Véronique Gallo, au bord de la crise de mère

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Elle termine sa cigarette, entre dans le café situé face au théâtre des Mathurins et mord avec appétit dans une tartine beurrée. Naturelle et affable, Véronique Gallo aurait presque l’air grave sans les mimiques qui ont fait son succès. À l’écran ou sur scène, cette quadragénaire belge raconte les déboires d’une mère de quatre enfants, perfectionniste et débordée. Des scènes de vie familières : coupe de cheveux faite maison – une catastrophe –, rangement – un vœu pieux –, courses aux fringues pour l’ado en mode « bof », etc. Elle joue du fossé générationnel et montre, par exemple, l’intérêt tout relatif de Snapchat.


« Ce personnage est un peu la maman que j’étais, il y a une dizaine d’années », confie Véronique Gallo qui, dans la vraie vie, a trois enfants de 4 à 16 ans. Mère à 24 ans, comme elle en rêvait, elle découvre vite que jouer « 2 heures 50 » aux Playmobil ne soulève guère son enthousiasme. « Être parent secoue, c’est une remise en…

Comment aider un proche en dépression

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Tout a basculé en 2011, lorsque Nadège a perdu son père. En quelques mois, sa mère, devenue veuve, a manifesté des signes de plus en plus inquiétants, entre autres : annulation de rendez-vous chez des médecins, perte d’appétit, isolement tel qu’elle n’ouvrait plus la porte de chez elle. Vivant à une centaine de kilomètres, Nadège a dû solliciter l’aide de proches dans le voisinage de sa mère. Et lorsque l’hospitalisation s’est imposée, elle a compris et mis des mots sur ce qui avait été « plus ou moins caché » : la dépression de sa mère. « Jusque-là, et pendant des années, je sentais que cela n’allait pas. Qu’elle sortait de moins en moins de chez elle, réduisant toujours un peu plus son champ relationnel et ses activités à l’extérieur. Mais je ne voyais pas la dimension maladive de son comportement », analyse-t-elle. 


De fait, la dépression, qui touche plus de trois millions de personnes en France, est complexe à diagnostiquer….

“Ma femme est enceinte, mais je ne suis pas prêt à être papa“

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« Je vous écris car je viens d’apprendre que ma femme était enceinte.

Nous avions prévu de ne pas avoir d’enfant tout de suite, d’attendre un ou deux ans pour vivre notre vie à deux, faire des voyages, apprendre à vivre ensemble, vivre « librement » avant de s’engager dans une vie de famille.

Cet enfant qui va naître dans 9 mois m’assomme complètement : c’est comme si on me volait mon mariage. Et puis nous sortons juste de cette organisation du mariage, mais aussi de cette joie, et de certaines complications avec nos familles… Je me réjouissais de profiter de ce temps de répit, en prenant du large avec ma femme, en profitant juste simplement de vivre avec elle.

Je précise que j’ai envie de fonder une famille, avec plusieurs enfants, mais tout comme pour le mariage, « chaque chose en son temps ». Or tout se précipite : Je vois déjà les moments où ma femme n’ira pas bien… tout va être centré autour de lui, même notre futur voyage de noces !

Comme si les pleurs, les cacas à nettoyer n’étaient pas suffisants dans quelques mois… Alors qu’on verra moins nos amis, on ne pourra plus voyager, notre travail sera conditionné au bébé (je comptais changer de travail) on va devoir se rapprocher de nos parents (alors que mes beaux-parents se montraient intrusifs dans notre vie de couple). Et puis, je ne sais pas si je saurais être un bon papa. Mais par-dessus tout, je ne veux pas être papa ! Un ami m’a dit une phrase hier pour que je ne me pose plus la question : « tu es déjà père ! ». Alors je le prends sous l’angle du devoir.

Ma femme se réjouit de cette naissance, et est à la fois malheureuse de me voir si triste.

Je souhaiterais moi aussi me réjouir. Mais je ne peux pas. Je reste complètement secoué par la nouvelle.

