Menez l’enquête avec “l’escape game”

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Ce matin-là, dès la porte d’entrée franchie, loupes et casquettes à visière de Sherlock Holmes délivrent de précieux indices : nous voici bien les hôtes de la prestigieuse Lock Academy, l’école de détectives. L’illustre institution est située non pas au mémorable 221B Baker Street, à Londres, mais au 131, boulevard Sébastopol, à Paris. Sur un mur, un portrait du fondateur de l’établissement, le Professeur Lock, au maintien so british, toise les impétrants. Durant une heure, des fins limiers volontaires, réunis en équipe, vont s’atteler à résoudre des énigmes. Engagés dans la mission Révolte à la Lock, les apprentis enquêteurs devront tenter d’éviter qu’un fieffé criminel, Jim Key, fasse main basse sur l’école. « Vous avez 60 minutes pour sauver la Lock Academy, pas une de plus ! », prévient Camille, la meneuse de jeu, en préambule, avant de convier les épigones d’Hercule Poirot, intimidés, à pénétrer dans une salle…


Un stimulant défi…

Parents et grands-parents, à chacun son rôle

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Devenir grand-père, grand-mère, pour la première fois, comme c’est étrange ! Avec son minois et ses menottes si petites, le nouveau-né ignore qu’il vient bouleverser toute une architecture familiale. Ses grands-parents, que sa venue projette dans la génération suivante, se penchent sur son berceau. Ils deviendront des repères essentiels pour le bout de chou qui grandit. Mais il faut du temps et parfois des tâtonnements pour apprivoiser ce nouveau rôle, en partage avec les autres grands-parents. 


Très vite, il faut se répartir entre les deux familles, parfois davantage en cas de séparation, se confronter à des cultures différentes : chez les uns, l’enfant sera au centre de l’attention, croulera sous les cadeaux, parfois coûteux, chez les autres, il n’imposera pas son rythme et sera comparé aux cousins… La grand-mère maternelle peut être privilégiée, au détriment de la grand-mère paternelle (voir interview page ci-contre). Il y a les…

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

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Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

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Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

Standard


Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

Standard


Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

Standard


Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

Standard


Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

Standard


Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.

Pour décrocher un stage de 3e, c’est maintenant !

Standard


Sophie a quatre enfants, dont les trois aînés sont passés par la 3e et son fameux stage, obligatoire depuis 2005 : ses deux garçons ont fait le leur dans l’armée, où ils ont trouvé facilement une place grâce à leur père, gendarme. Quant à sa fille, elle a été accueillie à la radio RCF, au sein de la maison diocésaine où travaille Sophie : « Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient trouvé sans notre réseau, reconnaît la mère de famille. C’est un peu difficile d’envoyer ses jeunes de 14 ans faire du porte-à-porte : ils sont dotés d’une certaine inertie propre à leur âge. » De surcroît, il semble délicat de demander à quelqu’un d’accueillir un stagiaire qui n’est là qu’en observation, pendant cinq jours : « Souvent, les maîtres de stage les voient comme de petits boulets dans leurs pattes… » Pourtant, Sophie se souvient des bénéfices de cette semaine hors de l’école et de la maison : « Même si mes enfants n’avaient pas une idée précise de ce qu’ils voulaient faire plus tard, c’était un bon exercice de réfléchir à leurs goûts et d’apprendre à se présenter à travers un CV… »


L’enjeu de l’orientation


Première rencontre avec l’univers professionnel, apprentissage d’un certain savoir-vivre au travail, découverte d’un secteur et occasion de réfléchir à son avenir, le stage de 3e, qui se déroule tout au long de l’année mais en majorité en décembre, janvier et février, présente de nombreux atouts. Notamment pour des collégiens dont l’univers est restreint et les perspectives d’avenir, peu encourageantes, comme c’est le cas dans les quartiers moins favorisés. C’est pour eux qu’il est le plus difficile de décrocher un stage, comme le pointe l’Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev), engagée dans la lutte contre les inégalités, dans son rapport publié à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire. 


Alors que 59% des collégiens résidant en zone d’éducation prioritaire disent avoir fait appel à leur famille pour trouver un stage, « le poids des familles dans l’orientation interroge », note le rapport : en effet, elles « ne possèdent globalement pas l’ensemble des ressources permettant d’éclairer pleinement les choix d’orientation : moindre connaissance des filières d’orientation, moindre diversité de métiers dans les quartiers, réseaux professionnels plus restreints, etc. »


Soutenir le jeune défavorisé


En mai dernier, Emmanuel Macron consacrait au stage de 3e l’une des mesures phares de son plan banlieues. Il annonçait ainsi que 15.000 stages de 3e seraient proposés par les entreprises et 15.000 autres par l’État pour en faire profiter les collégiens des quartiers en difficulté. Une mesure encourageante pour Virginie Salmen, qui a fondé en 2015 avec une consoeur journaliste et une amie professeure l’association ViensVoirMonTaf. Cette plateforme, qui a reçu en 2018 le label « la France s’engage », met en contact, dans toute la France, des élèves de 3e scolarisés au sein d’un réseau d’éducation prioritaire et des professionnels prêts à les accueillir. « Dans ces quartiers, les deux tiers des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs. Ils ont très peu de réseau professionnel qui puisse accueillir leurs enfants, cinq jours, même gratuitement », explique Virginie Salmen. ViensVoirMonTaf propose une offre qui va des grands cabinets d’avocats aux métiers du cinéma en passant par les médias ou la banque.


