Chrétiens face au coronavirus : le curé chante sous les fenêtres d’une maison de retraite

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Entre l’Ehpad d’Ecouché et la paroisse, les liens sont anciens et nombreux. D’abord, la maison de retraite et le presbytère sont voisins. Ensuite, le curé, Alexis de Brebisson, y célèbre la messe chaque semaine. Enfin, une équipe de la paroisse visite régulièrement les personnes âgées. « Nous avons un très bon contact avec les salariés et la direction de la maison. Et puis nous sommes une petite commune, tout le monde se connaît », confie le prêtre. 


Avec le confinement, ces liens ne se sont pas rompus, bien au contraire. Les paroissiens qui animent l’aumônerie de l’Ehpad se sont organisés pour appeler régulièrement les quelque 75 résidents, et ceux qui le veulent continuent à se réunir entre eux pour prier en l’absence de messe. 


Nous voulons leur dire que nous ne les oublions pas.


Mais ce vendredi, Alexis de Brebisson, ainsi que deux jeunes qui vivent en colocation au presbytère, ont voulu manifester physiquement leur proximité en allant chanter quelques airs connus sous les fenêtres des résidents accompagnés d’une guitare. « C’est tout simple, témoigne le curé de la paroisse. Ce sont nos voisins et nous voulons être attentifs à eux ! Ils ont besoin de soutien dans ce confinement où ils ne peuvent plus recevoir de visites. Nous voulons leur dire que nous ne les oublions pas. » 


« J’irai revoir ma Normandie » 


« Santiano », « Aux Champs-Élysée », « La cloche du vieux manoir » et bien sûr… « J’irai revoir ma Normandie », ont été repris en chœur par quelques résidents aux fenêtres. Un bon moment : « Après-midi chant !!! Merci au père Alexis et son équipe de chanteurs !!! Bonne ambiance », a écrit l’équipe de la maison de retraite sur sa page Facebook en partageant quelques photos. Et le prêtre de plaisanter : « La voiture des gendarmes est passée mais ne s’est pas arrêtée ! » Il compte proposer à nouveau quelques chansons la semaine prochaine.

Des ressources chrétiennes en ligne pour les enfants

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Coloriages et activités d’éveil à la foi


Certes, ils n’embêtent plus les paroissiens le dimanche matin, mais mieux vaut occuper les plus jeunes pour que les parents puissent s’unir à la messe télévisée et vivre une vraie communion spirituelle… Sur leur site, les Éditions Mame offrent des coloriages ainsi que des cahiers d’activités, notamment un cahier de dix pages consacrées à la Semaine sainte et à Pâques.


Le carême avec Théobule


Comme chaque année, ces vidéos des dominicains de Lille sont destinées aux enfants de 6 à 11 ans. Témoignages d’enfants, évangile en vidéo, questions expliquées… un contenu riche et accessible. En ce carême 2020, ils invitent ainsi à lire la Bible en sept semaines et à constituer un jeu des sept familles. Pour vous inscrire, rendez-vous sur theobule.org !


Culte en famille


« Aider les familles à vivre, rayonner et transmettre la foi et l’amour de Dieu à la maison », tel est l’objectif de l’association protestante Graines2vie. Ces chrétiens créatifs proposent des idées pour mener une séance familiale qui explorera un passage biblique en deux temps, trois mouvements. Abonnez-vous pour recevoir gratuitement chaque semaine le courriel « Plic » afin de vivre ces « rendez-vous en famille ».


Chanter ensemble et partager des histoires


Aidez-vous de YouTube pour avoir le bon ton, le rythme et l’accompagnement. On s’abonne à la chaîne Sing to God, référence de la musique chrétienne francophone. Notre coup de cœur pour la playlist de « Jeunesse en mission » qui diffuse les 17 titres de son CD J’aime l’Éternel – Kids, réalisés par un chœur d’enfants.


À noter aussi : une partie du catalogue des livres audios Mame sont disponibles gratuitement sur les sites Deezer et Spotify. Au programme : de nombreux chants pour enfants, dont les fameuses Chansons de Loupio, le petit héros de Jean-François Kieffer, mais aussi des récits de la Bible à écouter et plusieurs titres de la très belle collection « Graines de saints » (François, Thérèse, Van et Mère Teresa), de Bénédicte Delelis et Anne-Sophie Rahm.


Construire son chemin de carême… et son jardin de Pâques


L’actualité nous fait parfois oublier que nous sommes en route pour Pâques ! Si vous l’avez zappé, il est encore temps de réaliser votre chemin de Carême. Parmi tous ceux qui existent, on flashe sur le Calendrier de la solidarité développé par Caritas Canada qui nous emmène au fil du fleuve Amazone.


Et pour vivre la Semaine sainte, on met la main à la pâte afin de confectionner son « jardin de Pâques » ! Un peu d’inspiration à puiser parmi les modèles répertoriés sur le blog Choisis la vie.


En lien avec votre paroisse et votre diocèse


Les initiatives se multiplient afin de rester connectés ! N’hésitez pas à vous rendre sur le site de votre paroisse ou de votre diocèse afin de savoir ce qui est proposé. Et pourquoi ne pas envoyer un mail ou une vidéo réalisée en famille afin de manifester à votre curé votre communion ?


