où l’installer dans sa chambre, près d’une croix, d’une image ou d’une bougie. 

Profitez du dimanche pour commencer un arbre de Pâques : cette tradition allemande consiste à suspendre des oeufs colorés à un bouquet de branches. Un peu de bois mort, des oeufs (frais ou vidés), de la peinture, des feutres ou des gommettes… En fin de semaine, ajoutez des oeufs durs (attention, ils ne tiennent que deux jours !) qui seront mangés à Pâques. Pour les colorants, pensez au naturel : jus de betterave pour le rose, chou rouge pour le bleu, curcuma pour le jaune. Percez un côté de l’oeuf avec une aiguille pour éviter qu’il éclate. Faites bouillir l’eau et les colorants, laissez refroidir, plongez les oeufs et faites bouillir à nouveau avec du vinaigre. Le dimanche de Pâques, on posera sur la table ce signe de la vie qui renaît !

Jeudi saint

Ce soir, les chrétiens se souviennent du dernier repas de Jésus avec ses amis…

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Les "intellos manuels", une reconversion difficile

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Régulièrement, les médias mettent en avant les trajectoires de salariés qui ont sauté le pas de la reconversion. Pourquoi ce phénomène social nous fascine-t-il autant ?

Ces parcours sont mis à l’honneur dans la presse surtout depuis les années 1990. En période de crise, de plus en plus insatisfaits de leurs métiers, les salariés ont peut-être davantage envie d’en changer. C’est comme un rêve que l’on entretient. Mais il y a un fossé entre ce souhait de réorientation professionnelle, et la réalité d’une reconversion.  Si l’on écoute le discours médiatique, souvent illustré par des trajectoires incongrues, chacun pourrait choisir sa voie. Il y a cette idée que tout serait une question de volonté, de prise de risques, de courage personnel, qu’il faut être mobile et savoir s’adapter…  Or il y a de profondes disparités, et de nombreuses reconversions non choisies. Il est aussi extrêmement courageux de rester dans un métier où l’on fait les 3-8, en étant mal payé et en supportant des conditions de travail difficiles ! Les réorientations sont régies par des logiques sociales.

Que vous inspirent les parcours de ces « intellos » qui, par passion, quittent le tertiaire pour se reconvertir dans l’artisanat et des métiers manuels ? Sont-ils des précurseurs ?

Il faut rester prudent. Si l’on peut estimer à environ 11 % le nombre d’individus concernés par des ruptures professionnelles lors de leur carrière, il s’agit généralement de « glissements » entre des métiers relativement proches. Les bifurcations radicales, dans des métiers « plaisirs », sont très rares. Les métiers de l’artisanat sont très règlementés et exigent des formations spécifiques. La mobilité y est très faible : par exemple, seulement 7 % des entrants dans les métiers de la boucherie, de la boulangerie ou de la cuisine sont issus d’une autre famille professionnelle. Au-delà même du savoir-faire, des compétences manuelles, il faut posséder des ressources financières, inégalement distribuées.

Quel sens donner à ces réorientations ?

Un changement de métier ne signifie pas un changement de vie, loin de là. Pour certains, il y a vraiment l’idée de quitter des métiers qui ne font pas sens, trop abstraits, comme la pub ou le marketing, où le salarié a l’impression de ne pas avoir de prise sur le réel. Un ancien graphiste dans la pub, devenu luthier, m’a expliqué : «Je ne croyais plus dans ce que je faisais. Je suis fait pour travailler les choses en volume. J’avais besoin d’être dans le concret ». J’ai également rencontré, lors de mon enquête, des femmes et des hommes, éducateurs et éducatrices par exemple, dont le souhait était de passer d’un travail sur la personne, extrêmement usant, à un travail sur la matière. Ils avaient vraiment aimé ce métier mais, au bout d’une dizaine ou d’une quinzaine d’années, ils étaient usés.

 

> Pour en savoir plus :

Reconstruire sa vie professionnelle. Sociologie des bifurcations biographiques, de Sophie Denave. Puf, 25€.
L’élégance de la clé de douze, de Laurence Decréau. Lemieux éditeur, 16€.

 

Trois bonnes graines pour échapper au gluten

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Quand on est allergique au gluten, manger relève parfois du défi. Pour éviter douleurs abdominales, diarrhées et ballonnements en cas d’intolérance ou de maladie coeliaque causées par cette substance, l’éviction est la seule solution. Mais comment faire alors que le gluten est présent dans le blé, le seigle, le kamut, l’orge, l’épeautre et le son ? Si le riz et le maïs sont d’excellents substituts, d’autres graines se révèlent, elles aussi, très digestes.

