"Quand le burn-out guette, apprenez à dire non"

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Près de 3,2 millions d’actifs seraient en situation de travail excessif et compulsif, présentant un surengagement pathologique avec un risque élevé de déclencher un burn-out. Ce sont les chiffres éloquents de la dernière étude menée par le cabinet Technologia dédiée aux risques liés au travail. Une autre étude réalisée par les éditeurs de logiciels Roambi et Zebaz montre que 93 % des cadres supérieurs consultent leurs données professionnelles pendant leurs congés. Face à l’ampleur de ce phénomène emblématique de notre époque débordée, comment prévenir l’épuisement professionnel ? Quels sont les signaux d’alerte et que faire pour s’en protéger ? Rencontre avec François Baumann, médecin généraliste, auteur de Burn-out. Quand le travail rend malade et du Guide anti-burn-out, éditions Josette Lyon.

 

À quoi reconnaît-on le burn-out ?

Le burn-out est un état d’épuisement émotionnel qui est l’aboutissement d’un stress intense et souvent chronique. Il est en lien direct avec notre manière de vivre le travail et nos relations avec les autres. On repère plusieurs signes avant-coureurs. Le plus manifeste ? Un état de fatigue persistante qui ne disparaît pas au repos. Les personnes se sentent totalement vidées et connaissent au sein d’une même journée d’importantes fluctuations d’humeur. On décèle aussi des troubles psychosomatiques (maux de dos, troubles digestifs, perturbations du sommeil, vertiges, anxiété…). Des crises de larmes ou de colère, des comportements addictifs et destructeurs peuvent également annoncer un burn-out.

Et sur le lieu de travail, quels en sont les signes tangibles et précurseurs ?

Dans la vie professionnelle, on observe chez ces personnes une importante démotivation, une lassitude psychique et un désenchantement associés à un sentiment d’inutilité. La déception est d’autant plus lourde que les attentes professionnelles sont élevées. Bien souvent, ces personnes s’isolent de leurs collègues et de leurs proches. Elles peuvent également faire preuve de cynisme ou d’humour noir, alors que de telles tendances n’ont rien à voir avec leur comportement habituel. Cet ensemble de signaux doit être pris en compte.

Existe-t-il des personnes plus à risque que d’autres ?

Le burn-out a longtemps concerné les professionnels de l’aide en contact avec un public : médecins, infirmières, avocats, enseignants… mais aujourd’hui, aucune catégorie n’est épargnée. Les caissières de supermarché, les ouvriers et les agriculteurs présentent les mêmes risques que d’autres professions.

Comment prendre de la distance par rapport à son travail ?

Il est capital de s’interroger sur la place et le sens qu’on lui donne. Bien souvent, les personnes confrontées au surmenage présentent une forte quête de reconnaissance, voire d’amour mal placé dans l’univers professionnel. Je leur demande fréquemment : « Que cherchez-vous à montrer en travaillant de cette manière ? » Elles ne savent pas dire non à certaines demandes de leur hiérarchie, ni respecter leurs propres limites. Or face à une promotion qui risque d’entraîner trop de stress et de mettre en péril son équilibre, il est parfois souhaitable d’opposer un refus. Selon moi, le burn-out, c’est une maladie de l’âme en quête de son idéal. Il existe souvent, dans ce cas-là, un fort sentiment de déception par rapport à la vie que l’on mène. Ce mal-être peut conduire à une remise en question et à une profonde transformation de l’existence et de sa manière de l’appréhender. En sortir implique notamment de revoir son idéal et de l’adapter autrement aux exigences de la réalité.

Cela passe aussi par le fait de retrouver un juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée…

Quel que soit notre métier, il importe de laisser de la place aux loisirs. Faire du sport, avoir des hobbies sont nécessaires pour éviter un surinvestissement professionnel. Sur le plan physique, veillez à dormir suffisamment, à prévoir des moments de détente après votre journée de travail, à vous investir dans des activités qui vous ressourcent. Sur le plan relationnel, ne vous isolez pas : gardez le contact avec vos collègues, votre famille et vos amis. Enfin, entretenez des relations fondées sur la réciprocité : fuyez les personnalités toxiques ou négatives qui accaparent votre énergie.