Offrir des dessins aux plus isolés


Poèmes, coloriages, dessins, citation inspirantes… vos enfants ont du talent ! Vous ferez des heureux en scannant les chefs-d’œuvres colorés de vos artistes en herbe et en les déposant dans la boîte-aux-lettres de voisins âgés ou à l’Ephad du coin. Certains hôpitaux affichent aussi les œuvres qui auront été scannées et envoyées par mail. Sollicitez votre curé ou l’équipe de pastorale de la santé pour connaître les besoins et les adresses.


Des films spirituels à (re)voir en famille


Réseau international lancé en 2000, NetForGod est une mission de la communauté du Chemin Neuf qui produit chaque mois un documentaire de trente minutes. Il en existe aujourd’hui une centaine, parmi lesquels « Les moines de Tibhirine » ou « Martin Luther King ». Celui du mois dernier, « Sicile, terre d’accueil – Rencontre avec l’humanité blessée » nous immerge dans trois centres d’accueil pour migrants, à Palerme. Retrouvez-les gratuitement en streaming sur netforgod.tv !


En DVD sur le site de sajedistribution.com ou en VOD sur lefilmchretien.fr (5,99€ par téléchargement ou 9,99€ l’abonnement en streaming pour un mois), c’est le moment de faire le plein de films chrétiens. Animation (L’Incroyable histoire de Jésus est accessible dès l’âge de 6 ans), vies de saints (Philippe Néri, Don Bosco, Bakhita, Mère Teresa…), comédies (Tout mais pas ça !, plutôt pour les adolescents), etc. Parmi les 70 titres du catalogue, vous devriez trouver de quoi répondre aux aspirations des petits comme des grands.

Les 5 conseils pour s’organiser en confinement

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1. Diminuez la pression


J’ai passé la première semaine à rassurer ! Il est normal d’éprouver des difficultés à trouver son rythme, sa place, à jongler. Nous vivons un réel bouleversement auquel nous n’étions pas préparés. Nos équilibres habituels sont bousculés ; laissons-nous le temps de nous adapter… Il ne faut pas s’attendre à avoir la même efficacité professionnelle qu’à l’ordinaire, dans ce contexte inédit. Idem pour la classe à la maison : les parents ne sont pas des enseignants. Les serveurs sont saturés, les connexions parfois difficiles mais ce n’est pas grave, ne nous mettons pas la pression ! Il y aura des remises à niveau, de l’indulgence… Ne dramatisons pas.


2. Gardez un rythme


Même si l’emploi du temps peut s’assouplir, il importe de préserver des horaires. Ce cadre rassure, permet de mieux rythmer et d’optimiser la journée. D’un point de vue chronobiologique, les enfants ont besoin de sommeil et de manger à heures fixes. Attention aux écrans, à ce qu’ils ne veillent pas trop la nuit ; fixez aussi une heure de réveil et de début des cours. Déterminez aussi ce qui vous convient dans la journée. Ménagez des plages où les enfants seront autonomes, afin que vous puissiez avancer dans votre travail. Sur le plan professionnel, déterminez vos priorités – là encore, ne visez pas la lune, mais fixez-vous des micro-objectifs hiérarchisés pour chaque jour. Cette « feuille de route attentionnelle » sert de fil conducteur à notre journée et apaise un cerveau en ébullition.


3. Établissez une charte de confinement


Il est normal que la situation génère des tensions. Co-construire ensemble une charte permet de garantir un certain état d’esprit. Chacun exprimera ses besoins, les moments où il a besoin de silence pour une visioconférence, par exemple. Pensez à des aménagements (évitez de rester à 5 dans une même pièce !) ; il y a des compromis à trouver, en bonne intelligence. Travaillez le matin, avant que les enfants soient levés ; le soir, lorsqu’ils sont couchés. Plus que jamais, privilégions la bienveillance, envers nous-même et entre nous… Quels temps de décompression allons-nous nous accorder ? Les moments privilégiés à vivre, ensemble ?


4. Associez les enfants aux services


Tout le monde, sans exception, est mis à contribution ! Ménage, cuisine, vaisselle, repassage… Qui fait quoi ? Listez toutes les tâches de la maison à réaliser et répartissez-les entre les membres de la famille. Et si nous nous lancions ensemble dans un grand ménage de printemps ? Il offre une excellente occasion de trier, désencombrer, ranger, nettoyer de fond en comble… Tout ce que nous n’avons pas le temps de faire habituellement ! C’est un bon moyen pour réinvestir son lieu de vie et le rendre plus agréable.


5. Réévaluez vos priorités


Je gage que ce temps contraint contribuera à nous ouvrir les yeux. Sur le plan professionnel, j’espère qu’il nous fera sortir de la culture du présentéisme encore prégnante en France. Sur le plan personnel, puisse-t-il nous permettre d’appréhender différemment le temps, de réhabiliter celui de l’introspection, de la réflexion, de la prise de distance… Nous sommes si souvent happés par les urgences, l’opérationnel, d’ordinaire ! C’est le moment de réévaluer nos priorités et de redéfinir notre essentiel.


www.dianeballonadrolland.com

SOS enfants à la maison !