J’en arrive à comprendre ces hommes qui quittent leur femme quand elle est enceinte.

Je me sens irresponsable : comment à plus de 30 ans nous n’avons pas su régler notre fécondité avec tous les moyens que nous avons ?

Je n’en veux pas à ma femme. Mais j’en veux à l’Eglise de conseiller ces méthodes naturelles, que nous avons suivies et préparées depuis des mois. Je ne vois qu’une solution : je dois parvenir à me réjouir de cette naissance. J’essaie de me convaincre d’avoir l’air moins triste (mais ma femme n’est pas dupe). Pour l’instant, je me suis convaincu simplement d’accepter cette naissance par « devoir » car je ne vois pas comment faire autrement. »


 


> La réponse de Jacques Arènes


Vous décrivez votre désarroi avec honnêteté. Sans cacher à la fois votre désir d’enfant – ou plutôt votre désir de famille – et, en même temps, votre refus quasi épidermique d’attendre cet enfant-là maintenant. Les enfants n’arrivent pas souvent au bon moment. C’est sûr qu’avec le contrôle contemporain des naissances, avoir un enfant non désiré est plus rare mais, en revanche, beaucoup de gens ne comprennent pas que l’enfant ne vienne pas quand ils l’ont décidé. Cela n’est pas complètement une mauvaise chose que d’attendre un enfant à un moment que vous n’avez pas choisi, malgré votre désir général et abstrait – ce qui est souvent le cas avant d’être en face de l’évènement concret de la grossesse – de faire famille. 


Cela n’est pas complètement une mauvaise chose parce que vous avez d’abord à vous accepter comme vous êtes : celui qui n’est pas prêt, qui n’a pas envie, qui n’arrive pas à se glisser dans sa peau de futur père. Il n’y a pas d’un côté les vrais pères, les supermans, ceux qui sont dans les starkings blocks de la paternité et, d’un autre côté, tous les autres qui n’y arrivent pas et ne se seraient pas de bons pères. La réalité est pour tout le monde plus complexe, et ce que vous avez d’abord à habiter, et ce d’une manière tenace, est votre imperfection. Voilà au moins une illusion dont vous êtes maintenant débarrassé : celle du père parfait !


En attendant vous pouvez tout lui dire à votre épouse. Pas pour lui gâcher sa grossesse, mais pour avancer tous les deux. Vous avez raison : il arrive souvent que l’enfant prenne trop de place et empêche la vie conjugale, et même si elle se sent plus prête que vous, votre femme va expérimenter elle aussi pas mal de changement intérieurs, et il est possible qu’elle se centre trop – comme vos parents respectifs – autour du bambin à venir. Il est aussi possible qu’elle soit en difficulté après l’accouchement. Elle non plus ne sera pas une mère parfaite. L’essentiel est pour vous deux de rester ensemble. 


Dites-lui que vous souhaitez demeurer un couple aimant et amoureux, et vous extraire des avis et des attentes des uns et des autres autour de vous. Et essayez dès maintenant de continuer à vivre à plein tous deux cette vie de couple si nouvelle, si intense. La grossesse n’empêche pas la libido… C’est un enjeu, que vous pouvez « travailler » ensemble de faire en sorte que le petit qui arrive n’empêche pas la mise en place encore plus réelle, encore plus forte de votre couple. Il s’agit donc d’y être attentif avec elle.


Par ailleurs, il y a quelque chose qui se réveille en vous à l’annonce de cette première paternité, un sentiment d’angoisse devant la responsabilité, devant ce que c’est d’être père. Au début, on ne sait pas trop et, du coup, la tâche paraît immense. Avant d’être père, vous êtes d’abord fils. J’imagine la filiation comme une « forme » qui grandit en nous et que nous recevons en partie des générations précédentes. Vous êtes déjà fils et cette « forme » de filiation vous relie à ceux qui vous précèdent : vos parents et plus particulièrement votre père, votre grand-père. En même temps, cela deviendra pour vous une « forme » très originale qui sera l’expression de votre propre singularité. Qu’est-ce qui s’est légué venant d’eux, ceux qui vous ont précédé, qu’est-ce que vous avez transformé de ce que vous avez reçu ? Comment au fond êtes-vous devenu fils (au sens profond du terme) ? 