"Les cures de détox et de revitalisation sont la base de la naturopathie"

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Qu’est-ce que la naturopathie et quelle place y occupe l’alimentation ?

La naturopathie est la troisième médecine traditionnelle dans le monde selon l’OMS et parmi  les 10 techniques qu’elle utilise (exercices physiques, plantes, hydrologie, respirations…), l’alimentation y occupe la première place ! Le grand principe de la naturopathie est d’aider l’organisme à conserver et retrouver son équilibre par lui-même et le premier soutien à lui apporter est une alimentation de vie. Nos sols appauvris et les aliments industriels avec leurs cortèges de pesticides, additifs conservateurs et cuissons à haute température, font qu’il n’a jamais été aussi important de faire attention à son alimentation pour notre santé physique et psychique.

Si vous deviez donner un seul conseil à nos lecteurs sur leur alimentation…

Je conseille d’augmenter largement la part d’aliments végétaux et crus – pour les vitamines, minéraux, enzymes et phytonutriments qu’ils renferment – mais le plus important reste de manger de vrais aliments, non modifiés, non traités et non transformés. Ainsi un végétarien qui se nourrit d’aliments industriels aura un régime moins sain et vitalisant qu’un non végétarien qui mange frais et bio. Enfin, l’idéal serait pour chacun une approche individualisée : un excès de fruits apportera trop de sucre et d’acidité à certains, d’autres devront éviter les algues ou les choux selon leur état thyroïdien ou certains les laitages pour soulager leurs articulations…

En quoi consistent les cures de détoxication en naturopathie ?

Elles aident l’organisme à retrouver son équilibre et ses forces de réparation et sont réservées aux personnes avec suffisamment de vitalité pour se débarrasser des toxines accumulées. Lors de ces cures, c’est essentiellement la mise au repos digestive qui prime même si on peut également la compléter par certains exercices physiques, ou des techniques de respiration, de la réflexologie ou encore certaines plantes drainantes. A l’issue d’une cure détox, tout l’organisme est relancé et les nutriments sont mieux assimilés par les cellules. On en ressort avec une nouvelle vitalité physique et psychique et une bien meilleure résistance aux stress. On retrouve cette notion de nettoyage dans de nombreuses traditions comme dans la religion catholique avec le carême ou le jeûne du vendredi. Après l’hiver, le corps a tout simplement besoin de s’alléger et suivre ce besoin naturel c’est aussi s’accorder avec la saison.

Quelles sont les cures de printemps que vous conseillez ?

Tout d’abord, le premier principe est de consommer des aliments de saison. On ne fait pas une cure de raisins au printemps par exemple. Si les aliments arrivent à une certaine saison, c’est pour une raison particulière ! Au printemps, les cures de jus de légumes sont particulièrement adaptées et combinent l’avantage d’apporter beaucoup de vitamines et nutriments, donc de l’énergie, tout en mettant l’organisme au repos. Cette cure est proche d’un jeûne en ce qui concerne le repos digestif tout en rechargeant et reminéralisant l’organisme. De plus, les légumes sous forme de jus sont plus assimilables et conviennent à tout le monde, car les fibres sont éliminées et n’irritent alors pas les intestins sensibles. Ils ont également très alcalinisants et permettent de réduire l’excès d’acidité de notre corps, sources d’inflammation, de déminéralisation et indirectement de nervosité.

Vous évoquez également les cures de cerises …

A la fin du printemps, une cure de cerises sur un repas voire une journée de temps en temps est tout à fait salutaire. Diurétique, désacidifiante, elle permet de drainer tous les émonctoires (les organes chargés d’éliminer nos toxines). En revanche, je ne la conseillerai pas aux personnes ayant les intestins sensibles, pas plus qu’à un diabétique ou à quelqu’un qui souffre du cancer ou d’une candidose car elle est ultra sucrée. De plus il ne faut pas la suivre trop longtemps. Une journée est suffisante ou encore quelques demi-cures (une partie de la journée).