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1. S’organiser


Après le choc de la nouvelle, il y a eu les tâtonnements de la première semaine. Comment gérer les différents niveaux scolaires, le télétravail des parents, les repas quotidiens pour toute la famille, les écrans si tentants ? Il faut l’avouer, l’euphorie des premiers instants a laissé place à des frictions et à des hurlements. « Tout le monde tâtonne, rassure Diane Ballonad-Rolland, coach en organisation. Nous vivons un véritable bouleversement, qui plus est inédit. Il faut du temps pour que chacun trouve sa place et son nouveau rythme. » Pour commencer, mieux vaut mettre à plat les difficultés et exprimer ses besoins. 


Des « chartes de confinement » se sont ainsi improvisées dans les foyers, garantes d’un bon esprit. D’autres ont fixé un emploi du temps maison. Là encore, inutile de placer la barre trop haut… « D’un point de vue professionnel, il ne faut pas s’attendre à atteindre notre efficacité habituelle dans ce contexte », insiste la coach. Elle invite toutefois à garder un rythme : « Même s’il est assoupli, compte tenu des circonstances, les enfants en ont besoin d’un point de vue chronobiologique : coucher tôt, repas à heures fixes, etc. » Quant aux services, tout le monde met la main à la pâte ! C’est le moment de se distribuer les tâches ménagères : cuisine, vaisselle, aspirateur, repassage, etc. « Ce confinement peut offrir l’occasion de programmer un véritable ménage de printemps, de trier, désencombrer, nettoyer, ranger… » Une belle manière de réinvestir son lieu de vie.


2. Comment vivre l’anxiété


L’épidémie peut réactiver des peurs : peur du lendemain, de manquer, de ne pas être à la hauteur, peur de la mort. « N’étions-nous pas trop rassurés, questionne Jacob Azeroual, médecin psychanalyste et psychothérapeute. En réalité, le déséquilibre, la précarité et la mort sont liés à notre condition humaine et nous permettent paradoxalement de mieux savourer l’instant présent. » 


 Le couple est le diapason de la famille. Ne contaminons pas les enfants par notre désespoir !


Spécialisé dans « l’anxio-dépression », cet auteur du récent ouvrage Savoir (s’)aimer (Guy Trédaniel) souligne combien « le couple est le diapason de la famille. Ne contaminons pas les enfants par notre désespoir ! Notre meilleure influence est passive : par notre manière d’être. L’enfant perçoit s’il est embrassé par habitude ou par amour. » Et c’est toute la différence. Même dans l’adversité, il nous appartient de choisir : « La déclinaison d’un événement dépend de nous, de ce qu’on en fait. Ce cataclysme nous conduit à repenser notre vie, à redéfinir nos priorités, à retrouver le temps et notre liberté de penser. » Le confinement réapprend en effet à vivre ensemble, à tenir compte des plus isolés, à ouvrir les yeux sur les joies simples. Il suscite des ressources, des chaînes de solidarité. Contre l’anxiété, rien de tel que de se sentir utile, savoir combien chacun est unique et aimé.


(…)

Boris Cyrulnik : “De nouvelles conceptions de la vie vont émerger”

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Au regard de l’histoire, deux formes de conséquences sociales sont à prévoir dans la situation actuelle. Certaines, immédiates, d’autres à effet retardé.


Jusqu’ici, pour la plupart d’entre nous, le virus n’a été visible qu’à travers les médias. Nous ne le connaissons qu’à travers un nombre de morts et de contaminés et des décisions de protection qui nous sont tous les jours annoncées. Nous nous adaptons à un danger invisible, dont nous ne connaissons pas l’origine, si ce n’est l’annonce, par l’OMS, d’une épidémie venue de Chine. Et plus précisément, provenant du foyer d’où sont déjà venues jusqu’à nous beaucoup d’épidémies virales : des grippes mais aussi des épidémies bacillaires, notamment des pestes noires. Toutes les conditions sont réunies pour déclencher des rumeurs. Pour l’instant, il n’y en a pas trop, mais si cela dure… Les Syriens, sans doute les Juifs et bien sûr les Chinois seront accusés d’avoir apporté ce malheur.


D’ailleurs, beaucoup de pays ­ferment déjà leurs frontières, car ce sont toujours les étrangers qui sont accusés d’apporter la peste. Ensuite, plus les médias vont annoncer tous les jours des nombres croissants de morts et de contaminés, plus l’impact économique déjà à l’œuvre sera sévère. Jusqu’à provoquer des pénuries alimentaires et des destructions d’emplois. On verra alors apparaître des changements politiques. De nouvelles conceptions de la vie vont émerger. Et on assistera sans aucun doute à un bouleversement culturel. Chaque fois que se produisent des catastrophes naturelles comme les tremblements de terre, ou bien des accidents écologiques comme les inondations et les propagations de bactéries, sans oublier les guerres, une nouvelle hiérarchie des valeurs, un nouvel « ethos », s’installe.


Au départ, les gens s’adaptent, comme nous le faisons, par résignation. Cela s’est toujours produit, dans toutes les épidémies, de peste ou autres fléaux. D’ailleurs l’épidémie d’encéphalites de 1918 a fait plus de morts encore que la Grande Guerre et comparativement, on n’en parle quasiment jamais, comme si c’était plus acceptable.


