Quelques rites de l’Avent pour avancer vers Noël

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Quatre bougies sur une couronne

Couronnes de l’Avent, illuminations dans les rues, veilleuse dans la crèche… À l’approche de Noël, nos longues nuits d’automne s’éclairent. La date de Noël, fixée au IVe siècle, n’a pas été choisie par hasard : à Rome, on fêtait alors le solstice d’hiver. Aux jours qui commencent à rallonger, les chrétiens ont associé la naissance de Jésus, celui qui éclaire leur chemin. C’est cette progression vers la lumière qu’illustre la couronne de l’Avent. Imaginée au XVIe siècle par un pasteur allemand, cet assemblage de branchages et de rubans, piqué de quatre bougies que l’on allume dimanche après dimanche, évoque le soleil, mais aussi la couronne d’épines du Christ le vendredi saint et l’espérance du retour du Sauveur. « En préparant Noël, observe l’écrivaine Colette Nys-Mazure, nous sentons l’espérance d’un renouveau : celui de voir le meilleur germer dans nos difficultés, de pouvoir croître et aider ceux qui nous entourent à croître… »

En Europe du Nord, on fête aussi la sainte Lucie, dont le nom signifie « lumière », condamnée à mort au IVe siècle pour avoir apporté des vivres à des chrétiens persécutés. Le 13 décembre, les Lucie choisies dans chaque famille, école ou village revêtent une robe blanche et une couronne avec quatre bougies pour offrir à leur entourage du café et des biscuits.

Des lentilles germées et un sapin vert

Quatre semaines d’attente avant la naissance de Jésus, qui, pour les chrétiens, sont source de vie. De même que la graine germe en profondeur avant que la plante sorte de terre… « Chaque année, on sait que tout va renaître. La preuve : les tulipes et les crocus pointent déjà leur nez ! », remarque Florence Blondon, pasteure du temple réformé de l’Étoile à Paris.
En Provence, on dépose, à la Sainte-Barbe, le 4 décembre, du blé ou des lentilles dans une soucoupe remplie d’eau ou sur du coton que l’on humidifie chaque jour. À Noël, on place les tiges hautes, symbole de la fécondité de la terre, dans la crèche. « Cette inscription dans le cycle de la vie nous rappelle que Noël est bien la fête de l’Incarnation », explique Colette Nys-Mazure.

Depuis le XVIe siècle, le sapin, toujours vert comme celui du paradis d’Adam et Ève, signifie aux chrétiens que le Christ apporte la vie à tous les hommes. Pour Florence Blondon, cet arbre annonce déjà toute la vie du Christ. « En Arménie dont je suis originaire, les extrémités de la croix sont prolongées par des branchages ou des fleurs. Quand je regarde un sapin de Noël, je vois déjà la mort et la résurrection du Christ. C’est parce qu’il est éclairé par la lumière de Pâques que Noël est un événement incroyable ! », dit-elle.

Un grand ménage d’hiver

« Quand on attend quelqu’un, il faut lui faire de la place. » Spontanément, à l’approche de Noël, Colette Nys-Mazure ouvre ses armoires pour en vider le surplus, faire le tri. Dans certaines familles, de la Norvège à la Provence, on prend encore le temps de faire, aux premiers jours de l’Avent, un grand « ménage d’hiver ».

Créer de l’espace dans sa vie, en son for intérieur, se recentrer, passer peut-être plus de temps en famille, avec ceux qui sont seuls, consacrer un moment à la prière ou à la lecture d’un livre de spiritualité… C’est aussi cela l’invitation de l’Avent. « En Occident, les jours sont courts, il fait froid. Même si je suis très sollicitée à cette période, raconte Florence Blondon, j’ai l’impression que le temps ralentit, que je suis plus ­disponible aux autres, que je retrouve le rythme naturel de mon humanité profonde ». Faire de la place, c’est aussi pour Colette Nys-Mazure, « rechercher la sobriété dans l’organisation de la fête, la
simplicité et le partage joyeux des tâches »
. En demandant, par exemple, à chacun d’apporter un plat pour le réveillon, ou en tirant au sort le nom d’un convive en particulier, cousine, frère, oncle, belle-sœur ou ami, pour qui on prendra le temps, pendant l’Avent, de bricoler ou de cuisiner une surprise.