1. La kacha

C’est le nom de la graine de sarrasin grillée, surnommée « blé noir », qui n’a en fait rien à voir avec le blé puisqu’elle n’est pas une céréale mais le fruit d’une plante à fleurs originaire…

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Trois conseils pour observer la nature en famille

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1) En cherchant des formes géométriques.

Découpez dans du carton plusieurs formes géométriques : des carrés, des rectangles, des ovales, des étoiles, puis distribuez-les aux participants en leur demandant de retrouver ces formes dans la nature. Cette consigne n’est qu’un prétexte pour passer du temps dans la nature. Chacun expérimente qu’une contemplation réussie peut aussi consister à s’émerveiller devant les « petites choses » qu’elle propose : une fourmi, une toile d’araignée, une goutte d’eau au bout d’une feuille. A la fin, chacun partage ses découvertes.

2) En confectionnant un Mandala

Invitez chacun à confectionner une couronne puis à tracer à l’intérieur la figure de son choix avec ce qu’il trouve dans la nature : des herbes sèches, des aiguilles de pain, des petites pierres, des feuilles. L’ensemble constitue des sortes de mandala ou rosace. Cette animation est l’occasion de découvrir la diversité de ce qui nous entoure. Elle amène à prendre dans ses mains des fleurs, des cailloux, des brindilles, et à les toucher, les soupeser, les comparer, autant d’occasions de contempler la nature de façon active. Terminez avec une visite des œuvres, commentées par leurs auteurs.

3) En écoutant les sons de la nature

Distribuez une feuille en mettant une croix au milieu, puis demandez aux participants de dessiner les sons perçus autour d’eux, sans donner plus de précisions. Certains peuvent représenter des notes de musique, mais d’autres seront plus créatifs. Qu’importe que chacun laisser aller son inspiration. Concluez par une exposition des productions. 

Pour aller plus loin : http://www.cpie.fr

Contempler la nature avec la méthode de Franz Jalics

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 Quelle est la place de la nature dans cette approche ?

La proximité de la nature nous aide à passer du mode du faire à celui de l’être. Il s’agit de revenir au fondement de notre être au monde : la sensation qui nous relie à ce dernier. Non pas effectuer une action, ni penser, ni même éprouver un sentiment, mais se centrer sur la sensation de notre corps. Concrètement, nous sommes invités à entrer dans la contemplation par une marche lente dans la nature, en s’arrêtant régulièrement pour observer. Il s’agit de nous laisser progressivement imprégner par la sensation physique perçue à son contact et non par les sentiments.

Comment distinguer la sensation du sentiment ?

Si on place la main au-dessus d’une flamme, c’est chaud, nous sommes dans la sensation. Si ensuite nous trouvons cela agréable, nous sommes dans le sentiment, mais la perception de chaleur vient en premier. Cette approche nous incite à revenir à la sensation pure pour être pleinement présents et demeurer en contact avec le réel. Nous sommes alors davantage dans la sensation que dans l’observation qui suppose déjà une dualité entre l’objet et le sujet.

Quelle différence faites-vous entre contemplation et observation ?

Lorsque nous observons, nous restons les maîtres de l’action. Nous sommes actifs, notre regard s’oriente vers un point précis tout en restant extérieur à la chose regardée. Par la contemplation, nous devenons plus passifs, en demeurant simplement réceptifs à la sensation provoquée. Nous réduisons la distance ainsi à l’objet et lui laissons la préséance.

Ce n’est pas une attitude naturelle !

Pourtant, nous vivons ce contact sensoriel avec le monde est présent en permanence, mais nous ne le percevons pas souvent, car nous sommes englués dans nos pensées et nos sentiments. Si par exemple vous regardez de hautes herbes et que vous songez que vous n’avez pas tondu votre pelouse, revenez à la sensation produite par l’ondoiement de ces herbes. Si vous entendez des cloches sonner et que vous dites qu’il est l’heure d’aller manger, demeurez juste dans la sensation générée par leur vibration. Si vous êtes émerveillé par la beauté d’une fleur et son jaune éclatant, demeurez dans l’éclat de cette couleur. Progressivement, nous quitte alors l’envie d’agir, puis de penser, puis d’éprouver des sentiments pour devenir totalement présents au réel par la sensation. Ce contact avec la nature favorise ainsi un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur de nous mêmes.

Est-ce si mauvais de laisser une place à nos raisonnements et à nos sentiments ?