 

> Cures détox, mode d’emploi :

Tout d’abord partez du principe qu’un petit peu est toujours mieux que rien ! Une journée ou un ou deux soirs par semaine suffit : plus longtemps, il faut être suivi car les effets secondaires doivent être encadrés (migraines, fatigue…). Une pratique régulière (le même jour durant plusieurs semaines) est bien plus efficace et permets au corps de s’habituer à faire le ménage. L’avantage de ces monodiètes est que l’on peut manger à volonté et autant de fois que l’on veut (cinq ou six repas par jour). Au printemps, la cure de jus de légumes est la plus adaptée et convient à tout le monde. Idéalement on peut investir dans un extracteur à jus et sinon s’orienter vers les jus de légumes bio du commerce, bien qu’un peu trop sucrés (betteraves, carottes…). On peut aussi opter pour des soupes de légumes crues ou cuites assaisonnés avec de l’ail, du tamari, des épices et des herbes et liées avec de l’avocat par exemple.

Exemple de jus Détox (avec un extracteur à jus) : 2 à 3 carottes, 1 petite betterave, 1 fenouil, 2 branches de céleri, 1 pomme et 1 morceau de gingembre frais.

 

> Retrouvez notre dossier “La santé dans votre assiette” dans le numéro 3583 de La Vie, disponible dès mercredi 30 avril en version numérique et en kiosque.

 

 

Elisabeth Marshall, rédactrice en chef de La Vie, est l’invitée expert de La Quotidienne de France 5, le mercredi 30 avril à 11h45. Le dossier du jour est consacré à « La santé dans mon assiette » dans une émission spéciale en partenariat avec La Vie.

Retrouvez
La Quotidienne sur France 5, du lundi au vendredi à 12h »

"L’alimentation est notre première médecine"

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Maladie d’Alzheimer, cancer, diabète, problèmes cardiovasculaires… Ces maladies de civilisation pourraient être largement évitées en changeant notre alimentation explique le Dr Béliveau, rappelant le célèbre adage d’Hippocrate, il y a près de 2500 ans : « Que ton aliment soit ta seule médecine. » Au sein du laboratoire de médecine moléculaire qu’il dirige, le professeur canadien explore avec son équipe depuis plus de 30 ans les molécules des aliments et leurs vertus anticancer.

Les recherches sur les aliments santé proviennent en grande partie des États-Unis ou du Canada. Comment expliquez-vous cela ?

L’épidémie de l’obésité et la crise de la malbouffe nous ont touchés bien avant vous et les coûts et impacts sont si conséquents sur notre société qu’ils obligent les politiques à réagir, à l’exemple de Mme Obama qui en a fait un enjeu majeur de sa communication de première dame. Dans des régions comme le Mississippi, on compte jusqu’à 88% d’obésité ! Au Canada, c’est désormais la moitié du budget de l’État qui doit être consacré à la santé. On assiste à une rupture de la transmission des connaissances culinaires entre mères et filles. Aujourd’hui, la ménagère américaine connaît moins de huit recettes de cuisine. Ce désert culinaire a été comblé par l’industrie agroalimentaire et la vague d’épidémies de santé dues à la malbouffe rejoint l’Europe et même la France. Des bastions comme la Crète ou l’île d’Okinawa, des modèles de l’alimentation saine, sont désormais touchés : la culture des pizzas et des crackers a ainsi envahi l’île japonaise des centenaires au contact des bases américaines qui y sont installées.

Peut-on se soigner avec l’alimentation ?