Tout cela est présent en cet enfant qui s’annonce, enfant dont l’image encore imprécise condense et résume – en tous cas à travers l’angoisse qui préside à ce début de grossesse – votre filiation non encore achevée. Cela mérite un peu de temps que de réfléchir à ces angoisses, et à la manière dont elles reflètent ce que vous avez reçu ou, au contraire, ce que vous n’avez pas reçu. Rassurez-vous : on n’est jamais complètement fils, et, de la même manière, on n’est jamais complètement père. On se glisse peu à peu dans un rôle qui finira par nous habiter, et que nous léguerons aux générations suivantes.


Vous avez de toute façon complètement raison de prendre une attention particulière pour votre couple. C’est cela qui est essentiel. Vous êtes chrétien, et la Bible le décrit avec force et poésie en son premier livre : ce qui est premier est l’alliance et pas la filiation ; vous avez rencontré cette autre qu’est votre femme, et son énigme qui vous sort de vous-même et vous donne du désir pour elle et pour la vie elle-même. Votre enfant à venir ne doit pas être placé en premier. Il vous sera essentiel, à vous comme à elle, mais le moteur, l’énergie de l’édifice, le désir qui l’anime reposeront sur votre couple. Votre enfant, vous ne souhaitez pas passer toute votre vie avec lui. Un jour il s’en ira, et c’est bien. En revanche, j’imagine que vous désirez ardemment traverser votre existence avec votre épouse…


 


Posez vos questions à Jacques Arènes


Donner du sens à une épreuve, poser des choix délicats, comprendre une période de la vie… Vous avez des questions existentielles ou spirituelles ?
Adressez-les à Jacques Arènes, psychologue et psychanalyste :


> Par e-mail en écrivant à j.arenes@lavie.fr

> Par courrier postal en écrivant à Jacques Arènes, La Vie, 80 boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris.


Chaque semaine, Jacques Arènes publie sa réponse à une des questions sur notre site internet.

Retrouvez toutes ses réponses passées dans notre rubrique
Questions de vie

“Lilou et les trois diamants“ : notre conte de Noël

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Elle cria, trépigna, pleura, puis une porte claqua. Le coeur rempli de colère, Lilou s’enfonça dans la pénombre, en direction de la forêt. Ses yeux verts lançaient des éclairs. Pour une fois, ses parents n’avaient pas cédé et avaient refusé qu’elle ouvre l’un de ses cadeaux avant l’heure. « Je veux une maison de poupée grande comme moi, une robe de princesse, la même que Mia, des jouets, comme ci et comme ça… »


La liste n’en finissait pas. Habituellement, ses parents se pliaient à ses caprices et offraient sans tarder l’objet convoité. Trop peu désiré, trop peu attendu, il avait tôt fait de finir au rebut.


Malgré sa peur, Lilou s’engouffra dans le bois et marcha rageusement. Dans l’air froid, le souffle qu’elle exhalait dessinait des arabesques. Faiblement éclairé par une lumière crépusculaire, un manteau de neige léger traçait le sentier qui serpentait. De part et d’autre s’élevaient des arbres dépouillés de leur feuillage, imposants et inquiétants. Enfin, la fillette s’arrêta et elle écouta le silence ouaté.


Soudain, elle crut défaillir : des ténèbres, elle vit une silhouette surgir. Assis sur un rocher, un vieil homme la regardait. Dans sa cape enveloppé, il semblait un berger. Malgré ses sourcils broussailleux et ses yeux charbonneux, une grande bonté émanait de ses traits. La brunette ouvrit la bouche, mais nulle parole n’en sortit. L’apparition devint évanescente puis disparut tout à fait, tandis qu’une chaleur cotonneuse envahissait la petite.