Du pudding et des lumignons

La veille de Noël, c’est autour d’un repas mitonné dans l’espoir de réjouir les palais et les cœurs, que se réunissent de nombreuses familles. Au Royaume-Uni et en Irlande, le fameux Christmas pudding se prépare cinq dimanches avant le réveillon, le Stir-Up Sunday (dimanche du mélange). La tradition veut que toute la famille mette la main à la pâte, en remuant avec une cuillère en bois pour rappeler la crèche, dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire d’est en ouest, comme le voyage des mages. Une prière est même associée à la recette. En Alsace, on prépare au début de l’Avent les bredele, petits fours qui évoquent la douceur de l’enfant et empruntent leurs formes à l’ange Gabriel, à l’étoile du berger…

Le premier dimanche de l’Avent, Florence Blondon prend le temps de décorer son intérieur : « Mais je ne le fais jamais seule ! Il ne s’agit pas seulement que la maison soit belle… Je tiens à ce rituel parce qu’il rassemble, permet d’échanger des souvenirs, de papoter, de rire ensemble », précise-t-elle. Dans sa maison en Belgique, Colette Nys-Mazure fixe à des rubans les cartes et les photos qu’elle a reçues avant Noël : « Je décore la maison de signes d’amitié », dit la poétesse, convaincue que « l’Avent est une occasion sans pareil de faire circuler la tendresse », en rendant aussi visite à des proches seuls ou malades. La crèche, où Dieu naît dans le dénuement, sera justement le signe de cette attention aux plus fragiles. « Noël ouvre aussi notre conscience, fait de nous des vigiles, le cœur en éveil, bienveillants, dit Colette Nys-Mazure. Se rappeler que d’autres passent cette période derrière des barreaux ou dans la précarité passe par des gestes simples comme les lumignons d’Amnesty International ou du Secours catholique, à placer au bord des fenêtres ou sur la table. »

Quelques rites de l’Avent pour avancer vers Noël

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Quatre bougies sur une couronne

Couronnes de l’Avent, illuminations dans les rues, veilleuse dans la crèche… À l’approche de Noël, nos longues nuits d’automne s’éclairent. La date de Noël, fixée au IVe siècle, n’a pas été choisie par hasard : à Rome, on fêtait alors le solstice d’hiver. Aux jours qui commencent à rallonger, les chrétiens ont associé la naissance de Jésus, celui qui éclaire leur chemin. C’est cette progression vers la lumière qu’illustre la couronne de l’Avent. Imaginée au XVIe siècle par un pasteur allemand, cet assemblage de branchages et de rubans, piqué de quatre bougies que l’on allume dimanche après dimanche, évoque le soleil, mais aussi la couronne d’épines du Christ le vendredi saint et l’espérance du retour du Sauveur. « En préparant Noël, observe l’écrivaine Colette Nys-Mazure, nous sentons l’espérance d’un renouveau : celui de voir le meilleur germer dans nos difficultés, de pouvoir croître et aider ceux qui nous entourent à croître… »

En Europe du Nord, on fête aussi la sainte Lucie, dont le nom signifie « lumière », condamnée à mort au IVe siècle pour avoir apporté des vivres à des chrétiens persécutés. Le 13 décembre, les Lucie choisies dans chaque famille, école ou village revêtent une robe blanche et une couronne avec quatre bougies pour offrir à leur entourage du café et des biscuits.

Des lentilles germées et un sapin vert

Quatre semaines d’attente avant la naissance de Jésus, qui, pour les chrétiens, sont source de vie. De même que la graine germe en profondeur avant que la plante sorte de terre… « Chaque année, on sait que tout va renaître. La preuve : les tulipes et les crocus pointent déjà leur nez ! », remarque Florence Blondon, pasteure du temple réformé de l’Étoile à Paris.
En Provence, on dépose, à la Sainte-Barbe, le 4 décembre, du blé ou des lentilles dans une soucoupe remplie d’eau ou sur du coton que l’on humidifie chaque jour. À Noël, on place les tiges hautes, symbole de la fécondité de la terre, dans la crèche. « Cette inscription dans le cycle de la vie nous rappelle que Noël est bien la fête de l’Incarnation », explique Colette Nys-Mazure.

Depuis le XVIe siècle, le sapin, toujours vert comme celui du paradis d’Adam et Ève, signifie aux chrétiens que le Christ apporte la vie à tous les hommes. Pour Florence Blondon, cet arbre annonce déjà toute la vie du Christ. « En Arménie dont je suis originaire, les extrémités de la croix sont prolongées par des branchages ou des fleurs. Quand je regarde un sapin de Noël, je vois déjà la mort et la résurrection du Christ. C’est parce qu’il est éclairé par la lumière de Pâques que Noël est un événement incroyable ! », dit-elle.

Un grand ménage d’hiver

« Quand on attend quelqu’un, il faut lui faire de la place. » Spontanément, à l’approche de Noël, Colette Nys-Mazure ouvre ses armoires pour en vider le surplus, faire le tri. Dans certaines familles, de la Norvège à la Provence, on prend encore le temps de faire, aux premiers jours de l’Avent, un grand « ménage d’hiver ».