On n’a pas testé à ce jour d’aliments au cours de maladies comme on le ferait avec des médicaments. Il faudrait avoir recours aux mêmes méthodes d’évaluation avec le même ordre de coûts (300 à 400 millions d’euros pour la mise sur le marché d’un médicament). Il y a peu de chance qu’un producteur de brocolis rentabilise son investissement… En revanche, dans le domaine de la prévention, on sait, grâce à des cohortes d’études populationnelles menées sur des dizaines de milliers de personnes que certains aliments réduisent les risques de maladies ou augmentent la survie suite à une maladie grave. En cardiologie, par exemple, un centre à Montréal suit les patients victimes d’infarctus : on les fait bouger et on les oriente vers le régime méditerranéen, réduisant ainsi leur risque de mortalité de 30%. Idéalement, suite à un cancer, on devrait se voir « prescrire » un régime anticancer… On sait, par exemple, que trois portions hebdomadaires de choux et de brocolis augmentent la survie de 60% chez les personnes ayant été touchées par un cancer de la vessie.

Vous dites qu’il n’est jamais trop tard pour changer son alimentation…

Tout à fait. De nombreuses études l’ont montré : même après 65 ans si l’on introduit du thé vert ou des polyphénols alimentaires (fruits rouges, chocolat, agrumes, vin rouge, pommes, oignons…), on constate un effet de protection et de réduction du déclin cognitif notamment. Un seul aliment peut à lui seul inverser très positivement les paramètres de santé. Ainsi, une cuillère à soupe par jour de graines de lin moulues permet de baisser de 50 % les marqueurs moléculaires de l’inflammation, ceci en seulement un à deux mois.

Maladies cardiovasculaires, cancer, diabète de type 2, maladie d’Alzheimer : en quoi ces maladies seraient causées par l’alimentation ?

Elles ont comme dénominateur commun l’inflammation chronique qui crée un environnement propice à leur développement. Notre alimentation est devenue pro-inflammatoire en modifiant les équilibres entre oméga 6 et oméga 3 : aujourd’hui, on compte six fois plus d’oméga 6 dans nos assiettes que d’oméga 3 alors que leurs apports devraient être équivalents. Le sirop de maïs et l’huile de maïs largement utilisés par les industriels contribuent à cette prévalence des oméga 6 pro-inflammatoires. Pour comprendre l’impact sur le cancer, je donne souvent l’image d’une graine : conservée au frigo, elle ne pousse pas, mise en terre à la lumière avec de l’eau, elle grandit. C’est pareil pour les gènes du cancer : l’inflammation leur permet de s’exprimer. De manière simpliste il faut comprendre que lorsqu’on est gras, on est « inflammé » via les adipocytes notamment. Or, l’obésité, l’hypertension et le cholestérol – des maladies liées à l’excès de mauvaises graisses – augmentent de 600 % le risque de maladie d’Alzheimer et de déclin cognitif.

Vous appelez finalement chacun à prendre en main sa santé…

Chacun d’entre nous est responsable de sa santé et de celle de ses enfants. Arrêtons de penser que nos maux ne sont dus qu’à la malchance, à la pollution ou à la génétique ! C’est notre alimentation et notre façon de vivre qui modulent nos prédispositions et la majorité des centenaires doivent leur longévité à leur mode de vie plus qu’à la chance ou à l’hérédité. Pour preuve, les enfants adoptés ont les mêmes taux de cancer que leurs parents adoptifs ! Enfin, bien ou mal manger n’est pas qu’une question de revenus mais surtout le fait de la désinformation et des campagnes de publicité massives des industriels qui dépensent chaque année des milliards en publicité et lobbying.

 

> Retrouvez notre dossier “La santé dans votre assiette” dans le numéro 3583 de La Vie, disponible dès mercredi 30 avril en version numérique et en kiosque.

 

 

Elisabeth Marshall, rédactrice en chef de La Vie, est l’invitée expert de La Quotidienne de France 5, le mercredi 30 avril à 11h45. Le dossier du jour est consacré à « La santé dans mon assiette » dans une émission spéciale en partenariat avec La Vie.