Stupéfaite, Lilou scruta l’obscurité. Elle distingua sur une branche ce qui lui sembla être un coeur blanc. Puis l’enfant sursauta : il s’agissait d’une chouette effraie. De ses yeux noirs et ronds, l’animal observait intensément la fillette aux cheveux de jais.


« Tu as tant de peur et de rancoeur dans le coeur, souffla l’oiseau majestueux.
– Mais tu… tu… parles ?, bégaya l’enfant.
– Ne sais-tu pas que nous sommes le soir de Noël ?
En cette nuit à nulle autre pareille, une grâce immense t’est accordée.
Viens écouter les secrets de la forêt.
Voici le premier : regarde chacun de ces arbres ;
Pas un n’est à l’autre semblable.
Il y a des grands et des petits,
des majestueux et des rabougris.
Pourtant, point de jalousie.
La comparaison est un poison.
Tu es aimée telle que tu es.
Chacun de tes cheveux est compté.
Nul n’est parfait.
Aime-toi telle que tu es. »


Bouche bée, Lilou contemplait la dame blanche. La petite fille ne comprenait pas tous les mots prononcés, mais elle se les répétait, afin de les graver en elle à tout jamais.


Jamais elle n’avait vu la vie ainsi, c’est vrai. Pour être aimée, elle s’imposait d’être en tout irréprochable. Cacher ses imperfections. Avoir toujours raison. Elle ne cessait de jauger son bonheur à l’aune des autres. Sans cesse elle comparait leurs qualités, leurs jouets… Des marques d’affection qu’on leur portait, elle s’ombrageait.


L’animal respecta le cheminement de ses pensées. En un éclair, la fillette mesura l’amour que lui vouaient ses proches, malgré son ingratitude. Être aimée sans le mériter la libérait. Allégée de son fardeau secret, elle soupira. Alors la chouette prit son envol et, de son bec, laissa un caillou s’échapper. Lilou le ramassa. De la taille d’une noisette, c’était un diamant à plusieurs facettes. Il brillait légèrement au creux de sa main et semblait fredonner, tel un refrain : « Nul n’est parfait, aime-toi telle que tu es. »


Au même instant, une biche sortit du bois et s’approcha. « Viens, suis-moi, murmura-t-elle. Le deuxième secret, tu connaîtras. » Lilou suivit la bête. Elles marchèrent ainsi longtemps, traversèrent une clairière et près d’un terrier arrivèrent. Recroquevillé sur un tas de feuilles, un faon tremblant se tenait là. Il n’avait pas encore de dagues ; sans doute était-il né au printemps dernier. La mère le lécha tendrement. Puis ils levèrent vers la petite des yeux implorants.


Lilou hésita. Lentement, elle enleva l’étole qu’elle aimait tant. Elle lui valait tant de compliments, suscitant même la jalousie de ses amies. Elle soupira, puis enveloppa délicatement le faon. Les animaux la regardèrent en souriant. La biche reprit :


« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.
Cesse d’amasser, bannis la peur de manquer.
Contente-toi de ce que tu as.
Ne cherche pas à garder pour toi.
Partage et tu verras :
Ta joie se décuplera. »


Puis tous deux disparurent. En vain la fillette les chercha. Elle mit la main sur ses épaules. De l’étole, plus de trace. Mais elle sentit comme un caillou à la place. De la taille d’une noisette, c’était un diamant à plusieurs facettes. Il brillait légèrement au creux de sa main et semblait fredonner, tel un refrain : « Il y a plus de bonheur à donner. »

?Lilou et les trois diamants? : notre conte de Noël
© Julia Spiers pour La Vie


Elle entendit au loin des glapissements. Deux renardeaux jouaient dans la neige, roulant, glissant, se mordillant. Ils vinrent à elle. L’un d’eux clopinait : il n’avait que trois pattes.


« Un piège sur ma patte s’est refermé, expliqua la bête rousse.
Je parvins à m’en délivrer, mais dus y laisser un bout de pied. »


Interdite, Lilou ne pouvait détacher son regard du petit estropié.