 Il ne s’agit pas de nier notre rationalité et notre affectivité qui sont essentielles, mais d’expérimenter un niveau plus archaïque dont nous avons si peu conscience dans le quotidien de nos jours. Je donne ces exercices depuis longtemps et chaque fois les personnes disent sortir renouvelées par cette expérience. Dans les Exercices spirituels Saint-Ignace invite de la même manière à sentir et goûter les choses intérieurement en contemplant une scène de l’Evangile.

Comment poursuivre ensuite pour entrer en contact avec soi-même ?

La méthode est progressive. Après la marche ralentie, Il s’agit de prendre une posture immobile pour contempler. Tout d’abord notre attention se focalise sur la sensation de l’air qui entre par les narines et qui descend par le pharynx jusque dans les poumons puis le bas-ventre. Cet exercice dure trente minutes. Après avoir passé plusieurs séquences à percevoir le souffle, nous joignons les mains et nous nous rendons attentifs à l’énergie qui se dégage et relie les deux paumes. Avec la respiration, ce nouvel exercice contribue à nous unifier.

Ensuite de dire « oui » à chaque expir est une manière de toujours mieux accepter le réel qui nous est donné. On poursuit alors l’exercice en énonçant le nom de Marie, puis enfin, selon la Prière du cœur, celui de Jésus : « Christ » sur l’inspiration puis « Jésus » sur l’expiration. A chaque fois, ces différentes phases requièrent des temps conséquents entrecoupés de marche méditative. Il est bon de répéter chaque étape avant de passer à la suivante. Progressivement nous nous centrons sur Dieu plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes et ne restons plus à la périphérie des choses. 

 

Prochaine session d’initiation à cette méthode : Du 3 au 5 octobre à Notre Dame de la Route www.ndroute.ch

Pour Isabelle Sauvegrain, «il faut allumer sa télévision intérieure pour bien récupérer»

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Nous arrivons en vacances de plus en plus fatigués. Quels sont les principaux facteurs d’épuisement au quotidien?

 

Les motifs d’épuisement sont franchement différents, selon l’âge ou l’activité professionnelle. Un étudiant qui prépare un concours par exemple, n’est pas fatigué pour les mêmes raisons qu’un agriculteur. Ce qui est sur, c’est que l’épuisement est souvent la somme de plusieurs facteurs, à la fois organisationnels, relationnels et personnels. Il y a deux notions fondamentales, d’une part l’accumulation, qui implique la réalisation d’un grand nombre de tâches différentes et la notion de superposition ou d’empilement, qui correspond à une sollicitation répétée sur la même tâche. Forcément, le temps de récupération dépend de l’intensité de l’atteinte, car ces facteurs d’épuisement peuvent être amplifiés par des situations personnelles difficiles, une maladie ou tout simplement le chagrin.

 

Pour bien récupérer, il faut donc d’abord apprendre à se connaître?

 

La clé est d’arriver à se regarder vivre. C’est la connaissance de soi par la conscience réfléchie, une faculté propre aux êtres humains. Il s’agit de se voir, comme dans une galerie des glaces, retrouver la sensation de son centre. En d’autres termes, se regarder pédaler au lieu d’avoir la tête dans le guidon! Il faut parfois prendre le temps de se rappeler comment un être humain fonctionne. Dans notre société, on passe beaucoup de temps à recevoir des informations, à être distrait. Je conseille d’allumer sa télévision intérieure.

 

Le temps des vacances est idéal pour se recentrer…

 

C’est une véritable opportunité pour gérer son temps différemment. J’utilise souvent l’image du pilote ou du navigateur qui fait le point avant de démarrer. Bien sûr, chacun peut l’envisager à sa façon. On peut récupérer au travers d’activités artistiques ou culturelles telles que le jardinage ou la poterie, ou alors en faisant de l’exercice physique. Regardez les enfants, lorsqu’ils sont turbulents en fin de journée, il suffit d’une balade ou d’une sortie au parc pour qu’ils retrouvent leur calme et soient prêts à aller se coucher. Les moments conviviaux sont tout aussi importants, pour se nourrir soi-même et nourrir les autres.

 

Combien de temps faut-il pour être sur de retrouver toute son énergie?

 

Il ne faut pas nécessairement beaucoup de temps pour récupérer et faire le point. Quand vous n’avez plus de batterie dans votre téléphone, vous le branchez pour le recharger, ce n’est pas compliqué. Paradoxalement, aujourd’hui, on s’occupe mieux des objets que de soi. Les vacances doivent être un entrainement pour prendre du recul, ensuite, quelques minutes par jour peuvent suffir. Il faut insiter sur le fait que faire le point n’est pas une perte de temps ni une démarche égoïste, même si elle est personnelle. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

 

Il y a donc une part de responsabilité personnelle, dans l’épuisement autant que dans la récupération?