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"L’alimentation est notre première médecine"

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Maladie d’Alzheimer, cancer, diabète, problèmes cardiovasculaires… Ces maladies de civilisation pourraient être largement évitées en changeant notre alimentation explique le Dr Béliveau, rappelant le célèbre adage d’Hippocrate, il y a près de 2500 ans : « Que ton aliment soit ta seule médecine. » Au sein du laboratoire de médecine moléculaire qu’il dirige, le professeur canadien explore avec son équipe depuis plus de 30 ans les molécules des aliments et leurs vertus anticancer.

Les recherches sur les aliments santé proviennent en grande partie des États-Unis ou du Canada. Comment expliquez-vous cela ?

L’épidémie de l’obésité et la crise de la malbouffe nous ont touchés bien avant vous et les coûts et impacts sont si conséquents sur notre société qu’ils obligent les politiques à réagir, à l’exemple de Mme Obama qui en a fait un enjeu majeur de sa communication de première dame. Dans des régions comme le Mississippi, on compte jusqu’à 88% d’obésité ! Au Canada, c’est désormais la moitié du budget de l’État qui doit être consacré à la santé. On assiste à une rupture de la transmission des connaissances culinaires entre mères et filles. Aujourd’hui, la ménagère américaine connaît moins de huit recettes de cuisine. Ce désert culinaire a été comblé par l’industrie agroalimentaire et la vague d’épidémies de santé dues à la malbouffe rejoint l’Europe et même la France. Des bastions comme la Crète ou l’île d’Okinawa, des modèles de l’alimentation saine, sont désormais touchés : la culture des pizzas et des crackers a ainsi envahi l’île japonaise des centenaires au contact des bases américaines qui y sont installées.

Peut-on se soigner avec l’alimentation ?

On n’a pas testé à ce jour d’aliments au cours de maladies comme on le ferait avec des médicaments. Il faudrait avoir recours aux mêmes méthodes d’évaluation avec le même ordre de coûts (300 à 400 millions d’euros pour la mise sur le marché d’un médicament). Il y a peu de chance qu’un producteur de brocolis rentabilise son investissement… En revanche, dans le domaine de la prévention, on sait, grâce à des cohortes d’études populationnelles menées sur des dizaines de milliers de personnes que certains aliments réduisent les risques de maladies ou augmentent la survie suite à une maladie grave. En cardiologie, par exemple, un centre à Montréal suit les patients victimes d’infarctus : on les fait bouger et on les oriente vers le régime méditerranéen, réduisant ainsi leur risque de mortalité de 30%. Idéalement, suite à un cancer, on devrait se voir « prescrire » un régime anticancer… On sait, par exemple, que trois portions hebdomadaires de choux et de brocolis augmentent la survie de 60% chez les personnes ayant été touchées par un cancer de la vessie.

Vous dites qu’il n’est jamais trop tard pour changer son alimentation…

Tout à fait. De nombreuses études l’ont montré : même après 65 ans si l’on introduit du thé vert ou des polyphénols alimentaires (fruits rouges, chocolat, agrumes, vin rouge, pommes, oignons…), on constate un effet de protection et de réduction du déclin cognitif notamment. Un seul aliment peut à lui seul inverser très positivement les paramètres de santé. Ainsi, une cuillère à soupe par jour de graines de lin moulues permet de baisser de 50 % les marqueurs moléculaires de l’inflammation, ceci en seulement un à deux mois.

Maladies cardiovasculaires, cancer, diabète de type 2, maladie d’Alzheimer : en quoi ces maladies seraient causées par l’alimentation ?