« Je ne suis pas malheureux !, reprit-il, joyeux.
À quoi bon regretter, maudire, culpabiliser ou accuser ?
Mieux vaut accepter la réalité, plutôt que de trop déplorer l’adversité.
J’ai appris à compenser et même à davantage savourer. »


La fillette semblait sceptique. L’animal insista :


« Nul ne peut commander le beau temps, n’est-ce pas ?
Mais c’est toi qui choisis de danser sous la pluie.
Tu connais à présent le troisième secret de la forêt.
Ici, le courant est trop violent.
Veux-tu nous aider à traverser ce torrent ? »


Sans ronchonner, Lilou s’exécuta. Elle chercha des pierres plates et les fit rouler jusqu’au gué. Ses mains gelées s’abîmaient sur les rochers. Mais elle persévérait. Et méditait. Elle réalisait qu’elle ne savourait guère le présent et n’envisageait son bonheur qu’au futur. Et à tant de conditions : être plus âgée, avoir une petite soeur, changer de parents, acheter des habits plutôt comme ci, avoir des amis plutôt ainsi.


« N’es-tu pas rancunier à l’égard du braconnier ?, interrogea la petite.
– J’ai pardonné ! Telle est la condition pour être délivré
du passé et continuer d’avancer. »


Lilou vérifia la stabilité du passage. Avant de l’emprunter, le renardeau se retourna :


« Ne crains pas d’exposer ta vulnérabilité. De demander,
de prier. Nous avons besoin les uns des autres.
En nous rendant mutuellement service,
nous apprenons à aimer en vérité. »


Lilou suivit du regard les queues en panache des frères ; son coeur se serra en voyant la course claudicante. Lentement, sur sa joue, une larme roula ; elle tomba et forma comme un éclat. L’enfant se pencha. De la taille d’une noisette, c’était un diamant à plusieurs facettes. Il brillait légèrement au creux de sa main et semblait fredonner, tel un refrain : « C’est toi qui choisis de danser sous la pluie. »


Hésitante, la fillette retourna sur ses pas. Arrivée dans la clairière, elle vit une grande lumière. L’homme avec sa cape se tenait là, entouré d’une multitude d’animaux. Lilou reconnut la chouette au visage blanc, la biche et son faon, les renardeaux souriants. Tous la regardaient en silence, avec bienveillance. Des flocons de neige voltigeaient.


Le berger prit la parole, avec solennité :


« Tu connais désormais trois secrets de la forêt.
Ces pierres seront précieuses pour édifier ta vie.
Sais-tu à quoi ressemble un diamant à l’état brut, Lilou ?
L’ignorant y voit un caillou éteint, sans couleur et sans valeur.
Pour briller de mille feux, il doit être patiemment taillé et poli.
Ainsi va la vie. Tu as un trésor en toi.
Il t’appartient de le révéler, de le magnifier.
Plus tu recevras la lumière et plus tu la réfracteras,
en une multitude de rayons étincelants. »


De sa voix profonde, l’homme lui demanda : « Lilou, si tu avais un voeu à exaucer, sais-tu ce que tu demanderais ? » L’enfant réfléchit. Il lui semblait loin le temps où elle aurait demandé spontanément un jouet abracadabrant. Elle songea à cette étonnante traversée. De son coeur s’étaient envolées peur et rancoeurs. Cela pouvait-il durer ?


« J’aimerais rester le coeur apaisé, léger, osa la petite.


Le berger sourit. « Quel chemin tu as parcouru en quelques heures ! Tu ne tarderas pas à être exaucée
pour ton plus grand bonheur. »


Sa voix tonna, emplissant soudain l’espace :


« En cette nuit à nulle autre pareille, Il vient, ô merveille !
Il vient le Messager, apporter salut et paix
à tous les hommes de bonne volonté. »


Sur ces paroles énigmatiques, tous regardèrent le ciel et disparurent aux yeux de la petite.