 

La vie nous apporte la dette, il faut en tenir compte. Aujourd’hui nous sommes assaillis de toutes parts, ne nous étonnons pas d’être devenus des étrangers pour nous mêmes. Cependant, il faut être conscient que la civilisation ne nous oblige pas, elle nous propose. Il faut aussi savoir faire face à la vie que l’on à décidé de se choisir. Pour la récupération, c’est la même chose. Prendre le temps de se reposer ou de réfléchir n’est plus spontané dans notre société même s’il existe encore, dans certaines cultures ou religions, mais il ne tient qu’à nous de le faire. Si on décide, on a une petite chance de mettre en oeuvre.

Pour Isabelle Sauvegrain, « il faut allumer sa télévision intérieure pour bien récupérer »

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Nous arrivons en vacances de plus en plus fatigués. Quels sont les principaux facteurs d’épuisement au quotidien?

 

Les motifs d’épuisement sont franchement différents, selon l’âge ou l’activité professionnelle. Un étudiant qui prépare un concours par exemple, n’est pas fatigué pour les mêmes raisons qu’un agriculteur. Ce qui est sur, c’est que l’épuisement est souvent la somme de plusieurs facteurs, à la fois organisationnels, relationnels et personnels. Il y a deux notions fondamentales, d’une part l’accumulation, qui implique la réalisation d’un grand nombre de tâches différentes et la notion de superposition ou d’empilement, qui correspond à une sollicitation répétée sur la même tâche. Forcément, le temps de récupération dépend de l’intensité de l’atteinte, car ces facteurs d’épuisement peuvent être amplifiés par des situations personnelles difficiles, une maladie ou tout simplement le chagrin.

 

Pour bien récupérer, il faut donc d’abord apprendre à se connaître?

 

La clé est d’arriver à se regarder vivre. C’est la connaissance de soi par la conscience réfléchie, une faculté propre aux êtres humains. Il s’agit de se voir, comme dans une galerie des glaces, retrouver la sensation de son centre. En d’autres termes, se regarder pédaler au lieu d’avoir la tête dans le guidon! Il faut parfois prendre le temps de se rappeler comment un être humain fonctionne. Dans notre société, on passe beaucoup de temps à recevoir des informations, à être distrait. Je conseille d’allumer sa télévision intérieure.

 

Le temps des vacances est idéal pour se recentrer…

 

C’est une véritable opportunité pour gérer son temps différemment. J’utilise souvent l’image du pilote ou du navigateur qui fait le point avant de démarrer. Bien sûr, chacun peut l’envisager à sa façon. On peut récupérer au travers d’activités artistiques ou culturelles telles que le jardinage ou la poterie, ou alors en faisant de l’exercice physique. Regardez les enfants, lorsqu’ils sont turbulents en fin de journée, il suffit d’une balade ou d’une sortie au parc pour qu’ils retrouvent leur calme et soient prêts à aller se coucher. Les moments conviviaux sont tout aussi importants, pour se nourrir soi-même et nourrir les autres.

 

Combien de temps faut-il pour être sur de retrouver toute son énergie?

 

Il ne faut pas nécessairement beaucoup de temps pour récupérer et faire le point. Quand vous n’avez plus de batterie dans votre téléphone, vous le branchez pour le recharger, ce n’est pas compliqué. Paradoxalement, aujourd’hui, on s’occupe mieux des objets que de soi. Les vacances doivent être un entrainement pour prendre du recul, ensuite, quelques minutes par jour peuvent suffir. Il faut insiter sur le fait que faire le point n’est pas une perte de temps ni une démarche égoïste, même si elle est personnelle. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

 

Il y a donc une part de responsabilité personnelle, dans l’épuisement autant que dans la récupération?

 

La vie nous apporte la dette, il faut en tenir compte. Aujourd’hui nous sommes assaillis de toutes parts, ne nous étonnons pas d’être devenus des étrangers pour nous mêmes. Cependant, il faut être conscient que la civilisation ne nous oblige pas, elle nous propose. Il faut aussi savoir faire face à la vie que l’on à décidé de se choisir. Pour la récupération, c’est la même chose. Prendre le temps de se reposer ou de réfléchir n’est plus spontané dans notre société même s’il existe encore, dans certaines cultures ou religions, mais il ne tient qu’à nous de le faire. Si on décide, on a une petite chance de mettre en oeuvre.