Une ferveur à la fois belle et inquiétante


Ensuite, quand la mort frappe à la porte d’à côté, le voisin, des proches, la famille, les expériences passées et les textes anciens le montrent, les sociétés se clivent. Quand la mort devient immédiate, une partie de la population se met habituellement à prier tandis que l’autre se livre à des sortes de bacchanales, avec pour mot d’ordre : vite, jouissons de la vie avant que la mort nous prenne à notre tour. En Haïti, après le tremblement de terre, j’ai vu moi-même des processions de gens habillés de blanc, défiler avec des lampions et entonnant des chants de louange. Ils remerciaient Dieu de leur avoir envoyé cette catastrophe afin de les punir et de leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas assez croyants. Cette ferveur était à la fois belle et inquiétante. Une autre partie de la population regroupant ceux que l’on pourrait qualifier de « mécréants » disait : il faut vite faire la fête. Car chaque fois que la société est…

Auprès des enfants qui demandent le baptême

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Comment se déroule le catéchuménat à l’école ?


Tout commence lorsqu’un enfant exprime la volonté de recevoir le baptême. Concrètement, Mademoiselle Maësse, la directrice, est moteur dans cette démarche. C’est elle qui, au moment des inscriptions, parle de cette possibilité de demander le baptême. Je passe ensuite dans les classes de CE2 en début d’année pour rappeler aux enfants qu’ils peuvent, s’ils le souhaitent, demander, préparer et recevoir le baptême en CM1 ou CM2. Je leur dis d’en parler autour d’eux, avec leurs parents, leurs amis, avec des personnes de leur entourage… Ensuite, ils doivent venir me voir dans mon bureau et motiver leur décision. C’est un moment très touchant et un peu intimidant pour eux, j’imagine. Réussir à mettre des mots sur ses sentiments n’est pas évident ! « Parce que je suis le seul à n’avoir pas reçu le baptême dans ma famille », « parce que la maman du caté m’a donné envie en me parlant de Jésus »… Ce que je retiens, c’est qu’ils se sont tous un jour posé la question, ils ont tous entendu un « appel » à travers un camarade de classe, un adulte, une rencontre… Ils y ont tous longuement réfléchi. Ce qui me frappe, c’est qu’il y a une vraie prise de conscience du fait que c’est une démarche importante. Cela ressort nettement dans leur façon précise d’exprimer leur volonté.


À quel moment les parents interviennent-ils ?


Après cet entretien, nous demandons aux parents leur accord. Ils sont les premiers éducateurs dans la foi et s’ils refusent, même si c’est très douloureux, nous acceptons et ne cherchons pas à discuter cette décision. C’est très rare, cela dit. Nous ne sommes pas une paroisse, le catéchuménat à Sainte-Marie répond à une demande des parents, et le climat de l’école est porteur car elle est placée sous la tutelle des soeurs de Sainte-Marie qui sont présentes et prient pour nous. Elles donnent aux élèves comme aux professeurs et au personnel encadrant une vraie envie de bien vivre ensemble.


En quoi consiste précisément l’accompagnement ?


En début d’année, je réunis les parents, la directrice de l’école, et le père Antoine d’Eudeville, le curé de Notre-Dame-des-Champs, notre prêtre référent. C’est un moment fort, symbolique : l’Église accueille la demande des enfants. Ensuite, je retrouve les enfants 45 minutes tous les 15 jours environ à l’heure du déjeuner. Nous échangeons sur un texte de la Bible ou sur une célébration à venir, comme l’étape du « scrutin » qui a eu lieu le mercredi des Cendres devant toute l’école. Je convie aussi un invité surprise à venir partager sa foi. Cette année, l’un d’eux, une institutrice, a finalement choisi de venir à toutes les réunions ! Je les laisse parler, poser leurs questions, échanger entre eux. Et nous, nous essayons de répondre à leurs nombreuses interrogations et, surtout, à témoigner de notre foi.


Comment faire la part entre l’engouement passager, le mimétisme des copains et une vraie foi ?


Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Parce que lorsqu’il m’est arrivé de penser qu’un enfant n’était pas prêt, je me suis d’abord demandé qui j’étais pour juger. Ensuite, souvent, l’enfant lui-même m’apportait immédiatement la preuve de sa bonne volonté. En effet, la préparation est longue, elle est contraignante : s’ils viennent, s’ils poursuivent toute l’année, s’ils ratent la récréation et viennent parler de Jésus pendant que leurs amis jouent au football dans la cour, c’est bien qu’ils sont au bon endroit. Par ailleurs, à Sainte-Marie, nous ne forçons pas les enfants à recevoir les sacrements : ces dernières années, il est arrivé que des enfants viennent me voir pour me dire qu’ils ne se sentaient pas prêts. Dans ce cas, ils peuvent attendre l’année suivante. Il s’agit d’une démarche personnelle et ils en ont bien conscience : à leurs âges, cela me bluffe !


Comment entretenir la flamme après cette année exceptionnelle ?


Je compte sur les parents. On a allumé cette flamme, c’est aux enfants et à leurs parents de l’entretenir ! Mais ils seront un peu aidés en préparant leur communion, ou grâce aux prêtres référents dans leurs prochaines écoles. Beaucoup me donnent des nouvelles et je vois qu’ils continuent le chemin.