Il était près de minuit, lorsque la fillette se réveilla. Sur sa tablette brillaient trois diamants, de la taille d’une noisette. Elle les prit et, sans bruit, grimpa l’escalier qui mène au grenier. Dans la pénombre, elle se dirigea vers la lueur lunaire qui transperçait la lucarne. Elle resta là, à contempler le firmament. Lilou vit un astre qui brillait plus intensément. L’étoile du Berger. Serrant dans sa paume les pierres précieuses, Lilou sourit. Soudain, de la Voix lactée, une pluie de constellations, scintillantes comme des diamants, descendit du ciel. Leur sillage esquissait mille volutes d’encens. La fillette ressentit en elle comme un brasier ardent. Et les anges, à toute voix, entonnèrent le Gloria.

Assassin’s Creed : “Le jeu vidéo peut être plus qu’un simple divertissement“

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Fouiner dans les salles de la bibliothèque d’Alexandrie, avaler la poussière des chars dans l’hippodrome, ou, à la nuit tombée, s’émerveiller devant le faisceau de lumière ambrée qui s’écoule du phare et dore les felouques dans la baie… Le jeu vidéo d’aventure Assassin’s Creed Origins nous convie à une somptueuse rêverie éveillée dans les couleurs cuivrées de l’Égypte antique, que l’on traverse dans les pas des héros, le couple Bayek et Aya ! Pour le 10e anniversaire de cette saga ancrée dans l’Histoire, qui a déjà exploré la Renaissance italienne, la Révolution française ou l’époque victorienne, les démiurges d’Ubisoft Montréal ont accompli un travail pharaonique. Sous la houlette de l’historien Maxime Durand, ils ont reconstitué l’Égypte de Cléopâtre (69 av. J.-C.-30 av. J.-C.), dernière reine de l’époque ptolémaïque, et modélisé avec soin des territoires et des cités : Alexandrie, Siwa, Memphis, Gizeh, mais aussi le delta du Nil, la région de Fayoum…

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“Ma fille de 20 ans me tient tête“

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« Je m’appelle Nicolas, 46 ans et j’ai une fille qui va avoir 20 ans et a un petit copain.

Je ne comprends pas ma fille qui me tient tête, déjà étant petite, et cela devient de plus en accentué sur tous les sujets. Elle prétexte toujours qu’elle manque de liberté et elle a une façon bizarre de demander : elle va déclencher une dispute, puis profite alors de l’occasion pour faire sa demande. Je suis quelqu’un de calme et posé, et j’apprécie que l’on me demande lors d’une conversation posée, et elle ne procède pas ainsi. Nous avons un désaccord sur un sujet banal, et elle m’a défié jusqu’à que j’en arrive aux mains mais je ne l’ai pas giflée.

Quand je lui explique que je peux accepter toute divergence de point de vue, mais qu’elle doit l’exprimer calmement, elle sait que le problème est uniquement en elle et elle veut quitter la maison , soi disant pour résoudre le problème.

Je commence à en avoir assez de raisonner une fille en lui demandant d’être patiente jusqu’à son master – plus que 3 ans – puis de partir dans de bonnes conditions ; or elle est pressée de découvrir soi disant la vie. Elle souhaite que je lui paie un loyer dans son appartement d’étudiant, je n’en ai pas les moyens, elle ne comprends pas. Alors, je me sens blessé et je commence petit à petit à avoir de la haine pour elle, car cela tourne en boucle dans ma tête. Et j’ai envie de divorcer, de tout plaquer, je me sens trahi et fatigué par quelqu’un qui me fait du mal à chaque fois qu’elle parle. Je lui dis de faire attention à sa manière de communiquer, elle dit oui, puis c’est la même chose quelques jours après.

À chaque dispute, sa mère a tendance à être de son côté et cela me rend démotivé.

Je n’ai plus envie de la voir du tout, seulement de rayer tout le monde de ma vie et me retrouver seul.

Que me conseillez-vous, s’il vous plaît ? Dois-je prendre une décision et aller de l’avant ?