En passant le périphérique parisien, par exemple, les collégiens découvrent un monde qu’ils croyaient interdit. ViensVoirMonTaf les accompagne, en veillant à ce qu’ils ne soient pas passifs : « Ils ne sont admis sur la plateforme qu’après avoir postulé en bonne et due forme. Puis nous les guidons régulièrement par courriel. » Tous les détails ont leur importance : ne pas porter de jogging, éteindre son portable ou regarder son interlocuteur dans les yeux. Et pourquoi pas, pendant le stage, commencer à tisser son réseau, puis entretenir les contacts qui les intéressent en envoyant des voeux ou de petits courriels ? « Nous voulons qu’ils s’autorisent à rêver à quelque chose qui leur corresponde », s’enthousiasme Virginie Salmen.


Parents et profs impliqués


Autre association engagée, les Passerailes de Rosa (lespasserailesderosa.com), implantée à Aubervilliers (93). Elle propose d’accompagner des collégiens au cours d’une « journée des métiers » et d’un « stage dating », avec la participation d’un réseau de parrains. « Nous impliquons aussi les parents dans la démarche afin qu’ils prennent la relève à l’issue du dispositif, car ils seront suffisamment outillés à leur tour », précise Emma Camara, présidente de l’association. Parmi les parrains, certains sont issus des mêmes territoires et « sont ravis de pouvoir donner l’impulsion qu’ils auraient aimé avoir étant jeunes ».« Parmi les parents qui ne manquent pas de réseau, il y a ceux qui jouent le jeu à fond et se démènent pour que leur enfant trouve un stage sérieux, cohérent avec leur orientation, ceux qui placent le leur chez des copains par facilité, et ceux qui voient le stage comme une école de vie », remarque Brigitte, mère de quatre enfants tous passés par la 3e. Ses trois grands sont passés par le réseau familial, sans en sortir transformés. Pour son dernier, elle a choisi la troisième option en l’envoyant auprès d’un manutentionnaire dans une grosse société de fruits et légumes : « C’était le stage le plus réussi ! », se souvient la mère de famille, qui estime que « tout ne se joue pas dans le stage de 3e, alors autant en profiter pour s’ouvrir à un milieu différent, ce qui est très enrichissant ».


Relais principal pour encadrer les élèves dans leur recherche de stage, « les établissements apparaissent d’autant plus comme des appuis pour les jeunes issus de familles moins dotées », comme le pointe le rapport de l’Afev. Olivier Godard, qui enseigne l’histoire-géographie en 3e dans un établissement rural d’Anjou, ne ménage pas sa peine pour aider ses élèves, convaincu qu‘« un stage réussi, quel qu’il soit et même si l’élève n’a pas une idée précise de son orientation, est un atout positif pour la suite de sa scolarité ». Pour se donner le maximum de chances de réussir son stage, invitez donc votre ado à se mettre en recherche dès maintenant. Pour cela, aidez-le à discerner les secteurs d’activité qu’il a envie de découvrir afin de mieux orienter sa recherche. Cette première réflexion l’aidera à solliciter le réseau d’amis, de voisins qu’il devra cibler. Au bout de ces démarches, une convention de stage est à décrocher !


Les 4 astuces d’Olivier Godard, professeur principal en 3e

1. Réfléchissez et posez des jalons à l’avance, dès la 4e, ou l’été qui précède la 3e, pour faciliter les choses. Le patron ou l’artisan avec qui on a déjà créé un contact sera mieux disposé. Plus on s’y prend tôt, plus on a ses chances !

2. Construisez votre propre réseau : posez des questions, allez voir votre boulanger, vos voisins, votre entraîneur de foot ou le plombier qui vient à la maison… Il n’y a pas d’âge pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

3. Épluchez le site des Pages Jaunes et ceux des communes, qui proposent souvent un annuaire des entreprises existantes sur leur territoire.

4. Déplacez-vous, prenez rendez-vous, allez rencontrer des personnes dont le métier vous fait envie. Si l’entreprise d’une des personnes rencontrées vous intéresse, elle sera plus disposée à répondre à la demande de stage de quelqu’un qu’elle a déjà vu.