 


« Sophie nous aide à être sûrs de notre décision »

« Je n’ai pas été baptisé à la naissance car mes parents n’étaient pas croyants et je n’y pensais pas trop. Mais depuis le CE2, je fréquente une école catholique, Sainte-Marie, nous avons du catéchisme, des célébrations, et ça pousse à réfléchir à ces questions. Alors cette année, j’ai décidé de demander le baptême, car je prie chaque soir et je voudrais que Dieu entende mieux ma prière. J’aime bien les réunions de préparation. Sophie nous aide à être sûrs de notre décision, à la comprendre. Et le fait d’être avec les copains motive car ça se passe pendant la récré ! Pour moi, le baptême, c’est l’entrée dans la famille de Dieu, ça donne des devoirs, comme mieux combattre le mal en faisant des petits gestes que les autres ne voient pas forcément mais Dieu, lui, sait. Par exemple moins se fâcher contre sa petite soeur même si, objectivement, parfois elle le mérite… »

Felix, 9 ans

Dans l’Orne, des “vignettes Panini” à l’effigie de joueurs locaux pour créer du lien

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« Je t’échange Marie-Thérèse contre Henri ! » C’est un étonnant négoce qui se joue à Saint-Georges-des-Groseillers, dans l’Orne. On y troque, avec des finesses de maquignon, des vignettes autocollantes à collectionner. Un rituel qui ramène les plus anciens, soudain nostalgiques, sur le terrain de l’enfance, lorsqu’ils amassaient avec patience leurs vignettes Panini pour compléter, à force de pioches, un album auréolé de trombines de footballeurs. Mais à Saint-Georges, commune de 3000 âmes, proche de Flers, nul ne pourchasse le portrait de Mbappé, Neymar ou Cavani. On brigue de la figure locale : les joueurs et dirigeants du club de foot, les Léopards de Saint-Georges.


Au total, 200 portraits à dénicher, puis à coller sur les pages d’un livret officiel. Dont ceux du couple Marie-Thérèse et Henri Robic, membres bénévoles du bureau. « À plus de 80 ans, ils sont un peu nos mascottes ! », affirment d’une seule voix Denis Lecornu et Jean-Marie Rochais, réunis ce jour-là dans le club-house du stade municipal, empanaché de fanions et de trophées. Ils président tous deux aux destinées du club amateur normand, fondé en 1968. « Moi, j’ai ta tête en double exemplaire, je n’ai vraiment pas de veine ! », se désole l’un d’eux, en feignant d’être la proie de la guigne. Les vignettes permettent aussi d’échanger des gentillesses.


Une démarche intergénérationnelle


Un joueur, Étienne L’Huissier, défenseur de 27 ans, est à l’origine de cette mise en lumière de Saint-Georges. « J’ai eu cette idée en discutant avec des copains. En 2016, j’avais terminé l’album Panini de l’Euro. Nous avions envie d’un projet fédérateur, capable de rassembler tout le monde », explique-t-il. Privilège inestimable, Étienne bénéficie d’une « vignette or », au cadre doré, tout comme un ami footballeur, Pascal Hébert. « C’est mon petit péché d’orgueil ! Mais en réalité, toutes les vignettes sont faciles à découvrir. Le but est vraiment de susciter l’effervescence, d’impliquer enfants et parents », souligne Étienne. Une démarche fédératrice et intergénérationnelle. Des U7 (6 ans) aux seniors, des bénévoles aux pratiquants de « foot loisir », tous ont leur effigie dans la plaquette des « Léopards » – dont l’écusson rappelle les félins, emblèmes rugissants, dessinés sur le drapeau héraldique normand.


« Nous voulions créer une sorte d’album de famille à l’échelle locale », précise Denis Lecornu. Et ce n’est pas sans fierté qu’il feuillette la plaquette avant de pointer du doigt une page précise. Le quinquagénaire apparaît aux côtés de ses deux fils, également footballeurs, Fabien, 30 ans, et Jérémy, 18 ans. « Ces trois-là, ils forment le triangle d’or des Léopards ! », plaisante Jean-Marie Rochaix, qui se tenait à l’affût du bon mot, comme un renard des surfaces de réparation. 


Un sentiment d’appartenance 


Non loin, dans un local vitré, Kevin Sodreau, éducateur sportif et responsable du pôle formation, et Éric Prieux, qui s’occupe des équipes U7 à U11, préparent les prochaines séances d’entraînement. « À l’heure où l’on déplore la montée de l’individualisme dans notre société, un projet comme celui-ci encourage un sentiment d’appartenance. Grâce à cet album, qui me fait penser aux photos de classe, les jeunes s’identifient à un club, à des couleurs », se félicite Éric. Lui-même a « le sang vert », la teinte de la tunique de ces Léopards qui peuvent se prévaloir d’avoir accroché de leurs griffes un 7e tour de la Coupe de France, à la fin des années 1990. « C’est une idée géniale, je n’avais jamais vu ça auparavant chez des amateurs », s’enthousiasme également Mike Fon Baron, 22 ans. Joueur attaquant, il est actuellement en stage d’éducateur sportif au club, dont une équipe joue en R3 (Régional 3, soit la 8e division). « Je suis originaire du Cameroun. J’ai montré ma photo à tous mes amis. Dans ma famille, depuis qu’ils savent que je suis dans l’album, tout le monde me surnomme “le pro” ! »