Merci. »


> La réponse de Jacques Arènes :


Merci surtout Nicolas pour votre belle lettre, emprunte de finesse et de tristesse. Vous êtes un homme sensible, désireux de bien faire, et vous avez l’impression d’avoir tout faux. Vous décrivez simplement ce sentiment de grand solitude où vous vous sentez assailli, accusé, malmené. Vous vous présentez comme une personne calme, et vous affrontez à chaque fois l’orage de la relation avec votre fille, dans lequel vous êtes ballotté, secoué, mis en accusation. Et vous n’avez qu’un seul désir : que la tempête cesse, et vous retrouver seul…


En fait, vous êtes déjà seul. Pourquoi cette solitude ? C’est cela qu’il faudrait examiner. Vous souhaitez le divorce, et ne percevez pas votre épouse comme solidaire. Vous êtes celui qu’il faut convaincre. Et vous vous percevez trahi, pas seulement par votre fille et mais aussi par votre compagne. Au fond, votre couple semble ne pas exister. En effet, qu’est-il arrivé à votre couple ? Le cœur de votre souffrance est là. Quand un conflit s’exacerbe avec un adolescent ou un jeune adulte, une des causes – pas la seule, mais une cause principale – est souvent ce qui est déjà en train de se tordre et de se déchirer entre les parents. Et le jeune souligne alors, et s’engouffre dans la faille, le manque de lien entre les parents. La révolte de votre fille n’est pas seulement la sienne, et elle est conjuguée à l’opposition de celle qui partage votre vie. Vous êtes seul, et vous vous percevez en charge des finances de la famille, peut-être êtes-vous celui qui ramène un salaire. Que ce soit le cas ou non, si l’argent n’est pas là, vous ne pouvez pas l’inventer. Mais, avant tout cela, il vous faut en parler entre parents, calmement et sans votre fille, et prendre une décision commune. Une décision réaliste qui corresponde à la réalité de vos finances familiales.


Est-ce cependant possible d’en parler avec votre épouse ? Tout se joue apparemment sur la scène familiale, en une forme de théâtre où vous vous voyez assailli. Il s’agit de remonter en amont à la source de votre couple, sans doute à la source de votre solitude. Et d’examiner la raison qui fait que lien se défait, que la solidarité vivante que vous aviez sans doute auparavant tissée se déchire… Si c’est possible, cela changera la communication avec votre fille. Peut-être avez-vous tort de vous penser comme un bastion assiégé, et peut-être est-il possible de renouer déjà avec la mère de votre fille. Peut-être aussi, ce que je ne souhaite pas, la situation est plus grave, et implique un différend plus profond. Ce conflit ne ferait alors que mettre en lumière un fossé déjà creusé. En tous cas, je ne vous accuse pas, alors que vous vous sentez accusé, ce que vous êtes probablement. Parce que je le sais et le sens trop souvent, les familles sont aujourd’hui des lieux de compétition entre les individus – à l’intérieur même du couple parental – où chacun cherche à faire valoir ses droits et où tous se sentent seuls. Vous aimez votre fille et vous ne savez pas quoi faire. Vous avez cependant la liberté de refuser absolument la violence de conversations qui dégénèrent tout de suite en colère et en cris, quitte à sortir de la pièce et à vous isoler.


Cela ne « sert » à rien, mais cela vous protégera. En attendant, sans nécessairement aller jusqu’au divorce, vous pouvez aussi plus souvent vous isoler, vous donner des moments à vous. Il vous faudrait une « bonne » solitude par laquelle vous réfléchissez et vous vous retrouvez vous-même. Ce serait alors une vraie solitude, et pas une solitude au milieu de la famille. Cela vous permettra de ne pas adhérer à la guerre des nerfs que l’on cherche à vous imposer… Votre courriel pose en fait la question de savoir comment prendre une décision (importante) quand les parents ne sont pas du tout d’accord. En tous cas, il ne faut pas trancher avant qu’il y ait une maturation d’un côté comme de l’autre. Un regard externe, une médiation familiale par exemple (il existe des spécialistes de ce domaine, et ce ne sont pas des « psys ») pourrait peut-être aider.


 


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