Créer de l’espace dans sa vie, en son for intérieur, se recentrer, passer peut-être plus de temps en famille, avec ceux qui sont seuls, consacrer un moment à la prière ou à la lecture d’un livre de spiritualité… C’est aussi cela l’invitation de l’Avent. « En Occident, les jours sont courts, il fait froid. Même si je suis très sollicitée à cette période, raconte Florence Blondon, j’ai l’impression que le temps ralentit, que je suis plus ­disponible aux autres, que je retrouve le rythme naturel de mon humanité profonde ». Faire de la place, c’est aussi pour Colette Nys-Mazure, « rechercher la sobriété dans l’organisation de la fête, la
simplicité et le partage joyeux des tâches »
. En demandant, par exemple, à chacun d’apporter un plat pour le réveillon, ou en tirant au sort le nom d’un convive en particulier, cousine, frère, oncle, belle-sœur ou ami, pour qui on prendra le temps, pendant l’Avent, de bricoler ou de cuisiner une surprise.

Du pudding et des lumignons

La veille de Noël, c’est autour d’un repas mitonné dans l’espoir de réjouir les palais et les cœurs, que se réunissent de nombreuses familles. Au Royaume-Uni et en Irlande, le fameux Christmas pudding se prépare cinq dimanches avant le réveillon, le Stir-Up Sunday (dimanche du mélange). La tradition veut que toute la famille mette la main à la pâte, en remuant avec une cuillère en bois pour rappeler la crèche, dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire d’est en ouest, comme le voyage des mages. Une prière est même associée à la recette. En Alsace, on prépare au début de l’Avent les bredele, petits fours qui évoquent la douceur de l’enfant et empruntent leurs formes à l’ange Gabriel, à l’étoile du berger…

Le premier dimanche de l’Avent, Florence Blondon prend le temps de décorer son intérieur : « Mais je ne le fais jamais seule ! Il ne s’agit pas seulement que la maison soit belle… Je tiens à ce rituel parce qu’il rassemble, permet d’échanger des souvenirs, de papoter, de rire ensemble », précise-t-elle. Dans sa maison en Belgique, Colette Nys-Mazure fixe à des rubans les cartes et les photos qu’elle a reçues avant Noël : « Je décore la maison de signes d’amitié », dit la poétesse, convaincue que « l’Avent est une occasion sans pareil de faire circuler la tendresse », en rendant aussi visite à des proches seuls ou malades. La crèche, où Dieu naît dans le dénuement, sera justement le signe de cette attention aux plus fragiles. « Noël ouvre aussi notre conscience, fait de nous des vigiles, le cœur en éveil, bienveillants, dit Colette Nys-Mazure. Se rappeler que d’autres passent cette période derrière des barreaux ou dans la précarité passe par des gestes simples comme les lumignons d’Amnesty International ou du Secours catholique, à placer au bord des fenêtres ou sur la table. »

ISON sera-t-elle visible dans le ciel de décembre ?

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24 heures après son passage auprès du Soleil, la comète ISON semble toujours exister, et semble continuer à libérer gaz et poussières. Mais son aspect diffus, sa taille qui a diminué de façon spectaculaire et son éclat qui a fortement baissé, font douter de son intégrité... Photo ESA/Nasa.

24 heures après son passage auprès du Soleil, la comète ISON semble toujours exister, et semble continuer à libérer gaz et poussières. Mais son aspect diffus, sa taille qui a diminué de façon spectaculaire et son éclat qui a fortement baissé, font douter de son intégrité… Photo ESA/Nasa.

A la surprise générale, la comète ISON semble avoir survécu à son passage dans la fournaise solaire. 24 heures après son passage au périhélie, à un peu plus de un million de kilomètres du Soleil, la comète semble toujours intègre et active, en témoignent les images prises par le satellite européen SOHO, qui montrent clairement une queue diffuse, en forme d’éventail, semblant provenir d’un astre compact. Sauf qu’il n’est pas clair que la comète soit encore en un seul morceau… L’aspect très diffus du cœur de la comète, l’absence de saturation lumineuse de l’image, peut s’expliquer par la désagrégation progressive de la comète, qui pourrait se diluer dans l’espace dans les jours qui viennent.

En fait, personne ne comprend très bien le comportement de la comète, qui a semblé littéralement disparaître au moment de son passage auprès du Soleil, puis ait réapparue à la surprise générale…

Si les chercheurs sont, de toute façon, ravis d’avoir accumulé une quantité considérable de données scientifiques sur l’astre venu des confins du système solaire, les astronomes amateurs, eux, comme le grand public, se demandent surtout si ISON émergera des lueurs de l’aube et du crépuscule, dans quelques jours, entre le 3 et 6 décembre… Je ne crois pas trop m’avancer en prédisant que non.