Elles ont comme dénominateur commun l’inflammation chronique qui crée un environnement propice à leur développement. Notre alimentation est devenue pro-inflammatoire en modifiant les équilibres entre oméga 6 et oméga 3 : aujourd’hui, on compte six fois plus d’oméga 6 dans nos assiettes que d’oméga 3 alors que leurs apports devraient être équivalents. Le sirop de maïs et l’huile de maïs largement utilisés par les industriels contribuent à cette prévalence des oméga 6 pro-inflammatoires. Pour comprendre l’impact sur le cancer, je donne souvent l’image d’une graine : conservée au frigo, elle ne pousse pas, mise en terre à la lumière avec de l’eau, elle grandit. C’est pareil pour les gènes du cancer : l’inflammation leur permet de s’exprimer. De manière simpliste il faut comprendre que lorsqu’on est gras, on est « inflammé » via les adipocytes notamment. Or, l’obésité, l’hypertension et le cholestérol – des maladies liées à l’excès de mauvaises graisses – augmentent de 600 % le risque de maladie d’Alzheimer et de déclin cognitif.

Vous appelez finalement chacun à prendre en main sa santé…

Chacun d’entre nous est responsable de sa santé et de celle de ses enfants. Arrêtons de penser que nos maux ne sont dus qu’à la malchance, à la pollution ou à la génétique ! C’est notre alimentation et notre façon de vivre qui modulent nos prédispositions et la majorité des centenaires doivent leur longévité à leur mode de vie plus qu’à la chance ou à l’hérédité. Pour preuve, les enfants adoptés ont les mêmes taux de cancer que leurs parents adoptifs ! Enfin, bien ou mal manger n’est pas qu’une question de revenus mais surtout le fait de la désinformation et des campagnes de publicité massives des industriels qui dépensent chaque année des milliards en publicité et lobbying.

 

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4 clés pour dénicher un contrat en alternance à la rentrée

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À l’heure des conseils de classe et des partiels du deuxième semestre, élèves et étudiants doivent affiner leurs souhaits pour la rentrée prochaine. De la seconde au niveau bac + 5, près de 400 000 d’entre eux s’inscriront dans une formation en alternance, où cours théoriques et longues périodes au sein d’une entreprise se relaient. Deux formules existent.

L’apprentissage est la plus courante. Au sein d’un centre de formation d’apprentis (CFA), les jeunes passent les diplômes professionnels et technologiques de l’Éducation nationale, depuis le CAP jusqu’à la licence pro, voire au master. Avec le contrat de professionnalisation – la seconde voie –, l’accent est mis sur l’insertion, et les cursus peuvent aussi viser des certificats de qualification professionnelle (CQP).

Les formations en alternance durent un ou deux ans, parfois trois en apprentissage, selon le diplôme préparé. Les jeunes doivent signer un contrat de travail qui couvrira cette période. « À chaque rentrée, des élèves préinscrits sont obligés de renoncer faute d’avoir trouvé un employeur », déplore la chargée de développement du CFA bâtiment de Rennes (35). D’après une enquête menée fin 2011 par la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc), ils seraient 20 % dans ce cas.

Chercher dès le printemps

Il faut donc concentrer ses efforts sur les candidatures auprès des entreprises. Les CFA disposent d’un réseau de partenaires, mais on peut aussi aller voir du côté des sites d’annonces classiques et des espaces dévolus à l’apprentissage (voir encadré). Il importe également de ne pas négliger les candidatures spontanées.

« Il faut prendre contact avec les entreprises au printemps. Certains employeurs ne se décideront peut-être qu’à la rentrée, mais les jalons seront posés. D’autres ­proposeront un job d’été pour tester leurs candidats… », insiste Valérie Deflandre, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ). Mieux vaut alors se renseigner sur la branche professionnelle et sur l’entreprise en ­particulier. Sur Internet, les sites des chambres des métiers, des syndicats et des enseignes sont des mines d’informations. « On y repère aussi les mots-clés à mettre dans son CV ou dans sa lettre de motivation », précise ­Valérie Deflandre. Utiliser le jargon propre au domaine d’activité, exprimer son adhésion au projet de l’entreprise, montrer que l’on en connaît les produits phares sont une réelle preuve d’intérêt pour un employeur.