Lancé à la mi-décembre, l’album de vignettes, imprimé par la société L’Album du club, spécialisée dans la fabrication de ces plaquettes, a été distribué gratuitement à 350 exemplaires aux membres et aux proches du club. À trois reprises, un photographe est venu à Saint-Georges-des-Groseillers, la commune natale du comédien François Morel, pour prendre des clichés. Les images sont disponibles par pochette de huit vignettes (chaque paquet est vendu 1 euro, le club touche 10 cents) dans quelques commerces de la commune, qui les mettent gracieusement à la disposition de leurs clients. Dans une supérette, où la gérante, Sophie, a installé près de sa caisse la boîte en carton qui renferme un stock de 100 pochettes. Et surtout au bar Le Saint-Georges, place du Commerce, qui parfois se pare des couleurs des Léopards, avec maillots et écharpes déployées. « J’ai déjà épuisé six ou sept boîtes ! C’est une superbe initiative qui fait parler de la commune », apprécie Thierry, le patron. La boîte blanche attend les chalands, posée sur le comptoir, près d’un baby-foot et des tables de bistrot égayées d’une publicité à l’ancienne pour le chocolat Menier. « Ce sont souvent les parents qui viennent, parfois ils ont une liste des vignettes qui leur manquent ! »


D’autres initiatives locales


En trois mois, quelque 22.000 vignettes ont été vendues à Saint-Georges-des-Groseillers. Au stade, qui dispose de trois terrains, les enfants échangent leurs butins dans les vestiaires, après les entraînements du mercredi après-midi et les matchs du week-end. Souvent soutenus dans leur quête des frimousses manquantes par des parents motivés, autrefois collectionneurs obstinés d’albums Panini. L’écho de cette initiative a largement franchi les frontières de la commune. « Mes clients, dans la région, n’arrêtent pas de me parler de ce projet ! », reconnaît Stéphane, 49 ans, joueur en « foot loisir » et chauffeur-livreur.


En France, de plus en plus de clubs sont séduits par la conception d’une brochure personnalisée. L’Association sportive Ugine (ASU) en Savoie, l’Union du football tonnerrois dans l’Yonne, Pont-Audemer dans l’Eure, l’US Pont-de-Beauvoisin en Isère… « Cela permet de renforcer la cohésion et la convivialité, c’est une superbe idée qui rassemble les joueurs, les parents, les supporteurs. Un album crée des moments d’échange qui réunissent toutes les générations, comme la galette des Rois, les barbecues… », se réjouit Gaëtan Le Forestier. En cette fin d’après-midi, ce père de famille, passionné de rugby, accompagne son fils, Rafaël, à son entraînement. À 6 ans, le garçon évolue en U7, au poste de gardien de but. Déjà tout habillé de vert, comme s’il était tombé dans un bain de chlorophylle, Rafaël ne cherche pas à dissimuler son bonheur. Fan de Mbappé et de Hugo Lloris, il connaît par coeur le numéro de sa vignette, la 28. « Je suis fier d’être dans l’album ! Il est presque complet. » Il possède son portrait en quatre exemplaires. Mais il ne l’échange jamais avec ses copains. Avec un large sourire, Rafaël ajoute : « J’ai eu ma tête dans le premier paquet que nous avons acheté ! Un coup de chance. » Il le répète à plusieurs reprises, comme si l’on doutait d’une telle aubaine.

Maintenir “l’élan vital” dans les Éhpad

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Émile, 90 ans et ancien maraîcher, se présente à la caméra sur un fauteuil roulant. Estelle Crespo, l’animatrice, lui chuchote de bien vouloir regarder son enfant à l’écran mais rien n’y fait. Ses yeux fixent le sol. Ses mains ne bougent pas. Sans doute pense-t-il à son amie, sa voisine d’étage, décédée le mois dernier. Et cela fait plusieurs jours que sa fille Marie-Claude ne lui a pas touché le visage, qu’elle ne lui a pas glissé de mots doux au creux de l’oreille.


« Tu manges bien, papa ? Tu as bien dormi ? », répète-t-elle à la tablette. C’est sa première visioconférence, dans une pièce étroite de la mairie de Bracieux (Loir-et-Cher), à 300 m de l’Éhpad la Bonne Eure qui, depuis jeudi 12 mars, proscrit toute visite extérieure, conformément aux consignes des autorités. Manque de chance : la 4G passe mal, la connexion est capricieuse. Il faudra poursuivre l’échange dans le couloir, près de l’entrée. D’autres familles sont attendues : des créneaux horaires de visite virtuelle sont calées pour les trois prochaines semaines.


Pour beaucoup de résidents, la perspective de mourir est moins terrifiante que celle de couper les ponts avec le monde extérieur.


La Bonne Eure a fermé ses portes aux proches mais aussi au prêtre, Didier Marie, et à sa messe du mercredi, au professeur de judo, au coiffeur, aux écoliers du village et à leurs ateliers créatifs, au club de bridge, aux artistes plasticiens en résidence, aux ainés du quartier habitués à fréquenter la cantine à midi. Le kinésithérapeute, qui met les gens debout, ou le podologue, qui soulage les pieds diabétiques, ont encore droit de cité. Mais tout ce qui a forgé la singularité de l’établissement – lieu de vie ouvert sur le monde – s’est évaporé à cause d’un virus féroce et invisible. Le Loir-et-Cher n’est pas encore un grand foyer infectieux et ces précautions sanitaires de « distanciation sociale » ne sont pas sans effets secondaires : pour beaucoup de résidents, la perspective de mourir est moins terrifiante que celle de couper les ponts avec le monde extérieur.