La comète a manifestement perdu une grande quantité de sa masse en croisant le Soleil, et son éclat, aujourd’hui, avoisine la magnitude 0. En clair, elle brille comme une très brillante étoile du ciel, ou encore la planète Mercure, ce qui signifie, dans les lueurs de l’aube et du crépuscule, qu’elle sera invisible à l’œil nu…

En décembre, peut-être, si elle existe toujours, astronomes amateurs et professionnels la suivront au télescope, des semaines durant, avant qu’elle ne s’abîme dans la nuit, débutant son voyage de un million d’années, au moins, vers les confins du système solaire… Mais il n’y aura pas de « comète du siècle ».

Serge Brunier

 

Antarctique : des canaux géants sous la plateforme de glace de Filchner–Ronne

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Ice Shelf

Des canaux géants, aussi hauts que la tour Eiffel et s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres, serpentent dans les entrailles de la plateforme de glace de Filchner–Ronne, une énorme plaque de glace flottante située en Antarctique.

Invisibles de l’extérieur, ces canaux géants sont situés très profondément sous la glace, à quelques 250 mètres de la surface. Telle est la spectaculaire découverte effectuée par une équipe de scientifiques britanniques, grâce à l’analyse de relevés satellites. Des travaux publiés le 6 octobre 2013 dans la revue Nature Geoscience, sous le titre « Evidence from ice shelves for channelized meltwater flow beneath the Antarctic Ice Sheet » .

Pour bien comprendre ce qui a été découvert, rappelons d’abord ce qu’est une plateforme de glace. Également appelée barrière de glace (« ice shelf » en anglais), une plateforme de glace est le prolongement sur l’océan d’un glacier situé sur la terre ferme, glacier auquel la plateforme de glace demeure reliée.

Appliquons maintenant cette définition générale de la barrière de glace au continent Antarctique. Ce dernier, on le sait, est recouvert d’une gigantesque calotte glaciaire  (également appelée inlandsis), constituée de plusieurs glaciers. Or, sous l’effet de la gravité, les glaciers qui constituent la calotte polaire antarctique ont tendance à glisser lentement vers l’océan. Résultat ? Certains pans de ces glaciers finissent alors par se retrouver à flotter sur l’océan, au lieu de reposer sur la terre ferme. Ces parties flottantes sont alors appelées des plateformes de glace …

C’est donc en analysant les profondeurs de la plateforme de glace de Ronne-Filcher que Anne M. Le Brocq (Université de Bristol) et ses collègues ont découvert l’existence de gigantesques canaux serpentant à l’intérieur de cette gigantesque plaque de glace flottante.

Comment ces canaux géants ont-ils été créés ? Par l’eau issue de la fonte du glacier auquel la plateforme de glace de Ronne-Filcher est reliée. En effet, la partie inférieure de ce glacier qui est en contact avec le sol a tendance à produire de la glace fondue, en raison de la chaleur émanant de la terre. Des cours d’eau se créent alors sous le glacier, et descendent les pentes du continent jusqu’à l’océan. Ce flux d’eau glacée qui se déverse dans l’océan a alors pour effet de creuser de gigantesques canaux sous la plateforme de glace…

Pour détecter la présence de ces canaux géants situés à l’intérieur de la plateforme de glace de Ronne-Filcher, les scientifiques britanniques ont eu recours à l’imagerie satellite ainsi qu’à des relevés radar effectués par des avions. En analysant ces données, les chercheurs ont découvert l’existence de légers dénivelés, dont ils ont deviné qu’ils correspondaient en fait à un vaste réseau de canaux creusés à l’intérieur de la barrière de glace, à une profondeur pouvant atteindre les 250 m sous la surface.

Pourquoi ces légers dénivelés repérés à la surface de la plateforme de glace par les relevés satellites indiquent-t-ils la présence de canaux creusés à l’intérieur de la plateforme de glace ? Pour une raison physique très simple : la hauteur à laquelle la glace flotte dépend de son épaisseur. Or, à l’endroit des canaux, la couche de glace est forcément moins épaisse, puisqu’une partie a été creusée. Par conséquent, la hauteur à laquelle flotte cette partie de la plateforme de glace est différente de celle qui prévaut pour les autres zones de la plateforme. Une différence de hauteur que les images satellites permettent de révéler.

L’intérêt de cette découverte ? Elle pourrait aider à prédire l’avenir de la calotte polaire antarctique. En effet, cartographier les canaux situés sous les plateformes de glace pourrait permettre de déduire la cartographie des cours d’eau qui s’écoulent sur la terre ferme, sous les glaciers de la calotte polaire antarctique. Or, connaître le trajet de ces différents cours d’eau pourrait aider à mieux estimer la vitesse à laquelle ils s’écoulent. Ce qui est évidemment une donnée importante pour les chercheurs qui tentent de comprendre comment la calotte polaire antarctique va évoluer dans le futur.