Privilégier le contact direct

Inutile d’envoyer une centaine de courriers identiques et impersonnels : ça ne paye pas. « Se présenter en personne est plus fructueux », assure Nathalie Carra, chargée de mission apprentissage à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de France. Les étudiants post-bac qui visent une place dans une grande entreprise peuvent téléphoner au service des ressources humaines, pour obtenir le nom d’un recruteur et, pourquoi pas, prendre un rendez-vous pour déposer leur candidature.

Pour les plus petites structures, se déplacer pour se présenter est l’occasion de faire une bonne première impression et de montrer sa détermination. « Habillez-vous simplement, soyez propres, conseille Valérie Deflandre. Il faut se renseigner sur les codes vestimentaires de votre branche, mais ce n’est pas la peine de se présenter en costume-cravate pour un poste d’électricien… » À bannir : les casquettes, les chewing-gums, les téléphones allumés, même sur vibreur.

Prouver sa motivation

« L’attitude et la motivation des candidats comptent beaucoup dans mon choix, prévient Arsène Monvoisin, gérant d’une agence d’aménagement d’intérieur à Dinan (Côtes-d’Armor), qui a déjà embauché trois apprentis d’une école de design. Mais je suis attentif également à leur envie de s’intégrer dans ma structure, aux compétences qu’ils disent pouvoir apporter. » Même quand on débute ses études, il est primordial de mettre en avant ses aptitudes. « Les employeurs cherchent quel­qu’un qui peut remplir des missions rapidement », souligne Valérie Deflandre.

Préciser qu’on est doué en informatique, que l’on a une petite expérience en service à la personne ou qu’on a été ­délégué de classe peut faire la différence, même si l’on cherche un poste a priori très ­éloigné de ces critères. En revanche, un apprenti reste en formation, et il faut s’assurer que l’essentiel des tâches seront en lien avec le diplôme. Pas question, par exemple, de passer le balai toute la journée quand on prépare une licence professionnelle en marketing, même s’il ne faut pas exclure de donner un coup de main pour le ménage à l’occasion.

Vanter l’alternance

Dernier point, et non des moindres, il faut convaincre les employeurs qui n’ont jamais embauché d’apprentis que l’alternance est une formule intéressante pour eux. « On peut notamment faire valoir qu’ils forment les professionnels de demain, pour leur branche, voire pour leur entreprise », avance Nathalie Carra, de la CCI France. « Vendre » l’alternance en même temps qu’on se « vend » soi-même !

Autre information à transmettre aux recruteurs : ils seront soutenus par l’État et les régions. De la documentation est disponible en ligne, et il ne faut pas hésiter à la fournir à sa future entreprise au moment de postuler. Connaître le rythme de l’alternance de sa formation est également primordial. « J’ai mis en avant le fait que j’étais disponible les jours d’affluence, détaille Léa Ménard, en contrat de professionnalisation de praticienne spa et bien-être. J’ai également insisté sur le fait que je connaissais les produits et qu’en plus de pratiquer les massages je pourrais assurer d’autres soins esthétiques ainsi que la vente en boutique. » Son argumentation a fonctionné. En contrat depuis septembre dans un institut, Léa a même pu ajouter de nouveaux massages à l’offre de soins.

 

> Les bons contacts :

Pour se renseigner : le site de L’apprenti ; la page “Ma voie pro” du site de l’Onisep (Office national d’information sur les enseignements et les professions) ; le CIDJ (Centre d’information et de documentation jeunesse).

Pour rencontrer un employeur : le réseau Point A des Chambres de commerce et d’insdustrie (CCI) ; 
les salons professionnels ; les 
collectivités territoriales ; 
les chambres des métiers ; 
les grands groupes.

Pour postuler par Internet :Pôle Emploi ; la Bourse de l’apprentissage ; 
le Portail de l’Alternance ; 
le site “En Alternance”.

Pour informer les entreprises :
 sur le site Service-Public.fr ; sur le site de la CCI ; sur le site du Pôle Emploi.