Coronavirus : 6 conseils pour prendre soin des personnes âgées


Jacques Gardé, 94 ans, ancien enseignant, tient salon dans le hall. D’ordinaire, il observe le va-et-vient de l’entrée principale. Laquelle exhibe désormais un large panneau « sens interdit ». Son regard se porte, à défaut, sur Virginie la réceptionniste. Son épouse est à la cantine. On lui passe un téléphone : « Comme tout à chacun, il y a un grand doute sur ce qui peut arriver. En cette période de confinement, les souvenirs très anciens remontent à la surface beaucoup plus aisément que les souvenirs récents. » Jacques dit qu’il « vit dans une bulle ou plutôt un bunker ». Il pense à la guerre de 1939-1945. Il a connu l’occupation. Non loin, un relais de chasse solognot servait de garçonnière aux officiers nazis. « On a bien supporté la Wehrmacht, alors il faut se faire une raison. Ma femme et moi avons l’avantage d’aimer les livres. Ça nous permet d’éviter de regarder la télévision, toujours plus anxiogène. »


On a bien supporté la Wehrmacht, alors il faut se faire une raison.

- Jacques, 94 ans.


Jeudi 12 mars, une première réunion a été organisée pour les résidents. On leur a expliqué l’existence du coronavirus, on a recueilli toutes les inquiétudes. Madeleine, la doyenne de 101 ans, a libéré elle aussi ses souvenirs. « Elle est revenue sur l’épisode de la grippe espagnole vers la fin de la Grande Guerre et toutes ces morts inexpliquées », raconte Estelle. La pandémie touchait alors les personnes dans la fleur de l’âge, entre 20 et 40 ans. Les scènes de liesse, à l’Armistice, ont même accéléré la diffusion du virus…


Dans un bureau séparé, accessible depuis l’extérieur, on échange avec le directeur, Pierre Gouabault. Il vient de lancer un appel à dessins enfantins sur les réseaux sociaux, pour égayer le quotidien de ses résidents à l’isolement. Et inaugure une crèche pour les enfants du personnel de la Bonne Eure et de deux autres établissements à sa charge. « Nous disposons d’un ancien bâtiment de fonction et allons recruter un adulte pour quatre enfants. Même les collègues de l’ADMR, ces indispensables aides à domicile, pourront en profiter », dit Pierre Gouabault qui, à l’aube, est allé chercher sa première recrue, une étudiante, devant chez elle.


Gazette familiale


À la Bonne Eure, les idées jaillissent pour maintenir une gaité de vivre, préserver le lien affectif. Au-delà de la visioconférence, l’outil numérique Famileo retrouve une vitalité. Cette appli lancée en 2017 permet aux seniors de recevoir sous forme papier une gazette hebdomadaire collectant tous les contenus adressés par leurs familles depuis un Smartphone. Les petits textes et photos du quotidien sont ainsi collectés, mis en pages et imprimés chaque semaine à l’attention de 25 des 80 résidents de la maison de retraite. « On imprime aussi notre propre gazette au sein de l’Éhpad, qui raconte notre quotidien et qu’on envoie de manière électronique aux familles. » L’édition de cette semaine est, sans surprise, consacrée au Covid-19 et les fameux gestes barrage. La prochaine inclura l’interview d’un docteur spécialisé.


Une plus large partie des salariés – s’appuyant sur un quota d’heures supplémentaires déplafonné pour pallier l’absence des bénévoles – s’implique désormais dans toutes les animations, qu’il s’agisse des jeux de mémoire, jeux d’adresse avec petit ballon, ateliers de peinture adaptés, préparations de gâteaux ou de la lecture à haute voix de la Nouvelle République, le quotidien régional. Fort heureusement, le jardin sécurisé, au centre de l’établissement, reste ouvert. Depuis six mois, Jean Bernard, 57 ans, SDF du village, venait entretenir le poulailler et bichonner ses six occupants en échange de repas à la cantine. « Comme il ne peut plus rentrer, les poules sont gérées en interne. Jean Bernard peut encore récupérer ses repas en barquettes, mais aussi son linge propre », assure Pierre Gouabault.


Même si l’avenir est incertain, les résidents continuent de se projeter, en évoquant les sorties des mois à venir. Le brame de la mi-septembre en forêt de Chambord, synonyme de saison des amours pour les cerfs, est très attendu. « Notre crainte serait de voir apparaître des syndromes de glissement. Donner un but pour se lever chaque matin et ne pas les laisser se sentir enfermé… Bref, conserver l’élan vital, c’est vraiment notre priorité. »

Coronavirus : 6 conseils pour prendre soin des personnes âgées 

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1. Suivre les recommandations gouvernementales


Les personnes âgées font partie des personnes fragiles susceptibles d’être mises en danger par le coronavirus Covid-19. Pour les protéger, il convient d’adopter des « gestes barrière », recommandés par le gouvernement : se laver les mains très régulièrement, tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir, utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter, saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades.


Comme il existe des porteurs sains du virus, c’est à dire des personnes qui ont contracté le virus sans avoir de symptômes, chacun doit être prudent. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé d’interdire les visites dans les Ehpad jusqu’à nouvel ordre. Selon le même principe, il vaut mieux éviter de rendre visite aux personnes âgées de notre entourage ou en tout cas, ne pas trop s’approcher d’elles et être particulièrement vigilants à nos gestes.


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2. Regard, sourire, parole… des gestes d’attention à distance


Mais gare à l’isolement ! « Les personnes âgées ont besoin d’être visitées, indique Saïd Bachkata, gériatre dans un Ehpad parisien. Quand elles s’isolent, elles perdent leur repères. Couper les ponts avec les familles, c’est comme si on coupait le cordon ombilical. »


Que faire alors ? « Il faut être en lien même si on ne peut pas se toucher, conseille Annie de Vivie, gérontologue, fondatrice d’agevillage.com, un site d’information pour les seniors et les aidants et des formations Humanitude à destination des personnels de maisons de retraite. Se regarder, se sourire, se parler même si on ne peut pas se toucher. »


« Si on ne peut pas le faire soi-même, il faut que les professionnels des Ehpad le fassent pour nous. » Des « actes gratuits » qui ne sont pas répertoriés dans les actes médicaux classiques mais dont les personnes âgées en maison de retraite, en déficit de liens, ont cruellement besoin pour ne pas « s’enfermer dans la spirale infernale de la dépression », explique Annie de Vivie. « Si on ne les notifie pas ils peuvent être oubliés, notamment parce que les professionnels des Ehpad, sont sous pression. » Ce qui est encore plus le cas pendant l’épidémie de coronavirus.


« Les aidants peuvent aussi les toucher sur des zones neutres : épaules, bras… ajoute la gérontologue. Des contacts par la peau seuls à même de déclencher la fabrication de l’ocytocine, l’hormone de la confiance et du lien social. »


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3. Prendre son téléphone ou prendre la plume


Les virus ne circulent pas par le téléphone. Donc si vous n’avez pas appelé vos grands-parents ou vos parents âgés depuis longtemps, c’est peut-être le moment opportun.


« C’est aussi le moment de prendre sa plume, propose Annie de Vivie. Nous ne sommes plus une génération de l’écrit, mais il faut voir l’effet que ça fait de recevoir un courrier ! » Cela peut aussi toucher particulièrement l’ancienne génération. « Il faut se rappeler l’importance de l’écrit pendant les guerres de 1914 et de 1940 : le seul moyen d’avoir des nouvelles des soldats mobilisés était le courrier postal. »


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4. Utiliser des applications


Skype, Whatsapp… Les plateformes d’applications regorgent de solutions pour nous mettre en relation à distance. « Certains établissements mettent en place des rendez-vous Skype », indique Annie de Vivie. Si la vidéo ne convient pas, il existe plusieurs applications spécialement conçues pour les personne âgées. Par exemple : Famileo, une gazette papier élaborée à partir de son smartphone et envoyée par la Poste à une fréquence déterminée à l’avance.


5. Avoir des projets avec eux


Pour maintenir le lien et ne pas s’enfermer dans la peur du virus, « il faut aussi continuer à avoir des projets », suggère Annie de Vivie. « Pour les vacances, le prochain anniversaire… Nous ne devons pas lâcher la vie. »


6. Prendre soin des professionnels de santé


En première ligne face au coronavirus, les soignants et le personnel des Ehpad a aussi besoin de soutien. D’abord pour les aider à gérer leurs inquiétudes face à cette situation épidémique sans précédent. Mais aussi pour une meilleure qualité de soin pour nos anciens. « On ne se rend pas compte du besoin qu’ils ont, eux aussi, en tant que professionnels, de reconnaissance et d’appui, alerte la gérontologue. On perd une qualité de lien énorme si on ne le fait pas car ils sont le relai de l’attention, de la chaleur humaine et de la présence que nous ne pouvons pas dispenser. »


Si vous écrivez à une personne en Ehpad, cela peut être l’occasion de glisser un mot pour le personnel qui transmettra votre lettre. Car la joie, comme le virus, est contagieuse !

Oslo, entre brasserie et Opéra

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Dès qu’il pénètre sous les vénérables voûtes du Theatercaféen, la plus ancienne brasserie d’Oslo, le visiteur est accueilli par le ballet des serveurs en gilet noir entre les tables aux nappes immaculées. Atmosphère chaleureuse et lustres Art nouveau, boiseries et horloge à l’ancienne, piano à queue sur la mezzanine : « C’est ici que l’on s’approche le plus de la “grandeur européenne”, de la culture cosmopolite des cafés de la Mitteleuropa, ceux de Vienne, de Berlin ou de Zurich », explique Matias Faldbakken. Haute stature, sourire doux et malicieux, l’écrivain nous a donné rendez-vous dans le lieu qui lui a inspiré son roman le Serveur. Il l’a écrit en partie sur place, dans le cliquetis des verres et le brouhaha qui enfle à l’approche de midi, quand s’y retrouvent pour le déjeuner hommes d’affaires, cadres des ministères et la bonne société de la capitale.


Emblème du vieux monde


Ouverte en 1900 en face du Théâtre national sur…